L’ÉCOLE POUR TOUS.TES BONUS

Les outils numériques éducatifs: Vecteurs d’inclusion ?

La révolution numérique est en marche. Partout, dans les écoles, collèges et lycées, les moyens matériels et financiers sont démultipliés pour pallier à ce nouveau besoin. Le projet Territoires numériques éducatifs porté par le Réseau Canopé, à travers la plateforme Canotech en est l’exemple même. Du côté des startups, les solutions Edtech ont le vent en poupe. ENT, Chatbot, IA, l’école devient un nouveau marché technologique à explorer. Mais d’ou viennent ces outils numériques éducatifs ? Et à une époque ou l’inclusion scolaire est au coeur des débats éducatifs, les solutions Edtech favorisent-elles vraiment cette dynamique inclusive ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les outils numériques éducatifs ne datent pas d’aujourd’hui, bien au contraire. Dès les années 60’ se sont développés différents mouvements sémiologiques au sein du Centre d’Etudes de Communication de Masse (CECMAS) notamment, dirigés par Roland Barthes et cherchant à observer comment les outils numériques et médiatiques pouvaient être utilisés dans le champ éducatif. La question des contenus, qui se devaient d’être adaptés au maximum au cadre scolaire, a notamment était grandement questionné. La chercheuse Geneviève Jacquinot les a ainsi étudié dans ses premiers travaux : Les Sciences de l’éducation (1967) et les Sciences de l’Information et de la Communication (1972).

ENT – Espaces Numériques de Travail 

Les premiers courants d’étude ayant pour départ les nouvelles technologies dans le milieu éducatif ont mis en évidence « la conception des environnements techniques » (Alberto, 2004). Ces derniers s’intéressent alors aux principes de conception, au développement et à l’évaluation des outils utiles à l’apprentissage, dans une démarche collective. Basée sur une collaboration entre psychologues, didacticiens et ergonomes, cette nouvelle approche prône le dépassement technique au profit d’une simplification de l’organisation d’abord administrative des établissements. 

Ces travaux vont finalement aboutir dans les années 2000 au développement des ENT – Espaces Numériques de Travail, une révolution dans le secteur éducatif : « Un espace numérique de travail (Virtual Learning Environment en anglais) désigne un ensemble d’outils en ligne qui permet un accès à distance à des ressources numériques. Ce terme est couramment utilisé dans les collèges, les lycées et les universités françaises pour désigner un portail internet. Il commence à être également utilisé dans le primaire. On parle aussi d’environnement numérique de travail, de bureau virtuel, de cartable en ligne et de plate-forme de travail collaboratif » [Définition CNIL]. Par une approche globale de la gestion administrative des établissements (appels, absences, retards, changements d’heure ou de salle de cours, boite mail intégrée, emploi du temps), les ENT ont été le premier outil numérique à trouver une place centrale au sein du secteur éducatif. 

Aujourd’hui complétés par des BOT [logiciel opérant de manière autonome et automatique, contraction de « robot »], sous forme de réponses préétablies pouvant être envoyées aux élèves via un tchat intégré, les ENT continuent de s’adapter devenant de plus en plus complètent et nécessaires.

Ecole à la maison 

C’est notamment dans un contexte d’école à la maison, comme nous avons pu le vivre dernièrement pendant la COVID que les ENT deviennent essentielles dans la pratique scolaire. Véritable pont entre les établissement scolaires (administratif), les professeur.e.s (pédagogique) et les élèves, ils permettent d’assurer une continuité pédagogique. Dans ce sens différents outils sont aujourd’hui utilisés pour permettre la tenue d’exercices interactifs à distance ; nous pouvons prendre notamment l’exemple de Netquiz pro, logiciel permettant de construire des exercices et tests en ligne sous différentes formes (associations, classements, choix multiples…) puis de donner la possibilité au professeur.e.s d’analyser les réponses globales des élèves pour ensuite adapter son cours. 

