SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 16 « Entrepreneuriat en temps de COVID »

C’est dans les crises que naissent les plus beaux projets

C’est avec cette certitude que j’ai créé mon projet, qui est ensuite devenu une entreprise. Une vision optimiste qui cache pourtant une triste réalité; l’économie est au rouge et l’entrepreneuriat reste une porte de sortie comme les autres, incertaine et aux multiples obstacles. Alors que la crise sanitaire n’a pas encore atteinte sa finalité, que le bout du tunnel semble encore s’éloigner, je vais tenter dans cet article de tirer un premier bilan de l’entrepreneuriat en temps de COVID. Un bilan nuancé, parce que j’aime le verre à moitié plein et enthousiaste parce que quoi qu’il arrive, nous sauront tirer le positif de cette crise.

Après tout, ne sommes nous pas la génération [Attentats ? Gilets jaunes ? COVID ? NON.] INVINCIBLE !

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C’est en lisant, le 1er février dernier, le billet d’humeur de Nicolas Vadovato, président d’Entrepreneurs.fr sur LesEchos.fr, que j’ai commencé à sortir la tête de mon ordinateur pour tenter de voir l’impact de cette crise sur ma propre expérience entrepreneurial. Un exercice loin d’être simple parce que c’est connu, lorsque l’on est dans un projet il est difficile de prendre de la distance sur celui-ci. Au contraire, nous avons plutôt tendance à avancer sans reprendre son souffle au grès des imprévus et des remises en questions.

Pourtant, cette crise sanitaire est presque devenu le fil conducteur de mon projet. C’est en effet elle qui a déclanché le système d’Ecole à la maison qui a bouleversé mon secteur d’activité. C’est également elle qui m’a obligé à anticiper ma fin d’étude, ce grand saut dans le vide qui semblait rimer, plus que jamais, avec chômage et déclassement social. C’est encore elle qui m’a offert un billet retour, sans arrêt, vers ma maison familial en cette dernière année d’étude universitaire, loin de mes projections passées. Bref, la COVID est le ciment de ce projet qui guide mon présent et me permet encore d’imaginer un avenir, tout en étant celle qui a rempli ce même présent et ce même futur d’une incertitude, gluante, épaisse et souvent étouffante.

Alors comme le dit si bien Nicolas Vedovato, les entrepreneur.se.s sont-iels les oublié.e.s de la crise sanitaire ou s’agit-il simplement d’un secteur en pleine évolution, comme tant d’autres ? Parce qu’il faut-être conscient.e.s d’une chose, la COVID a poussé autant de gens vers l’entrepreneuriat qu’elle n’en a fait couler. Des profils, par ailleurs, qui sont généralement plus diversifiés que ceux avant la crise: les étudiant.e.s en quête de sens, les jeunes actifs avides de renouveau, les cinquantenaires que la crise a mené vers le chômage …

Alors, COVID: effondrement ou renaissance du monde entrepreneurial ?

La numérisation comme solution ?

Dès le début du premier confinement, le numérique s’est positionné comme solution ultime face à la COVID. Dernier rempart contre l’isolement, premier outil pour la continuité pédagogique et le télétravail, nouvelle grande surface 2.0, ou l’art d’Amazone. Bref, c’est dernière nos écrans que nous avons basculé dans la dimension parallèle COVID.

De ce côté là, les entrepreneur.se.s, comme le reste de la population, ce sont retrouvé.e.s divisé.e.s en deux groupes: Ceux.lles pouvent poursuivre leur activité à distance [Parce que ayant une activité pouvant se gérer en ligne ET étant équipé.e.s pour assurer cette continuité] et ceux.lles ne pouvant poursuivre leur activité à distance [Parce que n’ayant pas une activité pouvant se gérer en ligne ET/OU n’étant pas équipé.e.s pour assurer cette continuité]. Des conditions loin d’être égalitaires donc, alors pourquoi pendant plusieurs mois avons nous fait circuler le mythe du « Tous.tes dans le même bateau, tous.tes égaux face au COVID » ?!

