SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 21 «Première année entrepreneuriale: Bilan»

Le Grand Saut, une fois réalisé, donne un immense sentiment de liberté

Il y a un an, à quelques jours près, je postulais pour obtenir le statut Etudiant.e entrepreneur.se auprès du Pépite 3EF. Alors, en stage de Master 1 au sein de l’Institution France Education International, j’étais très loin de me douter de l’expérience que je m’apprêtais à vivre. Un an plus tard, alors que la pandémie mondiale s’est éternisée, j’ai réalisé mon année de Master 2, entre l’Espagne et la France, j’ai créé mon auto entreprise, donné des cours en tant qu’intervenante communication, j’ai développé mon blog en postant un article par semaine et réalisé 7 podcasts, malgré la distance. Cette année m’a apprise plus sur moi que les trois dernières années, mais surtout elle m’a montré que Le Grand Saut est le fruit de notre seule volonté.

Nous y sommes ! Le dernier mercredi de juin est arrivé, il est donc temps pour moi de faire le bilan de cette première année entrepreneuriale. Pour cela et afin de coller avec mes deux séries dédiées, je vais tout d’abord vous proposer les Trois leçons que j’ai apprise de mon expérience en tant qu’étudiante entrepreneuse, avant de vous partager ce que les rencontres que j’ai faite pour ma série Le Grand Saut m’ont permis de comprendre.

SERIAL ENTREPRENEUSE

L’entrepreneuriat est un sport d’équipe

Savoir demander de l’aide

Lorsque vient l’idée d’un projet, nous sommes souvent face à nous même. Pourtant, la création d’une entrepris,e ou même d’une association, est quelque chose de tellement complexe, que rapidement, nous ne pouvons gérer seul.e.

Comprendre cela, accepter d’être aidé.e, de demander de l’aide, c’est gagner beaucoup de temps. Parce que souvent il ne nous manque pas grand chose:

  • Des informations / Un support
  • Des contacts
  • Une compétence / un savoir-faire
  • Une formation / un atelier
  • Un financement / un coup de pouce financier

En fonction de la situation, prendre de la distance pour trouver le/a meilleur.e interlocuteur.trice pouvant être en mesure de nous soutenir peut vraiment faire la différence.

De même, au fur et à mesure que le projet se créer, il faut avoir conscience que de nouveaux besoins vont également apparaitre, des besoins matériels, financiers, humains qu’il faut combler, pour ne pas prendre le risque de se retrouver dépasser. Dans ce cas, n’hésitez pas à aller frapper à la bonne porte …

Les organismes publics / programmes de référence

Pour trouver le programme ou l’organisme qui correspond à vos besoins, je vous renvois au STEP2 de la série Serial entrepreneuse, dans lequel je développe les différentes possibilités par secteurs d’activité.

Le réseau Pépite France, ce sont, depuis 2014, 33 Pôles Étudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat (PÉPITE), partout en France. Divisés autour de deux systèmes intrinsèquement liés:

  • Le Statut National Etudiant(e)-Entrepreneur(se)s pour les étudiant.e.s et jeunes diplômé.e.s [une première mondiale]; vous permettant de construire et de développer votre projet en bénéficiant d’un accompagnement quelle que soit la démarche entrepreneuriale (individuelle, collective, à finalité économique et/ou sociale, innovante ou non, technologique ou non, avec création d’activités ou reprise d’entreprise ou autre structure juridique).
  • Le Diplôme National Etudiant(e)-Entrepreneur(se)s pour étudiant(e) et jeunes diplômé(e)s ayant obtenu le Statut National Etudiant(e)-Entrepreneur(neuse)s; permettant de valider votre projet entrepreneurial à la place d’un stage, de conserver vos droits de bourses même en ayant terminé vos études et également d’obtenir un diplôme reconnaissant vos acquis à la suite de votre projet entrepreneurial.