Directement dans le contexte de classe, les outils numériques peuvent se présenter sous la forme d’assistant éducatif, notamment grâce à la technologie de l’Intelligence Artificielle. En complément du cours ils permettent ainsi d’entrainer les élèves vers un exercice de groupe, une expérience ou encore une analyse de document grâce à une technologie autonome. Nous pouvons prendre l’exemple de Math 8, conçu et commercialisé par l’entreprise Double You Kids et qui se présente sous la forme d’assistants vocaux éducatifs, en français et en anglais, utilisable sous la forme d’une application. Ses programmes d’exercices et de documents interactifs sont en lien avec le programme de l’Education Nationale, comme c’est le cas dans la plupart des outils présents aujourd’hui sur le marché. Permettant au professeur.e de se détacher d’un groupe et donc de se concentrer sur d’autres élèves en plus petits groupes, ces outils permettent une pédagogie plus attentive aux besoins et difficultés de chacun. Comme nous allons le voir dans notre dernière partie c’est justement une des plus-values au cœur des outils numériques éducatifs, celle de pouvoir rendre la démarche éducative plus personnalisée, adaptée et respectable du rythme de chacun. 

Plus classiques, les outils de partage, de documents, d’informations comme les CLOUDS ont pris une place importante dans les pratiques scolaires. Que ce soit dans la préparation des exposés ou des oraux de bacs, ils sont maintenant classiques pour les élèves d’utiliser Google form, Share ou encore CANVA. De la même façon, les tableaux collaboratifs et cartes heuristiques (cartes mentales) numériques ont permis de dynamiser les travaux de groupe et de passer au-delà des questions de distance et de présentiel. 

Malgré cela, la question de la connectivité reste à résoudre pour faire en sorte de rendre à accessibles tous ces outils au plus grand nombre. En effet, comme nous avons pu le voir pendant le système d’école à la maison dû au confinement, les élèves et étudiant.e.s se sont retrouvé.e.s dans des situations inégalitaires. Leur réussite scolaire s’est vu dépendre du jour au lendemain d’un seul vecteur : leur connectivité. Une problématique centrale pour les spécialistes du numérique éducatif qui risque d’être au cœur des préoccupations dans les années à venir.

Individualisation des parcours 

Si l’on met de côté la question de la connectivité que nous venons d’aborder, les outils numériques éducatifs permettent une individualisation des parcours scolaires. En adaptant les outils, les infrastructures, les outils numériques permettent une inclusion importante des élèves à besoins particuliers. En particulier pour les troubles neurologiques, comme les troubles DYS et autistiques, les outils numériques éducatifs permettent un coup de pouce non négligeable et adapté à chaque besoin. De la même façon, grâce à l’analyse des données personnelles intégrées dans les outils numériques, les professeur.e.s sont en capacité d’observer les difficultés et lacunes précises de chaque élève. Une pratique controversée, qui permet pourtant, lorsqu’elle est encadrée de faire la différence en proposant des formations et outils personnalisés. Afin de façon plus basique, les outils numériques de production, comme les traitements de texte, bibliothèques numériques ou encore tableaux permettent à chaque élève de se connecter à son travail à tout moment avec seulement ses codes, un outil numérique et une connexion internet.

Tout d’abord donc, les outils numériques d’adaptation, multiples et spécifiques à chaque besoin permettent une inclusion complète des élèves à besoins particuliers grâce à une transformation des documents. Nous pouvons notamment citer les adaptateurs visuels ou/et sonores de documents web comme Adapte mon web, qui, grâce à un assistant vocal lise les textes écrits ou au contraire rédige en direct un texte entendu ou dicté. La traduction instantanée en braille ou langue des signes permet également une grande adaptabilité pour les élèves malvoyants et/ou malentendants. L’application Read&Write de Kaligo par exemple, met à disposition des textes en braille de textes au programme ou propose des vidéo surtitres en langue des signes, toujours en adéquation avec le programme de l’Education Nationale. Des outils sont également mis à disposition pour les équipes éducatives souhaitant adapter leurs cours ou des proches accompagnants leurs enfants dans ses devoirs à la maison. C’est pour ce publique que la plateforme du Ministère de l’Education Nationale, Canopé a mis à disposition des mallettes pédagogiques : Accessiprof.  Proposant des méthodologies et exercices adaptés aux troubles DYS, notamment, la mallette permet une mise en commun des outils adaptés et la création d’une dynamique de partage pour les professeur.e.s, parfois dépassé.e.s par certains élèves à besoins particuliers. 