Parce que la réalité au fil des mois de confinement, de déconfinement et de reconfinement partiel a été tout autre. Les innégalités ce sont accentuées pendant cette crise sanitaire: Dans son article datant du 12 octobre 2020, l’Humanité publié ainsi que « Près de 11 % des personnes de 18 à 64 ans occupant un emploi n’ont pas travaillé pendant le confinement. Un taux qui atteint 18 % chez les 18/24 ans. Cette situation est aussi plus fréquente en milieu populaire : elle a touché 14 % des employés non qualifiés, 16 % des ouvriers qualifiés, 17 % des ouvriers non qualifiés, contre seulement 5 % des cadres et professions intellectuelles supérieures. 50 % des cadres ont pratiqué exclusivement le télétravail, contre 1 % seulement du monde ouvrier« . 

Des chiffres parlant nous démontrant à quelle point la crise et sa gestion, à majorité grâce aux outils numériques, ne sait, une fois de plus, pas positionnée sur un axe social, mais bien plus sur un axe économique. Dans ce même sens, nous pouvons relever que les trois métiers ayant poursuivit leur activité même au plus fort de l’épidémie, sont portés à majorité par des femmes, précaires et à la reconnaissance sociale moindre: les caissières, les infirmières et les aides-soignantes.

Parce que ces trois métiers peuvent-être aussi pratiqués en libéral et donc sous un statut d’indépendant [entrepreneuriat], nous sommes en mesure de nous demander si cette crise sanitaire et économique due au COVID-19 se met pas en exergue une fracture sociale, bien plus importante et présente que nous avons bien voulu le voir jusqu’alors …

Shamika Sirimanne, Directrice de la technologie et de la logistique de la CNUCEDLes inégalités dans la préparation au numérique entravent la capacité d’une grande partie du monde à tirer parti des technologies qui nous aident à faire face à la pandémie de coronavirus en restant chez nous.

En quête de sens …

Se retrouver enfermé.e, face à soi-même ou à ces proches a été, pour beaucoup, l’occasion d’une remise en question, aussi douloureuse que nécessaire: Suis-je vraiment heureu.se.x ? Suis-je épanouie dans mon couple, dans mon travail, dans ma ville ? Et si tout s’arrête demain, quels regrets aurais-je ?

Tant de grandes questions qui nous ont obligé à revoir nos priorités, pour favoriser nos envies et nos rêves, parfois, souvent au détriment, de nos raison, qui jusque là était au coeur de nos décisions. Ainsi, d ‘après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, la crise sanitaire a renforcé des aspirations déjà fortes: les français.e.s veulent déveloper une activité respectueuse de l’environnement et tournée vers l’intérêt collectif. L’entrepreneuriat se pose alors pour 43% des personnes intérrogées comme la possibilité de créer leur propre emploi et de s’en sortir par eux/elles-mêmes.

Ainsi, la quête de sens que nous dédions jusqu’alors principalement aux 25/30 ans est entrain de se généraliser. Chacun, pendant cet arrêt forcé du premier confinement a pu prendre le temps de revenir au sens de sa vie, pour le meilleur et pour le pire. Que nous soyons étudiant.e.sn jeune diplômé.e.s, actif.ve.s, en fin de carrière ou retraités, la crise nous a rappelé que tout peut s’arrêter à chaque instant et qu’à force de trop penser à demain, nous en oublions aujourd’hui, là ou pourtant tout se joue. Mais bien plus qu’une simple philosophie du Carpe Diem, il est surtout question d’accepter la fatalité de notre existence pour tenter de s’incrire dans un tout – bien plus grand que nous – avec gratitude et résilience.

Réapprendre l’impuissance.

En débarquant dans nos vies privilégiées [Je considère comme vies privilégiées, celles ayant accès à l’eau potable, à l’électricité, à un toit et à de la nourriture], la COVID nous a rappelé que la puissance des Hommes est limitée par leur propres erreurs. Je ne vais pas ici tenter d’expliquer les origines de la COVID, alors que les scientifiques eux/elles mêmes ne sont pas d’accord sur la question, mais une chose est certaine; COVID, réchauffement climatique et conséquences environnementales sont liés.

