Le grand saut – Johan Bonzinho

PORTRAIT N°9


Pour ce portrait n°9 (déjà), nous partons découvrir un monde bien complexe, aux codes et au fonctionnement bien particulier au sein de l’écosystème entrepreneurial : celui de la mode. Pour ce faire, je reçois aujourd’hui Johan Bonzinho, fondateur de la marque streetwear écoresponsable, Bonzinho.

Johan nous présente ce pari fou de créer une marque correspondant à ses besoins et à ses envies, tout en s’inscrivant dans une démarche responsable, encore beaucoup trop ignorée dans le monde très codifié de la mode. Johan nous démontre aussi l’importance de s’entourer de gens de confiance pour avancer dans son projet, surtout lorsque l’on se confronte à un secteur que l’on connait peu …

Johan

Le temps avance, la crise sanitaire s’éternise et aujourd’hui j’ai une grosse pensée pour ceux et celles qui se retrouvent obligé.e.s de repousser, voire d’arrêter leur projet entrepreneurial à cause des conséquences économiques dues à la COVID. N’oubliez pas, ce sont des plus gros échecs que l’on tire les plus belles leçons et que les avancées les plus significatives sont réalisées dans nos vies ! Courage, on n’a jamais été aussi proche de la fin …

Qui es-tu ?

Johan Bonzinho a 21 ans, il est passionné par la gestion de projet, dans ses activités professionnelles bien sûr, mais également dans sa vie personnelle. Ce sont ces projets qui lui donnent des objectifs sur le court et long terme et lui permettent de se projeter.

Johan est également passionné par le sport, notamment le foot, qu’il aime pratiquer autant que regarder.

Quel est ton parcours ?

Johan est aujourd’hui en Master Marketing à IAE Gustave Eiffel, tout en réalisant son alternance au sein de l’entreprise Cogedim, promoteur immobilier [Etudiant / Entrepreneur / Alternant, mais comment c’est possible ?! Quand on vous dit que les jeunes ont de la ressource et de l’énergie …]. Avant le Master, Johan a fait une licence Economie-Gestion également au sein de l’IAE Gustave Eiffel de Champs sur Marne.

Ton Regard sur l’entreprenariat

La vision sur l’entrepreneuriat de Johan a changé juste avant qu’il se lance. Avant, il pensait le processus très complexe, en termes de construction, de recherche de partenaires. Finalement, à partir de sa deuxième année de licence, il a pu approfondir son projet et en se renseignant sur son domaine d’expertise, il a fini par comprendre que l’opportunité lui était accessible, autant que les autres. C’est donc dans une construction progressive plutôt qu’une prise de conscience, que Johan a avancé vers le monde entrepreneurial. 

Ton Grand Saut

Johan a toujours su qu’il se lancerait dans l’entrepreneuriat, encore lui fallait -il un projet et du courage. C’est finalement une occasion qui lui a permis de se lancer, autour de deux clés d’organisation : un créneau de temps et une certaine logistique adaptée.

En termes de projection, Johan sait que ce projet ne sera pas le dernier projet entrepreneurial qu’il va mener, le rythme d’un tel statut lui correspond en effet, tout comme la liberté d’actions d’avancer à son rythme et selon ses envies.

Au départ, Johan s’est lancé seul dans le projet, même s’il a été accompagné par une styliste en freelance pour le lancement de sa première collection. Pour cela, il a échangé avec plusieurs stylistes et modélistes en amont, c’était une volonté personnelle de prendre le temps pour la sélection de la bonne personne, afin de compléter les compétences de la personne avec les siennes. Pour la recherche de fournisseur ou encore la communication, il a tout réalisé seul. Au niveau de la réalisation du clip et du Making off il a également travaillé avec une boite de production et de photographes. Tout au long de ce parcours de création, Johan s’est toujours épaulé de gens qu’il connaissait, qui lui ressemblaient et qui avaient, surtout, le même univers artistique que lui. 

Néanmoins, Johan relève que le fait de garder en main les prises de décisions finales était une volonté personnelle, afin de protéger son nom de famille, qui le relie directement à la marque et d’apprendre le plus possible du projet.

Evolution de ton projet

En 2019, Johan fait sa demande de statut EE qu’il connaissait de loin grâce à des affichages au sein de l’UPEC. Quand il commence à s’y intéresser cela faisait déjà trois mois qu’il peaufinait son projet (d’aout à octobre), une décision confirmée pendant un cours par un professeur.

Parti pendant 5 mois en échange en Erasmus, Johan repousse finalement son projet d’entreprise et donc sa demande de statut EE, c’est finalement seulement en octobre 2020 que sa demande est approuvée. A ce moment-là, Johan avait déjà le squelette de sa marque de vêtement en tête ; des fiches techniques, à la création artistique réalisée avec une styliste jusqu’à ses partenaires de productions.

Aujourd’hui le projet de Johan est devenu réel et sa marque de vêtement a pris vie, en répondant à ses besoins en tant que client. C’est une marque streetwear pour le moment, mais que Johan souhaite faire évoluer, vers du Premium notamment (voir clip). Le but est réellement d’amener la dimension éthique et culturelle avec une production au Portugal, son pays d’origine qui a une longue culture textile.