Finalement, les outils numériques de production, tel que les traitements de texte, les tableurs ou encore les bibliothèques numériques permettent aux élèves / étudiant.e.s une autonomie de travail. Que ce soit au sein de l’établissement scolaire, chez eux ou depuis un autre espace de travail ayant une connexion [bibliothèques, musées…], ils sont libres de travailler en autonomie. De plus, en dehors de la limite de connectivité, chaque élève / étudiant.e.s se trouve avec les mêmes informations et outils, mis à disposition généralement par les établissements grâce à des abonnements d’établissement et des licences groupées. Les outils numériques ont ainsi permis de créer d’immenses bibliothèques de savoirs disponibles ainsi que des outils multiples et pratiques disponibles, partout, tout le temps. 

Depuis une vingtaine d’années, les outils numériques éducatifs ont transformé le paysage scolaire. Au niveau collectif, ils ont permis de fluidifier les démarches pratiques et administratives, diversifier les outils pédagogiques et développer les partages interactifs entre les professeurs, les élèves / étudiant.e.s et les personnel.le.s administratifs. Au niveau individuel, ils ont permis une plus grande adaptabilité du système éducatif en incluant les élèves à besoins particuliers dans les activités et cours, grâce à des outils adaptés. Dans un même temps, grâce à l’utilisation des données personnelles, ils ont permis d’individualiser les expériences scolaires en donnant l’opportunité au corps enseignant d’adapter ses exercices et programmes en fonction des résultats de chaque élève. Les outils de production ont également permis de renforcer l’autonomie de travail des élèves et étudiant.e.s, simplifiant ainsi l’approche éducative et la rendant plus équitable. Néanmoins, la question de la connectivité, au cœur de la question de numérique éducatif aujourd’hui, oblige à une certaine prudence. Ainsi, si les outils numériques peuvent être considérés comme une des plus grandes avancées pour l’éducation, elle peut aussi venir creuser un peu plus les inégalités entre les élèves, les établissements et les régions.  

Extrait issus de ma Note de problématique, réalisée dans le cadre de mon Master 1 Sciences de l’éducation, à l’UPEC.

Les outils numériques éducatifs font partie intégrante de ces nouvelles références éducatives loin d’être une évidence pour tous.tes les professionnel.le.s du secteur. Issus d’un environnement Tech, ils ne répondent pas toujours aux besoins et réalités des écoles. Néanmoins, leurs solutions peuvent, certaines fois, s’inscrire réellement dans une évolution des pratiques inclusives.

Je suis curieuse de découvrir vos solutions EdTech de référence ou des outils numériques éducatifs que vous souhaitez découvrir, alors à vos claviers pour ce nouveau partage d’expérience !

Si vous êtes un.e professionnel.le.s de l’éducation et que vous portez un projet d’école inclusive ou que vous souhaitez en être, n’hésitez pas à nous partager vos projets, idées et envies en commentaire ou sur les réseaux sociaux du blog: LinkedInInstagramFacebook. Votre Regard est ici au coeur de tout ! 

Belle semaine malgré le changement d’heure …

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 19 «La quête de l’associé.e»

Seul.e on va plus vite, ensemble on va plus loin

Si il y a bien une chose que j’ai apprise ces derniers mois, c’est que l’entrepreneuriat n’est pas une aventure en solitaire. Malgrés la distance, les réunions par ZOOM ou TEAMS, les alléas liés à une crise sanitaire mondiale, plus que jamais nous avons besoin les uns des autres pour avancer. C’est également l’avis général qui est ressorti de la Table ronde organisée par le Pépite 3EF le 4 mai dernier [Voir article SERIAL ENTREPRENEUSE – BONUS «Table ronde Pépite 3EF: OBSERVATOIRE des représentations entrepreneuriales liées au genre » – Regards le blog]. Trouver l’Associé.e parfait.e c’est donner un nouveau dynamisme à son projet, en en partageant les responsabilités, mais également en lui offrant un nouveau Regard. C’est également diviser les tâches, pour être libre de réaliser les plus épanouissantes pour nous.

Mais comment trouver l’associé.e, celui ou celle qu’il nous faut et qu’il faut à notre projet ?