Parce que comme le dit si bien Cyriel Zimmermann dans sa chronique sur le Journaldunet.com datant du 24 avril 2020: « Nostra maxima culpa, on ne négocie pas de contrat avec la nature, avec la vie et avec la condition humaine.  C’est sur la base de cette évidence simple que mon esprit d’entrepreneur réfléchit maintenant à mon action dans le monde d’après. Il m’a fallut presque 5 décennies et 5 semaines pour en arriver là. Pour ceux qui restent en bonne santé, cette crise n’est pas du temps perdu. C’est le temps d’avant que nous avons gâché« .  

Ainsi, une fois la vague de panique passée, nous pouvons tenter d’apprendre ce que cette crise dit de nous. Parce que les mois passent, le bout du tunnel semble encore s’éloigner et pourtant, le monde ne s’est pas arrêté de tourner. Bien au contraire, nous continuons à faire des projets, et parmis ces projets l’entrepreneuriat est bien placé. Ainsi, d’après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, 45 % des Français sont tentés par l’entrepreneuriat. De leur côté, près de la moitié des porteurs de projet voient leur motivation renforcée et veulent redoubler d’efforts face à la crise. Aninsi, malgré la chute significative du nombre de création d’entreprises en avril 2020 [-33.5%], en juillet 2020 76% des sondé.e.s considéraient l’entrepreneuriat comme un levier de réalisation personnelle.

Autrement dit, une fois la panique passée, nous sommes capables de nous réadapter pour avancer, malgré l’incertitude et l’impuissance face à cette situation. Comme quoi, c’est dans les crises que nous prennons le plus conscience de nos capacités …

Une prise de risque valorisée ?

Nous le savons sur ce blog, se lancer dans l’entrepreneuriat c’est faire Le Grand Saut. C’est risqué, grisant, fou et gratifiant, mais jusqu’alors, la France était loin d’une culture de la prise de risque. Au contraire, nous étions plus dans une culture des études, des diplômes, du CDI et de la protection sociale, autrement dit, d’une culture de la sécurité. Mais les choses changent. Le Prêt garanti par l’État (PGE), le Le statut national étudiant-entrepreneur, la Prime d’activité, tant de nouveaux dispositifs d’Etat, qui démontrent une évolution des mentalités favorisant l’entrepreneuriat et une certaine libéralisation de l’économie (protégée malgré tout).

Ainsi, aujourd’hui en France, la prise de risque entrepreneurial se démocratise et une expérience de ce type dans un CV, réussite ou échec, commence à être valoriée. Doucement mais surement, les recruteur.se.s reconnaissent les savoirs et savoirs-faires déployés dans une telle entreprise (c’est le cas de le dire), tout en valorisant la prise de risque, quelque soit l’âge. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si les deux populations les plus aidées et accompagnées vers un parcours entrepreneurial sont les étudiant.e.s et les chômeur.se.s. Parce que créer son entreprise c’est favoriser l’économie et éviter le chômage de longue duré, bref, tout le monde est gagnant.e !

Bien sur, comme toujours, cette enthousiasme est à nuancer [Nous ne sommes pas français.e.s pour rien voyez-vous…]. Une fois de plus, nous ne sont pas tous.tes égaux face à l’expérience entrepreneuriale. Parce que pour lancer une entreprise il faut de l’argent, pour avoir de l’argent il faut avoir des garants et une banque / une association qui nous soutient et que ce n’est pas le cas de tout le monde. Parce que créer une entreprise c’est justifier de sa rentabilité, de sa durabilité, de sa légitimité et que tout cela n’est pas inné (ça part en rimes).

C’est alors que l’Union fait la force. Au sein des Pépites pour les étudiant.e.s-entrepreneu.se.s, des incubateurs, des pépinières, des syndicats pour tous les autres nous ne sommes pas seul.e dans les grandes victoires et les petites galères. Un accompagnement nécessaire, surtout lorsque l’on connait les démarches administratives, financières, techniques nécessaires à la création d’une entreprise, loin, très loin, d’une promenade de santé …

Entre mythe et réalité …

Pour conclure, je dirais que cette crise par son caractère généralisé et violent a fragilisé nos certitudes et remis en question notre modèle, économique, social, humain. Mais cette crise nous a également obligé à nous arrêter, un luxe oublié dans nos société de la vitesse et de la réussite, tout en nous rappelant nos place dans un monde et dans une nature bien plus grande et forte que nous.