Dans les deux cas, Pépite France, vous propose un double accompagnement grâce à un système de tutorat: interne à votre université référente, avec un représentant du cadre professorale et externe avec un.e professionnel.le (entrepreneur.se ou pas), tout deux vous accompagnant tout au long de votre projet. A cela s’ajoute un large réseau de soutien sur toute la France, des aides au financement affiliées et même des espaces de coworking spécialement dédiés, en fonction des Pépites.

  • Les CCI | CHAMBRES DES COMMERCES ET DE L’INDUSTRIE

L’Etablissement Nationale CCI France, ce n’est pas moins de 126 établissements publics nationaux, régionaux et locaux, divisés sur le territoire français.

Concrètement, il s’agit là du réseau français dédié aux entreprise, de leur création (démarche, statuts, reconnaissance…), à leur fermeture, en passant par leur gestion (aide au financement, accompagnement à l’embauche…). CCI France concerne toutes les formes d’entreprise et d’entreprenariat (indépendant, société, freelance…) et la majorité des domaines d’intervention (Commerce, Industrie, Service, Environnement, Formation, Emploi, Innovation, Communication…).

Les porteur(se)s de projet y sont accueilli.e.s en fonction de leur spécificité (employé.e, chômeur.se, étudiant.e…), formé.e.s, accompagné.e.s… L’encrage régional des CCI leur permet une très bonne connaissance des bassins d’emploi, des besoins spécifiques régionaux et de grands réseaux professionnels en fonction de votre territoire d’implantation. Je note néanmoins, que comme tout organisme public ouvert au plus grand nombre, les places sont chers et l’accompagnement plutôt global, contrairement à un organisme spécifiquement dédié aux étudiant.e.s entrepreneur.se.s et jeunes diplômé.e.s comme vu avec Pépite France.

Pour les étudiant.e.s entrepreneur.se.s, BGE ADIL est affilié depuis cette année au programme Entrepreneurs #Leaders de la Région Ile de France. Un opportunité incroyable qui propose aux moins de 26 ans, aux bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, ASS…) et habitants des quartiers politiques de la ville, trois formats d’accompagnements super complets, GRATUITS:

1- Bâtir mon projet: jusqu’à 12h de conseil dédiées à la création d’entreprise, du Business Plan au modèle de choix de statut juridique, en passant par la recherche de partenaire.

2- Financer mon projet: jusqu’à 50 000 Euros pour structurer financièrement son projet et un accompagnement à la mobilisation de fonds adaptés avec des partenaires de BGE ADIL.

3- Piloter mon entreprise: un accompagnement tout au long des 3 premières années de vie de votre entreprise, pour vous aider à développer votre réseau, construire un pilotage effectif, effectuer des recrutements pertinents…

Assurer une veille s’est être au bon endroit, au bon moment

Etre connecté, à son réseau, à son secteur d’activité

La veille c’est un peu comme la communication, dans notre démarche entrepreneuriale on a toujours tendance à la passer au seconde plan. Pourtant, c’est en étant connecté aux nouveauté que l’on peut en permanence répondre aux attentes et besoins de nos Personas, tout en observant les réactions de la concurrence.

Assurer une veille, cela fonctionne de plusieurs façons:

  • Sur les réseaux sociaux | Personnels et professionnels
  • Via les newsletter | Des entreprises, des organismes, des médias; partenaires et concurrents
  • Via les alertes des outils spécialisés | Définis dans le prochain paragraphes
  • Via les évènements | En ligne et en physique
  • Via les relations interpersonnelles | C’est autour d’un café (ou thé) que les meilleurs projets et partenariats son créés …

Attention, être en veille ne veut pas dire arrêter de vivre pour être à 100% dans son projet, dans son secteur et dans les nouveautés de la concurrence, mais ce la veut dire, se donner du temps pour garder un oeil sur tout ça. Et pour rendre cette démarche la plus simple possible il y a des outils à connaitre …

Les outils de veille pour faire la différence

Pour découvrir les outils et les techniques de veille dans leur globalité et en détails, je vous renvois à mon Instagram @Regardsleblog, j’ai créé une IGTV qui vous donne un apperçu complet des existants dans le domaine.