Dans cet article, je souhaite vous donner les bases pour vous permettre de débuter votre prospection, votre quête, à la recherche de l’associé.e parfait.e, en toute sérenité. Pour cela, je vous donne les trois clés pour passer d’un projet solo à un projet en duo; différents outils qui peuvent vous aider à accélerer votre quête de manière significative et enfin, les erreurs à éviter pour que cette union rêvée ne se transforme pas en guerre des idées …

Les trois règles d’or

Cohérence

Si vous me suivez depuis le début de cette série Serial entrepreneuse, vous savez que la cohérence est au coeur de la vie entrepreneuriale. De votre Image de marque, au choix de vos Réseaux en passant par la création de votre Communauté, la cohérence est le ciment qui va permettre à votre projet de perdurer.

Parce qu’au delà de vos envies et de vos projections, votre projet va impliquer de nouvelles personnes, qui vont elles même apporter leurs expériences, leurs idées, leurs ambitions. Si vous n’êtes pas en mesure de décrire clairement l’origine de votre projet et les projections que vous ambitionnez sur le long terme, vous ne serez pas en mesure d’accueillir une nouvelle personne dans le projet.

C’est là toute la difficulté lorsque vous recherche un.e associé.e; ce projet que vous avez tant couvé, qui berce votre vie depuis des mois, des années, va également devenir celui de quelqu’un d’autre. Pour que cette co-habitation, cette union, se passe bien il va falloir définir en amont les bases du projet, les I N T O U C H A B L E S:

  • Valeurs
  • Storytelling
  • Projections

Lorsque je dis Intouchables, cela ne veut pas dire que ces éléments ne vont pas évoluer dans le temps, au contraire, ces éléments vont être vos gardes fous, vos limites, pour vous éviter de vous perdre aux grès des projets et opportunités … Ils vont être aussi le trait d’union entre vous et votre associé.e.s, pour bâtir ensemble ce projet qui vous tient tant à coeur.

Communication

Avec votre associé.e vous allez former un couple. Au delà du relationnel, nous parlons d’une équipe, qui se doit, comme dans toute relation, de communiquer.

Un quiproquo est vite arrivé et peut entrainer une déferlante d’incompréhensions, d’erreurs, d’émotions, or, face au reste de votre équipe, face à vos concurrent.e.s, face à vos collaborateur.trice.s, face à votre public cible, vous DEVEZ faire front commun.

Anecdote BAFA

Pour l’anecdode, c’est le premier élément que j’ai appris en passant mon BAFA [Brevet d’Aptitude aux Fonctions d’Animateur]. Des collègues qui se contredisent devant les enfants, c’est la porte ouverte au grand chambardement … Parce qu’en tant que représentant.e.s de l' »autorité » les animateur.trice.s forment une équipe servant de référence aux enfants; en terme de règles, de rythmes, d’attitudes… Si ce front commun se retrouve brisé, c’est tout le système de référence qui est remis en question !

La communication se place ainsi comme le premier outil qui va vous permettre d’éviter les conflits entre cofondateur.trice.s, principales causes d’échec des nouvelles entreprises:

  • Communiquer sur les rôles et les compétences de chaque associé.e.s
  • Communiquer sur les objectifs sur le court et long terme
  • Communiquer sur les problématiques quotidiennes et problèmes occasionnels
  • Communiquer sur les doutes, les incompréhensions, les angoisses
  • Communiquer sur les inspirations

Bref, communiquer, dès le début de la collaboration peut permettre d’instaurer un climat de confience absolument nécessaire à l' »association » qui vous unie, pour le meilleur et pour le pire.

Transparence

La communication va de pair avec la notion de transparence.

Au début de nos projets entrepreneuriaux, nous avons tendance à vouloir absolument cacher, garder secret notre projet. Par peur des copies, des voles, mais surtout pas manque de confiance. Or, lorsque vous entamez une démarche pour chercher votre associé.e, vous devez avoir en tête la nécessité absolue de partager avec cette personne votre projet dans la totalité.

Si vous faites les choses bien, vous allez vous appuyer sur le premier point de cet article et jouer la cohérence; la personne que vous allez rechercher n’a pas vos compétences, elle ne peut donc pas vous voler votre projet qui nécessite logiquement ces mêmes compétences. Une fois cette évidence posée, vous devez comprendre que dans une un tandem directionnel, si les différentes parties ne sont pas à égalité, le projet ne peux avancer en étant équilibré.