A force de vivre chacun.e nos vies à deux cent à l’heure, nous avions oublié que rien n’était acquis et nous n’étions pas seul.e.s. Ainsi, en un an de crise saniatire il nous a paru évident que les écrans ne remplaceront pas les contacts humains, que travailler sans sens c’est perdre son temps, que la familles et les ami.e.s sont les ciments de nos vies.

Du mythe à la réalité c’est également le cas pour l’entrepreneuriat. Je me suis lancée dans cette folle aventure depuis 9 mois maintenant, en parallèle de mes études, et malgré toute la motivation du monde et une organisation programmée, tout ne sait pas passé comme prévu. L’entrepreneuriat c’est créer, développement, adapter un projet qui vous tient à coeur, mais c’est également apprendre à accepter les critiques, accepter les contre-temps et ne rien lâcher, quoi qu’il en coûte.

Le prix de sa liberté professionnelle est bien plus élevé qu’on ne le pense …

Alors COVID ou pas, crise économique ou pas, entreprendre c’est apprendre. Sur soi, sur les autres, sur soi par rapport aux autres, et sur les autres par rapport à soi. Nous sommes capables de tout, mais pour cela il faut accepter que nous ne sommes pas grand chose. Juste une pièce dans la machine, une pièce qui ne peut fonctionner seule. Ainsi, si vous attendez d’être parfait.e pour vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous ne vous lancerez jamais. Parce que l’on ne peut pas être comptable, communicant.e, informaticien.ne, développeur.se et plus encore ne même temps, pourtant il faut toutes ses capacités pour créer une entreprise. Alors entourez-vous, demandez de l’aide et aidez les autres, parce que si la crise du COVID nous a bien appris quelque chose, c’est que tout seul on se retrouve rapidement limité.e …


Il fallait cet article pour me permettre de prendre de la distance sur ma propre expérience, mais également pour vous inviter à faire de même. J’en suis très fière. Parce que ce genre d’article demande du temps, des recherches, de la mise en forme et un ton adapté. Parce qu’il a donc fallu que je prenne mon temps, quitte à publier avec un jour de retard, mais après tout, donner des conseils c’est bien, les appliquer c’est mieux … Plus que jamais, je compte sur vous pour commenter, partager et aimer cet article, pour croiser le plus de Regards possibles avec le mien sur ce sujet qui nous concerne tous.tes.

Prenez soin de vous, comme toujours, n’ayez pas peur de la prise de risque, pour toujours …

Ella

Le grand saut – Stelio Carbunar

Portrait n°4


Dans ce quatrième portrait de la série Le grand saut, je suis très heureuse de vous présenter Stelio, préparateur mental. Passionné de sport depuis tout petit, Stelio est de ceux.lles qui ont fait de leur passion leur métier, en se spécialisant dans la préparation mentale des athlètes au cours de son parcours universitaire. Aujourd’hui en quête d’indépendance et d’épanouissement, Stelio a entamé son Grand Saut vers l’entreprenariat avec le Pépite 3EF. Il est temps pour vous de partir à la rencontre de ce sportif devenu entrepreneur par soif de changement, bonne lecture !

Stelio

À la suite de vos très bons retours du portrait précédent, notamment par rapport à l’agrandissement de l’équipe, je suis très heureuse de vous annoncer que nous poursuivons donc dans cette dynamique. Je profite par ailleurs de cette interlude pour rappeler à tous.tes les étudiant.e.s-entrepreneur.se.s qui souhaitent rejoindre l’aventure Le Grand Saut qu’iels sont les bienvenus ! Cette série vous est dédiée et je serais très heureuse de vous refaire brosser votre portrait. 

Qui es-tu ?

Stelio a 25 ans. Aujourd’hui de retour à Paris, où il a grandi, Stelio est originaire de Corse. Sportif depuis toujours, Stelio a testé la plupart des sports (sans exagération…) : de ses 5 ans jusqu’à ses années d’études universitaires, il a ainsi eu un rythme de 15h de sport par semaine, de la gym au basket en passant par le hand (pendant 9 ans) et même l’équitation (pendant 10 ans). Dans le sport, Stelio retrouve une sensation de liberté qui lui a permis de compenser avec son quotidien scolaire qui l’ennuyait beaucoup. A côté de ses études et de son projet entrepreneurial, Stelio travaille également dans une école en tant qu’animateur périscolaire, tout en étant indépendant en tant que préparateur sportif, un hyperactif du travail donc !

