Voyage – Chili part12

Ile de Pâques [Rapa Nui] / Nord de l’île

Il est déjà l’heure pour moi de clôturer cette série de trois articles sur l’île de Pâques, qui restera à jamais dans ma mémoire comme l’un des lieux les plus extraordinaire que j’ai pu visiter. Cette fois ci, c’est au nord de l’île que je vous entraine, entre plage de sable blanc et carrière de moais, des lieux aussi uniques qu’époustouflants.

Le nord de l’île se défini dans les grandes lignes à partir d’Akahanga, site archéologique à flan de falaise, entre l’océan bleu turquoise et les immense colines vertes qui ne sont pas sans nous rappeler l’Irlande. Les statuts sont ici couchées (12 au total) mais le lieu vaut le détour pour  découvrir les ruines d’habitations qui ont, d’après la légende, abrité le roi Hotu Matu’s avant sa mort.

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Pour en revenir à notre découverte de la partie nord de l’île, si je vous parle du site archéologique sur le flan Est ce n’est pas pour rien. En effet, jusqu’à Akahanga je vous conseil de faire des économie [et du bien à la planète] en favorisant la location de vélos ou vos p’tites jambes plutôt que la location d’une voiture. En effet, la partie Sud peut facilement se découvrir en une, deux journée si on prend son temps, avec des moyens de transport doux et non polluant. En revanche, la partie nord, composée de la plage Anakena, de la carrière Rano Raraku et de l’alignement de moais Ahu Tongariki (que je vous présente dans la suite de l’article) sont plutôt éloignés et donc peuvent nécessiter un moyen de location à moteur (voiture comme quad ou scooter).

Pour rendre la balade des plus agréable, je vous conseille de simplement longer la côte par le flan Est, vous y trouverez plusieurs lieux archéologiques, peut connus mais tout aussi intéressant. D’autant plus que cette balade face à la mer vous permettra de découvrir de nouveaux paysages de l’île, des plaines de chevaux sauvages, à l’eau turquoise de l’océan, dont les reflets changent de couleurs au fil des saisons.

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Pour vous permettre de visualiser au mieux le parcours que je vous propose, je vous présente les trois lieux clés du nord de l’île dans le sens ou vous les trouverez lorsque vous venez d’Hanga Roa par le flan Est en longeant la mer (voir carte).

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Rano Raraku

Rano Raraku est donc le premier des trois. Volcan et plus grande carrière de l’île, ce lieu unique au monde a fait une part de sa grandeur et pour cause, c’est ici que les Moais sont entrés dans l’histoire. En effet, 95% des Moais de l’île ont été construits dans ce lieu, à même la pierre du volcan. Il est d’ailleurs facile de confirmer ces dires puisque un certain nombre de Moais jamais achevés restent encore à moitié implantés dans le volcan et cela pour l’éternité. Cette roche fait de tuf volcanique et de cendres compressée procure un matériau extraordinaire pour la structure des statuts par sa solidité (elle ne s’effrite pas) et sa maniabilité (sa composante de cendre la rend plus facilement travaillable).

Une fois arrivez sur le lieu vous faite tamponner votre ticket (attention, ce lieu ne peut se visiter qu’une fois comme le village sacré d’Orongo!) puis vous avancer sur un petit chemin rocailleux jusqu’à arriver à une intersection. En partant à gauche vous arriverez au bord du cratère du volcan Rano Raraku en 15 min de marche, vers la droite c’est la carrière qui vous attend. Comptez 1h30 pour tout visiter en prenant votre temps et croyez moi, il y a beaucoup de choses à voir!

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Pour commencer par le cratère, celui-ci est composé d’un petit lac frangé de Tototra (joncs) et encerclé par des bouquets d’arbres fruitiers, magnifiques lorsqu’ils sont en fleur (mai, juin). Le lieu est une fois de plus unique, entre nature paisibles et moais éternels, une impression de bulle hors du temps.