Garder des secrets ne va faire que rentrer la suspicion dans vos équipes, une aubaine pour vos concurrent.e.s, un fléau pour vous … Il faudra apprendre à lâcher prise [Je sais plus facile à dire qu’à faire]. Cela va non seulement vous permettre d’avancer plus vite, mais surtout de pouvoir vous appuyer sur quelqu’un d’autre, un soutien non négligeable, surtout lorsque vous avez mené les premiers mois de votre projet seul.e !

Les outils de prospection

Pour trouver l’associé.e parfait.e, il faut savoir ou chercher. Je vous liste dans cette seconde partie quelques outils pratiques qui peuvent vous permettre de chercher au bon endroits, d’assurer une veille professionnelle, jusqu’à tomber sur la perle rare …

Les sites de rencontre spécialisés

  • PartnPro : plateforme d’annonces et de profils permettant la mise en relation de personnes à la recherche d’associés ou de projets auxquels s’associer avec différents services. 
  • Biznessfull : conseils et service de mise en relation de porteurs de projet avec des candidats à projet
  • Tigcre : Tandem interGénérationnel pour la création et la reprise d’entreprise dont l’objectif et de favoriser les projets de création et de reprise d’entreprises associant des personnes de générations différentes.
  • Meetpro : service de recherche d’associés ou d’investisseurs.
  • ShareK : la plateforme de rencontre de l’équipe Linksium pour les projets innovants.
  • M’associer : plateforme de mise en relation entre porteurs de projets et associés potentiels. 

Les outils de veille professionnels

  • LinkedIn: en s’abonnant aux pages des organismes / institutions / entreprises de notre secteur d’activité et en suivant des personnes aux intérêts communs
  • Meltwater: alertes intelligentes qui permettent de suivre les tendances ou des influenceurs, gestion des médias sociaux avec mesure de la performance ou encore analyse de données et reporting
  • Visibrain: newsletter qui recense les 10 articles de presse les plus partagés sur les réseaux sociaux par thématique/secteur

Les clubs et évènements par secteurs d’activités

Les erreurs à éviter

La guerre des égos

« Moi je ». « Je pense que ». « Je ne suis pas d’accord ». Ou; « Tu as tord ». « Tu es incompétent ». « Tu ne fais pas bien » …

Si je vous parlez au préalable de l’importance de communiquer, notamment sur les rôles spécifiques de chaque associé.e.s c’est pour éviter cela. Si vous ne travaillez pas sur les mêmes secteurs de l’entreprise que votre associé.e, que vous n’avez pas les mêmes compétences, alors vous n’êtes pas en mesure de critiquer son travail, ses choix. D’ou l’importance de la confiance et de la cohérence.

Chacun à sa place. Chaque égo dans son enclos et le projet sera bien gardé !

Les parts mal imparties

Il en va de même pour les parts dans l’entreprise.

Parce que la question financière peut facilement devenir sensible, épineuse, il faut avoir défini les droits, devoirs, apports et gains de chacun.e. On évite ainsi les mauvaises surprises au moment du départ d’un.e associé.e et les incohérences au niveau des comptes !

Pour cela, le mieux est de se faire accompagner par un.e ou plusieurs professionnel.le.s dont c’est le métier et qui auront la distance nécessaire pour vous accompagner avec neutralité : avocat.e.s spécialisé, comptables, expert.e.s …

Favoriser la compatibilité personnelle à la cohérence professionnelle

Lorsque l’on fait passer les premiers entretiens pour trouver son associé.e parfait.e, on peut tomber facilement dans la recherche de « l’âme soeur »: un caractère qui nous correspond, une personnalité inspirante, des hobbies en commun, une histoire qui nous touche …

Mais attention ! Vous n’êtes pas là pour rencontrer votre meilleur.e ami.e mais pour trouver l’associé.e qui correspond à votre projet ! Pensez donc compétences plutôt que caractère, skills plutôt que hobbies. Cela ne vous empêche pas de chercher une personne avec qui le feeling passe bien, mais cela n’est pas l’argument central. Vous allez former une équipe avant de former un duo.