Quel est ton parcours ?

Pour réaliser son rêve de médaillé olympique, Stelio aurait voulu rentrer dans un lycée Sport-Etudes mais cela n’a pas pu se faire. C’est donc vers un Baccalauréat classique, parcours Scientifique que Stelio s’est tourné.  C’est à peu près au même moment que Stelio décide d’arrêter le Tennis de table, sport qui aurait pu l’amener vers la médaille, mais il prend alors conscience que la conjoncture l’empêche de devenir sportif professionnel. Loin d’être découragé et toujours bien motivé à assouvir sa passion pour le sport malgré tout, Stelio décide de débuter ses études universitaires en STAPS à Paris Descartes en Licence Entrainement Sportif (ES). Durant ses 3 années de licences, Stelio hésite entre s’orienter vers la nutrition et la préparation physique. Très intéressé par la psychologie il découvre alors la préparation mentale et décide de se former dans ce domaine. Ayant envie de se former de manière plus axée terrain, il décide alors de faire une formation de un an chez Trans-Faire. A la fin de cette formation, ne se sentant pas encore prêt à rentrer dans la vie professionnelle, Stelio décide de poursuivre avec un Master en 2 ans en Préparation Mentale à Brest (EOPS – Entrainement et Optimisation de la Performance Sportive). C’est notamment pendant sa première année au sein de ce Master que Stelio va effectuer un premier stage au Pôle France de natation. Pendant sa seconde année, Stelio va compléter son parcours avec un second stage à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), sous la responsabilité de la préparatrice mentale de l’Unité d’Accompagnement à la Performance (et notamment la préparation aux JO). Il a alors pour objectif de concevoir des outils de préparation mentale pour les athlètes afin de les rendre plus autonomes dans leur pratique.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Avant de penser à l’entreprenariat, le premier apriori de Stelio concernait l’instabilité de ce statut. L’existence du risque (permanent) occupait une place centrale dans l’esprit de Stelio, d’un projet cohérent se développant rapidement au projet pouvant tout aussi bien s’arrêter du jour au lendemain. Pour anticiper ce risque, Stelio a souhaité lancer son projet tout en ayant un revenu fixe grâce à ses missions en tant que Préparateur mental indépendant. De plus, son âge lui a donné l’impression qu’il ne s’agissait pas d’une énorme prise de risque, une idée exacerbée par la conjoncture économique actuelle ne favorisant pas l’entrée sur le marché du travail « classique ».

Ton Grand Saut

A la fin de son Master et de son dernier stage, Stelio a commencé à prendre conscience de ses capacités lui permettant de concrétiser la création d’une entreprise. En échangeant avec un ami, il commence alors à prendre en compte la perspective entrepreneuriale, d’autant plus motivé par la perspective de se retrouver seul décideur de ses prises de décisions et de leur évolution. Une fois de plus, c’est finalement la situation actuelle de crise sanitaire qui l’a finalement poussé à se décider et à réaliser son Grand Saut, en l’obligeant à accélérer le développement de son processus d’accompagnement à distance. 

Evolution de ton projet

Stelio a eu le projet de se lancer en entreprenariat avec un collègue en mai 2020. A ce moment-là une grande partie du contenu de son application de Préparation mentale, était déjà rédigée. Courant juin, il se rappelle du dispositif Pépite qu’on lui avait présenté en Master, et après quelques recherches, il fait la demande sans perdre une minute. Il ressent alors un besoin d’accompagnement, malgré son processus de création déjà avancé. C’est principalement concernant la démarche entrepreneuriale en elle-même, son côté administratif mais également juridique que Stelio souhaitait être aidé.

Aujourd’hui, six mois plus tard, les avancées principales de son projet concernent le côté administratif (Business plan, étude de marché approfondie via le soutien d’une classe de l’UPEC…) mais également le côté développement de l’application grâce à de nombreuses lectures et vidéos. Aujourd’hui, Stelio a lui-même créé son prototype via le système no code avec pour objectif de trouver par la suite un.e développeur.se.