Tendances évolutives

  • Google Alerts

Tous les jours un rapport des dernier.e.s articles/vidéos/ podcast à partir d’un MOT CLE

  • Newsletter

L’ACTU en bref des journaux, entreprises, bloggeur.se.s,

  • Réseaux sociaux

Lien avec votre secteur d’activité et votre réseau par POSTS

Contenus de curations

Regrouper les flux RSS que vous suivez en une interface graphique

Interface de flux RSS à partager avec votre groupe de travail / vos collègues / vos ami.e.s

Un projet évolue, tout comme son.a porteur.se de projet

La dernière leçon que ces 12 mois d’entrepreneuriat est que l’on ne peut pas tout diriger et que donc, un projet évolue (au moins autant que nous…).

On en revient donc à mes deux mots préférés de cette série, Serial entrepreneuse: Organisation & Improvisation. Parce que oui, les deux vont de pair. L’organisation nous permet ainsi de tout mettre en oeuvre pour nous simplifier la vie; les bons collaborateur.trice.s, les bons outils, les bons financements … [Dans « bons », j’entends, ceux qui nous correspondent le mieux]. L’improvisation, elle, nous met dans un état d’esprit essentiel, celui qui dit, « ça va aller ». Parce que oui, il y a toujours une solution et si cette solution n’est pas en vous, alors c’est que vous devez vous tourner vers quelqu’un d’autre [Retour au premier point].

S’il y a bien quelque chose que cette année (ces années…) de pandémie mondiale nous ont appris, c’est que nous sommes des êtres capable d’adaptation (même lorsque la situation nous oblige à rester enfermé !). Cette capacité est essentielle en entrepreneuriat, parce qu’elle donne les clés face aux aléas d’une vie sans horaires, missions et rémunérations fixes !

LE GRAND SAUT

Avec 14 portraits à son actif, la série Le Grand Saut est devenue le deuxième poumon de Regardsleblog.fr. Au cours de ses rencontres, j’ai pu échanger avec des étudiant.e.s entrepreneur.se.s aux multiples projets, aux multiples parcours. Je vous parle aujourd’hui de ces trois observations que je tire de ces interviews…

A chaque secteur d’activité, ses projets

Tout d’abord, l’entrepreneuriat est possible dans tous les secteurs d’activité.

En santé: Marie-Anne a développé une solutions pour proposer des formations à distance sous la forme de Serious Games.

En Education: Danisha créais une plateforme pour lutter contre le harcèlement scolaire.

Dans la restauration: Thomas a créé une application pour proposer les meilleurs plans de soirée, pour les clients et les professionnel.le.s.

Des exemples, j’en ai 14 différents, tant aucun projets ne se ressemble. C’est ce qu’offre l’entrepreneuriat, une liberté de créer, d’imaginer, de développer des projets là ou on veut, avec qui on veut, quand on veut. Avec des compétences dans le domaine, des contacts, mais surtout de la détermination et de l’organisation l’entrepreneuriat est accessible à tous.tes.

Il n’y a pas de parcours type en entrepreneuriat

C’est la seconde observation que j’ai pu faire de ces 14 interview; il n’y a pas de parcours type en entrepreneuriat.

Ces dernières années, nous avons vu énormément de formations spécialisées se créer; en écoles de commerce, en IAE, en DUT. De l’extérieur, cela donne l’impression que l’entrepreneuriat requiert des compétences spécifiques qui necéssitent une formation particulière, mais ce n’est pas toujours le cas !