Nous arrivons à la fin de ce STEP19 en cohérence, je crois, avec une problématique au coeur des projets des étudiant.e.s-entrepreneur.se.s en cette fin d’année universitaire. J’espère de tout coeur que ces éléments et outils vont vous servir et que vous ressortez inspiré.e.s de cette lecture !

D’ailleurs, l’avez-vous trouvé, vous, votre associé.e parfait.e ?

Comme toujours, je compte sur vous pour commenter, aimer et partager cet article et les posts associés, pour transmettre au plus grand nombre ces conseils et astuces …

Je vous souhaite une très belle semaine, on ne lâche rien !

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 12 « Quels réseaux pour mon réseau ? »

Les réseaux sont au coeur de la communication numérique, mais lesquels choisir ?

Depuis le début de cette série je vous parle de cohérence, pourtant les multiples opportunités que donnent les réseaux sociaux; rapides, pratiques et simples d’utilisation, nous donnent souvent l’impression que nous pouvons passer au dessus. Je vous propose aujourd’hui de faire le point de l’existant dans un premier temps, entre réseaux professionnels et réseaux sociaux ludiques, pour ensuite les analyser;
Quels réseaux sociaux peuvent correspondrent à votre projet, pour déveloper votre réseau ?

Pour vous transmettre une vision globale, je vous propose de commencer par un panel des réseaux sociaux avec leurs historiques et leurs origines d’utilisations, professionnels puis ludiques, avant de vous partager spécifiquement pour quelles utilisations et quels projets ils peuvent correspondre.

Mieux vaut peu de réseaux cohérents avec votre projet, que trop mal utilisés

Panel des réseaux sociaux

Se faire un réseau, par les réseaux

Nous sommes maintenant loin de l’époque où les réseaux sociaux n’étaient que des plateformes ludiques et de communication interpersonnelles. Aujourd’hui, chacun d’entre eux à son propre objectif, ses spécificités d’utilisations. Entant que professionnel.le.s vous devez donc réfléchir à leur utilisation avec cohérence, professionnalisme et logique.

Réseaux professionnels

LINKEDLIN

LinkedIn est un réseau social professionnel originellement en anglais. Il est l’un des leaders sur ce créneau, avec 17 millions d’inscrits début 2008.

Une des clés pour une utilisation efficace de ce réseau professionnel consiste à renseigner de manière aussi complète que possible votre profil (en anglais pour un objectif international), véritable CV en ligne. Vous devez donc remplir un assez long formulaire, en y détaillant notamment vos études et votre expérience professionnelle.

L’objectif consiste à avoir un maximum de contacts (appelés « connexions »), dont via vos amis (d’où les notions de connexions au second degré, au troisième degré…).

Une des finalités de LinkledIn est de rechercher un emploi, des contacts ou des opportunités de business, et d’être recommandé par quelqu’un de votre réseau de contacts.

VIADEO

Premier réseau social professionnel français, Viadeo (ex-Viaduc) a été co-fondé en 2004 par Dan Serfaty. Il revendique en tout 2 millions de membres. C’est en fait le prolongement d’un club d’entrepreneurs (Agregator), créé en 2000.

Il est maintenant disponible en français, en anglais, en italien, en allemand, en espagnol et en portugais.

Viadeo propose un service de base gratuit mais, en fait, il faut souscrire au service payant premium (5 et 8 euros par mois) pour accéder à la plupart des fonctionnalités (consulter le profil et contacter sans limites les autres membres, partager et échanger sur les hubs, publier ses événements, discuter en temps réel avec les autres membres…). Par ailleurs, Viadeo vous offre la possibilité de vous abonner à des flux d’informations provenant du site (offres d’emploi, messages hubs, etc.).

Lors de l’inscription, plus encore si vous êtes à la recherche d’opportunités (collaborateur.trice, partenaires…), veillez à soigner votre « profil » et surtout votre « miniprofil », qui s’affiche en haut de la page, et par une recherche par mots-clés. Vous devez vous y présenter en quelques lignes, en allant à l’essentiel. Choisissez bien vos mots-clés, essentiels pour être répertorié dans le moteur de recherche.