Les deux principales difficultés rencontrées par Johan au cours de son projet ont été :

•           Trouver une usine |

Difficulté exacerbée à cause de la COVID puisque la plupart des usines ont été réquisitionnées pour faire des masques. De plus la plupart des usines étaient sceptiques face à quelqu’un qui est nouveau dans secteur, cela s’est principalement ressenti pour Johan au moment de la négociation des prix et matériaux. C’est en faisant jouer les contacts qu’il a finalement trouvé une usine qui répondait à ses attentes.

•           Faire connaitre la marque |

Faire en sorte que la communication arrive jusqu’au.x client.e.s potentiel.le.s. Aujourd’hui encore Johan continue de tout gérer au niveau des réseaux sociaux et de la communication générale – Instagram, flyers – même s’il se fait aider pour la réalisation des designs. 

Concernant la question de la légitimité en tant que jeune entrepreneur encore étudiant, Johan ne peut pas dire que cela l’a limité car au contraire il pense avoir su en jouer, en termes de réseau notamment. Cependant, c’est avec la banque qu’il a pu réellement voir une différence, car pour celle-ci, il manquait de justificatifs rassurants pour lui faire confiance. Néanmoins, en général, il aime jouer (en) ce double statut : président de la société / étudiant, qui lui semble être intéressant et avantageux. Johan a malgré tout conscience de l’apport de son secteur d’activité par rapport à cette technique, puisque son image n’est pas directement mise en avant par rapport aux premiers outils de communication de son activité.

Ton accompagnement

L’écoute et la capacité à nous faire réfléchir aux différentes étapes du projet ont vraiment permis à Johan d’avancer grâce au statut EE et notamment grâce à Anne Moreau, responsable au sein de l’IAE Gustave Eiffel. Pour lui, qui n’a pas le temps de participer aux évènements en ligne, c’est un accompagnement nécessaire.

Grâce au Pépite, Johan travaille justement aujourd’hui en collaboration avec l’Ecole des Gobelins, pendant plusieurs journées de travail commun. Néanmoins, le fait qu’il n’utilise pas toutes les options du programme d’accompagnement EE ne lui permet pas à son sens de critiquer le programme dans son entièreté. Néanmoins, il serait intéressant d’après lui d’avoir plus de réunions en présentiel [Besoin mis en exerce avec la crise sanitaire qui se prolonge…].

Johan reste plutôt frileux des programmes d’accompagnement complémentaires, qui lui semble assez obscurs, néanmoins il est très intéressé pour rejoindre des incubateurs, sur le long terme, qui pourraient lui permettre d’avoir un lieu de travail commun avec d’autres entrepreneur.se.s notamment. Néanmoins, aujourd’hui, son emploi du temps entre son Master et son alternance ne lui permet pas de rejoindre un tel programme ou même à un lieu d’accompagnement.

Ta perspective d’évolution

Entre l’entretien et la publication de l’article, la première collection de Johan a été lancée [Liens vers le site et les réseaux sociaux de la marque en fin d’article !] et son but premier est simplement de trouver des premiers échos chez son public cible. Dans le futur, Johan souhaite réussir à se projeter à travers des collections qui durent dans le temps pour être en cohérence avec ses valeurs éthiques. D’ici la fin de l’année, il souhaiterait avoir écoulé son premier stock tout en ayant réalisé un évènement au Portugal pour lier sa marque à son pays d’origine. Maintenant, Johan va continuer à jongler entre Master, alternance et sa marque jusqu’en 2021 et la validation de son Master. Son but initial est d’amener plus d’éthique dans le monde du sportwear reste le même, tout en se projetant pour pouvoir pourquoi pas en vivre un jour …

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?


Le plus important c’est de se lancer, il ne faut pas voir un projet entrepreneurial comme le projet d’une vie. Il faut se lancer le plus vite possible, ce qui nous permet de rebondir rapidement en cas d’échec. En donnant son maximum, l’entrepreneuriat se présente comme un réel apprentissage et un moyen de gagner des opportunités, quoi qu’il arrive.
Vous pouvez retrouver Johan sur son LinkedIn et sa marque, Bonzinho sur; son Site internet, sa page Instagram et via son Clip Youtube [Liens cliquables].

C’est tout pour aujourd’hui ! J’espère que vous avez apprécié, autant que moi, de découvrir Johan, son parcours et les étapes clés qui l’ont emmené vers la création de sa marque de vêtements, Bonzinho. N’hésitez pas à aller donner de la force et à encourager Johan en commandant ses magnifiques pièces via son site et/ou en commentant et partageant ses publications sur les réseaux sociaux. C’est également en s’encourageant mutuellement que nous donnons un sens, ensemble, à nos démarches entrepreneuriales. Encore merci Johan d’avoir pris le temps de me partager son expérience sur Regardsleblog.fr !  

Je compte sur vous, encore et toujours, pour réagir à cet article, le commenter et la partager, parce que votre Regards aussi compte ! Par ailleurs cette semaine je suis bien curieuse de savoir si votre démarche de consommation sur le marché du vêtement a évolué ses dernières années : Avez-vous franchi le pas de la mode éthique [Friperie, écoresponsable …] ou penchez-vous encore du côté de la consommation de masse [Fast fashion] ?

Dans l’attente de lire vos réponses inspirées …

Ella