Oui ces formations donnent certainement de très bonnes clées, mais elles ne sont pas LA clée pour qu’un projet entrepreneurial fonctionne. Je suis la preuve de cette affirmation. Je n’ai aucune formation spécifique en entrepreneuriat et pourtant… En un an et grâce à l’accompagnement du Pépite et du programme Entrepreneur #LEADER [BGE Adil / Région Ile de France], j’ai créé une auto-entreprise, tout en développant un projet de société en Ingénierie pédagogique inclusive qui a gagné un prix au Concours de pitch du Pépite 3EF !

Les différent.e.s étudiant.e.s entrepreneur.se.s que j’ai pu rencontrer ont également confirmé cette idée:

Pauline & Alicia: étudiantes en école d’ingénieure; sans formation entrepreneuriale.

Stelio: étudiant en préparation mentale, sans formation entrepreneuriale.

Chahrazad: étudiante en Sciences de l’éducation, sans formation entrepreneuriale.

Une fois de plus, je pourrais continuer la liste, l’idée est toujours la même: le meilleur parcours pour vous lancer dans votre projet c’est le votre ! Parce que vous êtes le.a seul.e a avoir ces bagages, ces expériences, vous êtes la meilleure personne pour faire votre Grand Saut !

La plus difficile, c’est de sauter !

Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est Nastasia dans le Portrait n°10 de la série Le Grand Saut

 Qui ne tente rien n’a rien. Tu ne prends pas de risque à ne pas essayer. De même, il faut essayer pour ne pas avoir de regrets. Et surtout, il ne faut pas oublier que l’un n’empêche pas l’autre. Il est ainsi possible de faire un master en imaginant, créant, son projet. D’autant plus que la seule chose que l’on risque de perdre c’est du temps et notre temps n’est-il pas notre plus belle richesse ?

En général, lorsque l’on a un projet en tête on a tendance à le repousser, attendant le bon moment, la bonne idée, les bon.ne.s collaborateur.trice.s … Mais dans cette attente, on ne fait rien.

C’est pourquoi j’ai appelé cette série Le Grand Saut, parce que c’est là que tout se jour. Quand on décide finalement de prendre le risque, d’essayer. Ce sera peut-être le premier essai d’une longue liste, mais au moins, on n’aura pas de regrets !


Nous voilà à la fin de ce STEP21 de la série Serial entrepreneuse, un beau bilan après une année riche en émotions. Je suis heureuse et fière d’avoir réussi à tenir le rythme, d’avoir réussi à vous offrir un article par semaine, entre conseils et portraits, malgré le Master, l’Erasmus, mes projets entrepreneuriaux et mon podcast en parallèle.

Je remercie une nouvelle fois Michaël Randrianifahanana, pour sa bienveillance et ses conseils pendant ces après-midi de correction et de relecture qui ont offert à ce blog, un nouveau Regard. Je vous remercie également pour vos commentaires, encouragements et partages qui ont offert à ce média de nouveaux.lles lecteur.trice.s et une certaine visibilité.

Je vous retrouve en septembre, après un été bien mérité, pleine de nouveaux projets et d’une flopée d’idées, en attendant prenez soin de vous et de vos rêves …

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 16 « Entrepreneuriat en temps de COVID »

C’est dans les crises que naissent les plus beaux projets

C’est avec cette certitude que j’ai créé mon projet, qui est ensuite devenu une entreprise. Une vision optimiste qui cache pourtant une triste réalité; l’économie est au rouge et l’entrepreneuriat reste une porte de sortie comme les autres, incertaine et aux multiples obstacles. Alors que la crise sanitaire n’a pas encore atteinte sa finalité, que le bout du tunnel semble encore s’éloigner, je vais tenter dans cet article de tirer un premier bilan de l’entrepreneuriat en temps de COVID. Un bilan nuancé, parce que j’aime le verre à moitié plein et enthousiaste parce que quoi qu’il arrive, nous sauront tirer le positif de cette crise.

Après tout, ne sommes nous pas la génération [Attentats ? Gilets jaunes ? COVID ? NON.] INVINCIBLE !