WORK NET WORLD

Entant qu’étudiant.e entrepreneur.neuse.s on doit s’entraider c’est pourquoi je suis heureuse de vous présenter le tout nouveau réseaux professionnel spécialement dédié aux entrepreneur.neuse.s et créé par des étudiant.e.s entrepreneur.neuse.s :

WORK NET WORK

En ligne depuis seulement la semaine dernière et c’est entant que béta testeuse que j’ai pu le découvrir. La plateforme est simple mais son objectif est ambitieux : mettre en réseau les entrepreneur.neuse.s avec simplicité grâce à une plateforme type site de rencontre. Chacun à ainsi un profil simple à compléter : nom, prénom, photo, lieu géo, présentation rapide du projet et peux par la suite entrer en contact via des MP avec les entrepreneur.neuse.s autour de iel. Pratique !

ATTENTION AUX BASIQUES: Comme vous avez pu le constater, les réseaux professionnels tournent principalement autour des profils, ce sont donc eux que vous devez soigner en premier. Contrairement aux réseaux ludiques, pas question ici de pseudo, votre nom et prénom sont en vigueur, ainsi qu’une photo de profil, non négociable ! Dans votre description, il s’agit de vous pitcher entant que profesionnel.le, comme vous l’auriez fait à l’oral pour votre projet. L’autre élément central de ce type d’outil, les SKILLS, je développe leur utilisation en partie 2 …

Réseaux ludiques

FACEBOOK

Créé par Mark Elliot Zuckerberg, Facebook est à l’origine destiné aux étudiants de l’université d’Harvard (USA). Devant son succès, le site s’est ouvert en septembre 2006 à tous les internautes.

Le nom « Facebook » qui signifie « trombinoscope », vient des photos de classe distribuées en fin d’année scolaire aux étudiants. Le site était donc conçu au départ comme un immense trombinoscope virtuel présentant chaque élève. Facebook est un réseau social très populaire qui vous permet d’être en lien avec des amis, partager des centres d’intérêts et rejoindre des groupes. Facebook est le plus grand site de réseautage social au monde avec plus de 600 millions d’utilisateurs, dont 22 millions résident en France. L’utilisateur interagit avec en moyenne environ 130 amis sur leur page.

TWITTER

Twitter est créé par la startup Odeo, elle-même fondée, par Noah Glass et Evan Williams. Ce dernier est d’ailleurs à l’origine de la plateforme Blogger. Le but de Twitter était de permettre aux utilisateurs de partager des petits moments de vie avec leurs proches, le tout très facilement.

INSTAGRAM

Instagram, permet de partager des photos et des vidéos avec son réseau d’amis et de laisser des commentaires sur les clichés déposés par les autres utilisateurs.

Le réseau social Instagram appartient à Facebook depuis 2012, il a été lancé en 2010 par l’Américain Kevin Systrom et le Brésilien Michel Mike Krieger, tous deux entrepreneurs et développeurs en informatique. D’après des chiffres officiels datés de septembre 2015, Instagram compte 400 millions d’utilisateurs dans le monde surnommés les « Igers ».

Mon but en vous (re) présentant ces réseaux que vous connaissez certainement, c’est de vous rappeler que ce sont des réseaux LUDIQUES. Contrairement aux trois réseaux profesionnels vus plus haut, ceux-ci n’ont donc pas été imaginé pour des professionnel.le.s. Leur utilisation à but professionnelle doit donc être d’autant plus réfléchie et encadrée comme nous allons le voir.

Quels réseaux sociaux pour mon projet ?

Pensez cohérence et qualité, plutôt qu’omniprésence et quantité

Les réseaux professionnels

Ce sont des réseaux avec pour objectif principal de créer des ponts entre les professionnel.le.s et étudiant.e.s d’un même secteur professionnel ou par type de projet.

  • Un réseau pro part d’abord de vous entant que professionnel.le par un profil infividuel MAIS là ou ils sont intéressants c’est parce qu’ils vous proposent également de créer de pages service/produit pour votre entreprise ou vos projets (blog, podcast…). Comme les sites web, ils deviennent alors des liens entre vos différentes interfaces et projets.

Quelques clés :

  • Vaut mieux un réseau pro complet que deux inaboutis

Compléter et nourrir un profil de réseaux professionnel prend du temps, parce que le nourrir c’est également le faire vivre grâce à des likes, des partages, des commentaires des projets et posts de votre réseau. Ces actions vous permettent par la suite de récupérer vous-même ces likes, commentaires et partages. Bref, une fois de plus, il s’agit de temps supplémentaire, plus que ce que l’on pense au première abord, c’est pourquoi je vous conseille de favoriser la qualité à la quantité.