La difficulté principale qu’il a pu rencontrer au cours de ses premiers mois de développement concerne la mise en réseau. Ainsi, avec la situation actuelle, Stelio n’a pas pu rencontrer beaucoup de monde, que ce soit d’autres étudiant.e.s-entrepreneur.se.s mais également des professionnel.le.s de son secteur, ce qui lui aurait permis de confronter son projet à des regards extérieurs. Stelio soulève par ailleurs, un manque de reconnaissance des préparateurs mentaux dans le milieu du sport français [Il n’y a que trois diplômes de Master qui préparent à ce métier sur le sol français]. Un obstacle culturel qui l’oblige à faire évoluer son projet tout en assurant une communication pédagogue sur l’intérêt de sa démarche.

Ton accompagnement

Lorsqu’il parle du statut d’étudiant-entrepreneur et du diplôme associé (D2E) auxquels il est rattaché, Stelio met en avant l’importance de sa tutrice universitaire, Nicole Brzustowski, très présente, dynamique et faisant le lien entre les différents projets. Néanmoins, Stelio ressent un manque d’accompagnement professionnel, notamment sous la forme d’un.e tuteur.trice professionnel.le qui lui aurait permis un regard extérieur sur son projet, de la part d’une personne connaissant suffisamment son secteur de développement.

Toutefois, en tant que professionnel dans son domaine depuis plusieurs années (grâce à son activité en tant qu’indépendant), Stelio a conscience d’avoir une expérience qui l’aide à se faire un nom dans son domaine plus facilement. De plus, son expérience à l’INSEP lui permet d’avoir un réel passeport dans le milieu du sport assez fermé.

Ta perspective d’évolution

Dans les mois à venir, l’objectif principal de Stelio est de terminer le prototype de son application et de la lancer. En termes de timing, il s’est donné jusqu’au mois de juin pour lancer le projet. Une organisation qui lui permet notamment une marge de manœuvre pour prolonger, ou non, son D2E pour l’année universitaire prochaine.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

Lance-toi ! Le statut étudiant-entrepreneur te protège donc tu n’as rien à perdre. De plus, l’expérience entrepreneuriale en elle-même est suffisamment bénéfique pour tenter le coup. Créer un business plan, faire une analyse de la concurrence, réaliser une veille du secteur d’activité qui te passionne, tant de réalisations que l’expérience entrepreneuriale te permet, des savoir-faire qui te serviront toute ta vie, quelle que soit la suite de ton parcours …  

Et voilà, un nouveau portrait Le Grand Saut terminé ! Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Stelio pour avoir pris le temps de partager son parcours et son projet avec nous. Vous êtes de plus en plus nombreu.ses.x à me suivre et à réagir à ces articles, me donnant ainsi la motivation pour garder le rythme, je vous en remercie chaleureusement.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau portrait, avec un retour dans un secteur d’activité que l’on connait, mais sous un nouvel angle cette fois. Bonne semaine !

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 4 « (S’)Organiser »

(S’)Organiser pour mieux avancer

Lorsque l’on regarde de l’extérieur le nombre de choses à faire pour créer une entreprise, cela nous semble insurmontable. Entre les documents administratifs à n’en plus finir, la charte graphique aussi complexe qu’importante, les questions judiciaires et financières indéchiffrables et l’approche stratégique bien trop abstraite, c’est la panique ! Il est alors temps de sortir nos nouveaux meilleurs ami.e.s d’entrepreneur.se.s: les listes, rétroplannings, Business plans et autres outils d’organisation…

S’organiser c’est faire preuve de discipline mais c’est surtout, je pense, trouver les trucs et astuces qui nous aide à avancer au mieux. Moi qui suis maniaque et stressée de nature, il me faut des petits objectifs sur le court terme – par jour ou semaine – pour avancer au mieux, tout en allant vers des STEPS centraux sur le long terme. Pour d’autres, des gros objectifs – par mois – suffirons à les motiver et les pousseront à avancer. Quoi qu’il en soit, il y a des outils majeurs dans la vie entrepreneurial qui peuvent nous simplifier les choses en rendant notre projet plus fluide et concret.

Organisation globale

Fiche de synthèse du projet

Au tout début du projet, faire une fiche de synthèse peut vous permettre de poser à plat les informations que vous avez, et de faire ressortir celles que vous n’avez pas. Ainsi vous savez clairement ce qui vous reste à faire et ce qui est à améliorer.