Parlons maintenant de la carrière, la fameuse. Pour Alfred Métraux (dans son livre sur l’île de Pâques publié en 1941), « du point de vu artistique, les bustes du volcan Rano Raraku sont les plus parfaits », alors imagez l’effet lorsque vous vous retrouvez au coeur même du lieu de leur création. Celui-ci est tellement irréel qu’au bout de quelques minutes vous aurez l’impression que chaque morceaux de pierre est moais en devenir. 397 statuts reposent ici, terminée, en création ou à peine commencées, elles composent cette collection millénaire qui forge les légendes de l’île de Pâques. Parce que si ce lieu est si irréelle c’est aussi pour tous les questionnements qu’il pose. Comment des statuts aussi immenses, lourdes et conséquentes ont elles ensuite été déplacées? Comment les moais, même si ensevelis à cause des glissements de terrain pour certains, sont-ils restés en états, comme figés dans le temps? Catastrophe naturelle ou renversement du pouvoir, épuisement des ressources ou guerres tribales, aucune hypothèse n’est écartées.

Dans votre déambulation hors du temps ne passez pas à côté du « Géant » situé en bas de la carrière, dans l’axe du parking. C’est le plus grand moai jamais construit, 21.60m pour 200t, couché la tête vers le ciel, il aurait sans doute été intransportable. Un lieu unique donc à ne louper sans aucun prétextes qui nous éblouit un peu plus tout en nous questionnant sur les secrets de notre humanité.

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Tongariki

Le lieu est visible depuis le haut de la carrière et complète parfaitement sa visite. Parce que si la construction des Moais et leur déplacement reste un mystère, leur mise en place reste tout aussi mystérieux.

Plus important site de moais de l’île, Tongariki réuni 15 statuts géantes au tailles et esthétiques différentes sur un même alignement de 200m. Un seul des moais conserve son pukao (chapeau traditionnel) et le plus grand pèse 88 tonne. Un ensemble à couper le souffle donc qui se fond dans le paysage, avec en fond de toile l’océan et le ciel infini. Entre guerres tribales et tremblements de terre (le ahu fut mis à terre en 1960 par un tremblement de terre de magnitude 9.5 sur l’échelle de Richster), le lieu a connu plusieurs déconstructions qui lui ont valu d’être rénové entre 1960 et 1961 grâce à l’aide du gouvernement japonais et de la société de construction Tadano (les donateurs sur l’île sont aussi diversifiés qu’incohérents, histoire d’intérêts j’imagine…).

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Pour pouvoir admirer le lieu dans son meilleur angle je vous conseille de vous lever très tôt et de venir admirer le levé de soleil, sans aucun doute le plus magnifique de toute l’île! Vous ne serez pas les seuls mais cela n’est pas dérangeant tant que tout le monde respecte les règles de bienséance. Les locations de voiture se faisant sur 24h le mieux et de louer de 10h à 10h, ce qui vous permet de visiter le nord de l’île la veille et de venir voir le levé de soleil le lendemain [comptez 30min pour venir directement en voiture depuis Hanga Roa].

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Ahu Anakena

Pour finir ce grand tour de l’île de Pâques, voici la plus belle plage de l’île. Parce que oui en plus des volcans, des falaises, des pleines, des carrières, des villages ancestraux et des sites archéologiques, l’île compte une plage et pas des moindres !

Entre sables blanc, eau turquoise et cocotiers on se croirait déjà à Tahiti (à 5h d’avion seulement…) et pourtant nous sommes toujours sur l’île de Pâques, même si, en effet, les cocotiers ont été importés de Polynésie… En descendant depuis a route (seul accès à la plage), on découvre un ensemble de 7 statues, l’ahu Nau Nau dominant la baie. 5 d’entre elles sont intactes et 4 conservent même leur pucao, superbement conservées donc malgré les dommages subies (elles sont restées longtemps enfuies dans le sable après avoir été jetées à terre par les colonisateurs). Les traits fins de leurs visages, leurs oreilles parfaitement taillées et dans leurs dos les symboles évoquant les éléments naturels font d’elles les statues les mieux conservées et détaillées de l’île.