  • Les SKILLS donnent le ton

Les SKILLS ou ce que vous savez faire. Ces profils profesionnels sont votre vitrine entant que professionnel.le et /ou entreprise, les gens – collaborateur.trice.s en devenir, public cible, réseaux – doivent pouvoir y trouver facilement ce que concrètement vous pouvez leur apporter.

[EX : utilisation du PACK OFFICE, pratique de 5 langues, création de site web, suivi des qualités produits…].

  • Chaque expérience doit-être porteuse de sens

Vos expériences ont également ici leur place, avant même vos diplômes ; nous sommes dans une politique et une culture d’Amérique du Nord, le FAIRE avant le SAVOIR !

Oui mais attention TOUJOURS AVEC COHERENCE !

[EX : j’ai fait du castrage de mais en premier job, ce n’est pas sur mon profil LinkedIn parce que c’est incohérent]

Maintenant, si vous avez peu d’expériences, sachez mettre en avant en les SKILLS de ce que ces expériences vous ont apporté entant que professionnel ; parce que bien communiquer sur vous entant que professionnel.le c’est bien communiquer sur votre projet !

[EX : BAFA=direction d’équipe / adaptation ; SERVICE= prise de décision / sens du travail…].

Les réseaux ludiques

Ces réseaux n’ont pas été créé pour être professionnels MAIS peuvent être vecteurs de lien avec vos client.e.s & collaborateur.trice.s

Attention à ne pas se tromper de plateforme, il faut partit de vos objectifs de communication, de vos valeurs et de votre ton (voir STEP8 Identité de marque) :

  • TWITTER : messages & informations

Twitter c’est un transfert court et rapide de message, intéressant donc pour les médias par exemple ou pour les parties politiques et associations engagées, moins d’après moi pour des entreprises. Une fois de plus cela dépend de vos engagements et valeurs, même si attention Twitter est un outil qui divise plus qu’il ne fédère !

  • FACEBOOK : groupes & actualités

Facebook est le réseau personnel de base. Par les groupes et pages il créé des communautés autour d’engagements, valeurs et problématiques commun.e.s et par les profils il permet de partager des bouts de vies privés avec ses proches (plus ou moins réellement proches). En étant bien utilisé (par la création d’une page entreprise liée avec vos autres réseaux et votre site), il peut permettre de toucher un certain public, plus éloigné d’autres réseaux comme Instagram ou les réseaux profesionnels.

  • INSTAGRAM : visuels & communautés

Ici ce sont les images (de qualité) et les communautés qui priment. Instagram demande du temps et de la présence pour qu’être mis en avant au niveau du serveur mais cela vaut le coût (EX : MEUF, Je ne sais quoi…). Pour moi c’est le réseau « ludique » qui peut-être très cohérent dans le développement de l’image de marque d’une entreprise, néanmoins, un compte Instagram de qualité demande des codes spécifiques et du temps dédié !

Comme vous le voyez, je ne vous parle pas ici des autres réseaux ludiques SNAP CHAT, TICk TOCk et ce n’est pas (seulement) par fossé générationnel. Une fois de plus, voyez la qualité avant la quantité, vous être des professionnel.le.s portant des projets professionnel.le.s, pas des influenceurs (qui on également des projets professionnels MAIS basés sur LEUR image) ; ne tentez pas de vous démultiplier pour toucher un maximum de cible mais plutôt de fédérer dans le temps autour de votre projet !


Comme pour le STEP8, ce nouvel article est un condenser de mon Atelier Communication (n°2 donc), auprès des Pépites 3EF.

Les réseaux sociaux sont devenus une telle évidence dans notre quotidien, personnel comme professionnel, qu’il me semblait nécessaire de mettre un coup de frein pour vous permettre de la distance sur ces supports qui sont avant tout des outils de communication comme les autres, avec leurs règles d’utilisation et objectifs de fonctionnement.

En attendant de vous retrouver la semaine prochaine pour un nouvel article sur la vie d’étudiant.e-entrepreneur.se, je vous souhaite un bon début de second déconfinement et de prendre soin de vous, personnellement comme professionnellement !

Ella