Méthodiquement, je vous conseille un document en 10 grandes parties:

1- Description du projet: constat, solutions proposées, objectifs globaux

2- Les services-produits proposés: en développant clairement toutes vos idées

3- Public: âge, catégorie socio-professionnelle, spécificités

4- La zone d’implantation: géographique, académique, si plusieurs lesquelles et pourquoi

5- Concurrence: il s’agit là d’une première analyse de la concurrence; rapide

6- Caractéristiques du marché: public ? privé ? ouvert ? fermé ? innovant ?

7- La réglementation: caractéristiques spécifiques à votre secteur / marché

8- Stratégies de commercialisation et de communication: par quels moyens et outils souhaitez vous vendre et communiquer sur votre produit/service ?

9- Opportunités: actualité spécifique, besoins cohérents …

10- Points forts / points de vigilance: par rapport à votre expérience, vos lacunes, votre projet, ses lacunes

L’idée, c’est vraiment de poser les choses, pour vous organiser (mot clé de cet article), mettre au clair votre projet, mais surtout à partir d’éléments qui vont vous être utiles par la suite. En effet, le fiche de synthèse est avant tout une introduction au Business plan, plus complet qui va venir ensuite.

Business plan

Même s’il ne s’agit pas là de l’ordre conseillé pour la réalisation de ces documents, je souhaitais vous parler du Business plan dans l’organisation globale, car; plus qu’un document majeur dans votre projet entrepreneurial, celui-ci va vous permettre d’étirer votre projet.

En allant dans les détails, au fur et à mesure, tout en restant sur le même document, vous avancez pas à pas sans vous mettre mettre directement la pression quant à un objectif de résultat. Le plus important n’est pas ici de faire directement un document parfaitement ficelé mais plutôt de vous en servir comme fil rouge dans l’organisation et la planification de votre projet.

Par la suite, une fois mis au propre et organisé votre Business plan va vous servir notamment comme plan de financement – pour des demandes de subventions ou de prêts – , mais également comme plan stratégique – pour des recherches de collaborateurs notamment.

Je vous conseille, une fois de plus, le site BPI France pour la création de votre Business Plan: https://bpifrance-creation.fr/encyclopedie/previsions-financieres-business-plan/business-plan/faire-son-business-plan

Sinon, les organismes de financement, couveuses et autres services d'aide à l'entreprenariat (Pépite France, BGE ADIL...) peuvent également vous fournir des modèles lors de séances d'accompagnements.

Organisation temporelle

Rétroplanning du projet

Le temps, c’est de l’argent. En tout cas c’est ce qu’on dit, moi je crois surtout qu’une perte de temps pas mauvaise organisation, c’est de la perte d’argent … mais surtout d’énergie !

Soyons clairs, votre projet ne va pas se réaliser en un jour. C’est notamment pour cette raison qu’il est important de réussir à prendre de la distance sur ce que nous sommes entrain de faire pour se projeter sur le long terme.

Le long terme ça veut quoi ? Tout dépend du temps que vous avez et du temps que vous vous donnez pour réaliser votre projet. 6 mois, 1 ans, 5 ans, cela dépend de chacun, des moyens engagés (humains, financiers…) et de la situation du marché. Tant de facteurs qui vont déterminer votre temporalité.

Une fois cette temporalité déterminée, vous devez réussir à séquencer dans le temps les taches clés afin d’avancer de façon stratégique. Le plus simple est de vous donner trois grandes phases pour votre rétroplanning:

1er: Construction du projet – nom, solution, concurence … [voir STEP3]- et création de la charte graphique

2ème: Création du statut administratif, recherche de financement et prospection de clients

3ème: Mise en fonctionnement, réalisation des premiers projets et réajustements

Ce n’est là qu’un plan parmi d’autres bien sur. Quoi qu’il en soit c’est de celui-ci que je suis partie pour réaliser mon propre rétroplanning, tout en gardant en tête que celui-ci reste avant tout un fil rouge modifiable au gréé des évènements, changements et réajustement.