Entre nouvelles découvertes ancestrales et repos sur le sable blanc, un lieu qui vaut le détour et qui finira de vous transporter à travers cette belle découverte de l’île aux mystères.

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Nous arrivons à la fin de cette série dédié à la merveilleuse Rapa Nui, ce lieu unique et magique reste pour le moment le plus extraordinaire que j’ai eu la chance de visiter, d’autant plus que, pour l’anecdote, j’ai eu la chance d’y fêter mes 20 ans ! 

Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvelle article de retour à Santiago avant un départ vers de nouvelles aventures, buena semana !

Ell

Voyage – Chili part11

Ile de Pâques [Rapa Nui] / Sud de l’île

Je suis aujourd’hui de retour pour ce second article dédié à l’île de Pâques et plus spécifiquement au Sud de l’île. Reconnu pour le volcan Rano Kau et plus particulièrement le village attenant d’Orongo d’où est issu le célèbre cérémonial de l’homme oiseau, ce bout de terre unique à vous couper le souffle vaut le détour.

La partie sud de l’île est logiquement la première que vous risquez de découvrir lors de votre périple. En effet, c’est de ce côté que se situe le petit aéroport de Matarevi, reliant l’île au continent et logiquement placé en périphérie d’Hanga Roa, capitale de Rapa Nui. Ainsi, tous les logement de l’île se regroupent dans ce périmètre, tout comme les agences de location de voitures et autres véhicules à moteurs, organisant aussi des excursions. Pour visiter seulement cette première partie de l’île je vous conseille de ne pas louer de voiture ou autre engins à moteurs, mais plutôt de vous dégourdir les jambes en découvrant les alentours à vélo ou à pied. Un bon moyen de ne pas polluer ce lieu unique tout en vivant l’expérience avec le corps en plus de la tête!

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Ahu Tahai

Accolé à la mer en longeant la côte ouest de l’île, ce site vous permet de vous rendre compte rapidement que oui, vous êtes bien arrivé sur l’île de Pâques! Comptant trois séries de plates-formes, dont l’une supporte un bel ensemble de 5 statues plus ou moins tronquées (style archaïque), Ahu Tahai est le premier site archéologique que vous rencontrez en partant du centre ville. Deux moais solitaires complètent l’ensemble avec un petite particularité pour le deuxième. En effet, celle-ci appelée Ko Te Riku est, la seule statue de l’île à avoir retrouvé  ses yeux à l’heure actuelle [symbol très important puisque chez les Rapa Nui les yeux représentent l’âme (dit mana) et permettent à la statue de devenir Aringa Hora (visage vivant des anciens). L’ajout des yeux était considéré comme une forme de batême dans les pratiques ancestrales]. Coiffée du pukao (chignon rouge), c’est un des moai les plus impressionnante de l’île, notamment par la présence plus « vivante » que lui apportent ses yeux.  Pour la petite histoire, les yeux des moais fait de corail blanc et d’une pierre volcanique rouge (scorie), étaient fixés à même la pierre avant que la statue soit relevée. Vous pouvez d’ailleurs observer sur toute les statues de l’île la cavité dans laquelle les yeux étaient ensuite installés. L’alignement des 5 statuts d’Ahu Tahai est reconnu pour être le meilleur spot de couché de soleil de l’île, ne boudez pas cette occasion, c’est vraiment extraordinaire et les couleurs sont différentes tous les soirs !

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Pour vous rendre sur ce lieu, longez la côte sur 2km au nord d’Hanga Roa en partant du petit port de pêche (vers lequel se situe la porte, Correo et la majorité des écoles de plongé de l’île). Normalement impossible de vous perdre et sinon n’hésitez pas à demander votre chemin, les habitants ont l’habitude des touristes!