Spécifiquement, il s’agit là de réaliser un tableau avec code couleurs (une couleur pour chaque phase), auxquelles vous associez les tâches dans une première colonne. Dans une seconde, vous précisez la séquence par jour, semaine ou mois (ex: SEM1-SEM3) et donc le nombre de jour, semaine pour la tache (ex: 3).

Au fur et à mesure que vous avancez dans le tableau vous avancez dans votre temporalité, ce qui vous permet de connaitre exactement à combien de temps va correspondre votre projet (pour moi, 49 semaines +).

Planning séquentiel

Pour rentrer dans les détails, il vous faut ensuite positionner votre projet dans une stratégie plus spécifique. Ainsi en reprenant les trois phases de votre rétroplanning (ou pas d’ailleurs), vous développez:

  • Par champs d’actions: charte graphique, stratégie, communication, financier, juridique…
  • Par tâche: quel besoins (humains et financier), quelles difficultés ou facilités
  • Par objectif: Business plan, rétroplanning, logo…
  • Par mois ou semaine: les essentiels à effectuer, les points à préciser, ce qui n’a pas été fait
  • Par personne: si vous êtes plusieurs dans l’équipe cela peut vous permettre de diviser le travail au mieux

Ce planning plus spécifique s’adapte à vos besoins, envies … et à votre temps ! Quoi qu’il en soit il doit être simple d’utilisation. Favorisez ainsi les graphiques et titres à la rédaction, tout en y ajoutant des codes couleurs. Je trouve personnellement que la forme du tableau est la mieux pour ce genre d’exercice mais tout dépend de votre fonction de travailler.

Organisation stratégique

Business Modèle CANVAS

Le Business Modèle CANVAS est l’un de ces outils spécifiques d’organisation que j’ai pu découvrir grâce à mon accompagnement avec BGE ADIL. Sous forme d’un tableau [que vous pouvez voir ci-dessous], celui-ci vous permet de mettre en perspective les différents éléments centraux de votre stratégie de marque en création:

  • Partenaires clés
  • Activités clés
  • Ressources clés
  • Offre
  • Relation client
  • Canaux de distribution
  • Segments de clientèle
  • Structures des coûts
  • Sources de revenus

Que ce soit par écrit ou via un outil numérique, ce tableau permet une visualisation claire des éléments stratégiques de votre projet. Il peut être également intéressant de se donner l’objectif de refaire le Business Modèle CANVAS tous les 6 mois ou 1 ans, pour voir les évolutions du projet, et au contraire, les éléments qui restent stables.

Benchmark

Enfin, en bonne communicante que je suis, je ne pouvait finir cet article sur l’organisation sans parler du Benchmark. Parce que partir de ce qui est permet de poser les bases d’un projet: ce que l’on veut, ce que l’on one veut pas, pourquoi…

Concrètement le benchmark c’est une analyse complète de la concurrence. Par une analyse approfondie des performance des produits et services des entreprises et institutions concurrentes, vous êtes ainsi en mesure d’optimiser votre propre service ou produit.

Pour réaliser un benchmark de base, il y a trois séquences clés:

1- La veille concurrentielle: Autrement dit, suivre de près les actualités de la concurrence [Sorties de produits/services, évolutions de direction, campagnes de communication, outils marketings…]

2- L’analyse des modes de gestion et d’organisation: Savoir comment sont organiser les entreprises concurrente en terme de politique de direction, de ressources humaines et de valeurs internes

3- Observation des outils en communication et marketing: Comprendre comment une entreprise communique et vend c’est accéder aux rouages du système [Choix du numérique, les valeurs mises en avant, la charte graphique et sa justification …]

En français, Benchmark signifie étalon ou repère; partir de ce qui est déjà fait va vous permettre de vous positionner en fonction de votre projet, des valeurs que vous souhaitez prôner mais également de votre positionnement entant que dirigeant.e.

La Benchmark, tout comme le Business plan, le Business Modèle CANVAS ou encore le rétroplanning, vous offre un outil d’organisation pratique et évolutif, vous suivant tout au long de votre projet.


Nous arrivons à la fin de ce STEP4, les choses prennent forme, on (s’)organise et se découvre des capacités insoupçonnées de patience, de rédaction ou encore de mise en perspective …

Sur ce, je vous dis à la semaine prochaine pour un nouvel article, on garde le cap,

Ella