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Volcan Rano Kau & village d’Orongo

En dehors des  célèbres moais, la première chose qui surprend lorsque l’on arrive sur cette île c’est son écosystème. Perdue au milieu de l’océan pacifique entre deux continent (l’Amérique et l’Océanie), Rapu Nui interpelle et fascine pour ses microclimats changeants du tout au tout, entre les cratères de ses volcans et l’étendue de ses plaines. Ce n’est donc pas pour rien si une légende la considère comme la face apparente de l’Atlantide! Si il y a bien un lieu qui illustre parfaitement cette idée de microclimats c’est bien le volcan Rano Kau. Situé à 7 km environ du centre d’Hanga Roa (comptez 1h30 à pied, 15min en voiture), Rano Kau est sorti des entrailles de la terre il y a de ça 2.5 millions d’année en creusant en son coeur un immense cratère profond de 200m (1600m de diamètre). Il abrite un microclimat tropical, pareil à une oasis, composé de grosses mares et de petits étangs couverts de totora (joncs). Ouvert sur la mer par une brèche, ce cratère fascine par ses couleurs changeantes en fonction des rayons du soleil et ses composantes uniques au monde.

« C’est un Colisée immense et magnifique, dans lequel manœuvrerait aisément une armée », disait Pierre Loti en 1872.

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Sur la face Est du cratère, entre son coeur et l’océan, on découvre les restes de constructions de pierres qui formaient autrefois le village cérémonial d’Orongo. Destinées au rite de l’homme oiseau, ces 53 maisons de pierre qui se fondent dans le paysage, sont accesibles par une seule entrée évitant ainsi le vent et les ennemis. Les familles venaient s’abriter ici lors du cérémonial de l’homme oiseau qui se déroulait tous les ans entre aout et septembre. Chaque tribu devait au préalable élire son champion, le hopu manu, pour assurer sa place dans la compétition. Son but ultime: ramener à la nage le premier oeuf d’oiseau de l’île de Motu Nui, située en face du village (2km à la nage contre vents et marées). Pour gagner, il leur fallait ramener le précieux butin entier et en bon état tout en affontant une seconde fois l’océan et ses caprices ainsi que la falaise haute de 300m, dernier rempart avant le village. Une cérémonie unique au monde qui finit de donner à ce lieu une atmosphère particulière dont on se souvient longtemps.

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Ahu Akivi

Le dernier lieu central du sud de l’île est situé à 9.5 km d’Hanga Roa, au milieu des colines et loin de l’agitation des côtes. Sa place centrale géographiquement et la grandeur des 7 statues le composant, font de ce lieu un emblème de l’île, particulièrement sous les dernier rayons du soleil. Ces 7 superbes moais, hauts de 4m, ont pour particularité d’être les seuls de l’ile à être tournés vers la mer. Cette caractéristique serait dû à leur origine, en effet, contrairement aux autres moais, ceux-ci n’ont pas été effigiés en l’honneur de  rapa nui mais de 7 envoyés du roi Hotu Matu’a venus reconnaitre l’île. Ainsi, n’ayant pas aimé le bout de terre à leur arrivé, il ont étaient tournés vers la mer plutôt que vers l’île. Si les autres moais protègent l’île, eux la dénigrent. Il n’en reste que c’est ce site qui auraient été utilisé par les prêtres colonisateurs pour fixer le calendrier de l’année. En effet, les moais étant placé face au soleil couchant, ils ont un bon repair de temps.

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Pour les sportifs, je vous conseille ces trois visites à vélo. C’est largement faisable en une journée, équipé.e.s de chapeaux, crème et lunette de soleil, ainsi que d’un pique-nique et de beaucoup d’eau (le climat tropical favorise la transpiration…). D’autant plus que croyez moi, l’effort rend les choses encore plus belles, que ce soit le cratère du volcan ou le couché de soleil sur Ahu Akivi, une très belle journée en perspective!

Nous arrivons déjà à la fin de ce second article dédié à l’île de Pâques! Je vous retrouve vendredi prochain pour le troisième et dernier article qui vous fera découvrir la partie nord de l’île, entre plage de sable blanc et carrière de Moais.

Buena fin de semana,

Ella.