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C’est en lisant, le 1er février dernier, le billet d’humeur de Nicolas Vadovato, président d’Entrepreneurs.fr sur LesEchos.fr, que j’ai commencé à sortir la tête de mon ordinateur pour tenter de voir l’impact de cette crise sur ma propre expérience entrepreneurial. Un exercice loin d’être simple parce que c’est connu, lorsque l’on est dans un projet il est difficile de prendre de la distance sur celui-ci. Au contraire, nous avons plutôt tendance à avancer sans reprendre son souffle au grès des imprévus et des remises en questions.

Pourtant, cette crise sanitaire est presque devenu le fil conducteur de mon projet. C’est en effet elle qui a déclanché le système d’Ecole à la maison qui a bouleversé mon secteur d’activité. C’est également elle qui m’a obligé à anticiper ma fin d’étude, ce grand saut dans le vide qui semblait rimer, plus que jamais, avec chômage et déclassement social. C’est encore elle qui m’a offert un billet retour, sans arrêt, vers ma maison familial en cette dernière année d’étude universitaire, loin de mes projections passées. Bref, la COVID est le ciment de ce projet qui guide mon présent et me permet encore d’imaginer un avenir, tout en étant celle qui a rempli ce même présent et ce même futur d’une incertitude, gluante, épaisse et souvent étouffante.

Alors comme le dit si bien Nicolas Vedovato, les entrepreneur.se.s sont-iels les oublié.e.s de la crise sanitaire ou s’agit-il simplement d’un secteur en pleine évolution, comme tant d’autres ? Parce qu’il faut-être conscient.e.s d’une chose, la COVID a poussé autant de gens vers l’entrepreneuriat qu’elle n’en a fait couler. Des profils, par ailleurs, qui sont généralement plus diversifiés que ceux avant la crise: les étudiant.e.s en quête de sens, les jeunes actifs avides de renouveau, les cinquantenaires que la crise a mené vers le chômage …

Alors, COVID: effondrement ou renaissance du monde entrepreneurial ?

La numérisation comme solution ?

Dès le début du premier confinement, le numérique s’est positionné comme solution ultime face à la COVID. Dernier rempart contre l’isolement, premier outil pour la continuité pédagogique et le télétravail, nouvelle grande surface 2.0, ou l’art d’Amazone. Bref, c’est dernière nos écrans que nous avons basculé dans la dimension parallèle COVID.

De ce côté là, les entrepreneur.se.s, comme le reste de la population, ce sont retrouvé.e.s divisé.e.s en deux groupes: Ceux.lles pouvent poursuivre leur activité à distance [Parce que ayant une activité pouvant se gérer en ligne ET étant équipé.e.s pour assurer cette continuité] et ceux.lles ne pouvant poursuivre leur activité à distance [Parce que n’ayant pas une activité pouvant se gérer en ligne ET/OU n’étant pas équipé.e.s pour assurer cette continuité]. Des conditions loin d’être égalitaires donc, alors pourquoi pendant plusieurs mois avons nous fait circuler le mythe du « Tous.tes dans le même bateau, tous.tes égaux face au COVID » ?!

Parce que la réalité au fil des mois de confinement, de déconfinement et de reconfinement partiel a été tout autre. Les innégalités ce sont accentuées pendant cette crise sanitaire: Dans son article datant du 12 octobre 2020, l’Humanité publié ainsi que « Près de 11 % des personnes de 18 à 64 ans occupant un emploi n’ont pas travaillé pendant le confinement. Un taux qui atteint 18 % chez les 18/24 ans. Cette situation est aussi plus fréquente en milieu populaire : elle a touché 14 % des employés non qualifiés, 16 % des ouvriers qualifiés, 17 % des ouvriers non qualifiés, contre seulement 5 % des cadres et professions intellectuelles supérieures. 50 % des cadres ont pratiqué exclusivement le télétravail, contre 1 % seulement du monde ouvrier« . 

Des chiffres parlant nous démontrant à quelle point la crise et sa gestion, à majorité grâce aux outils numériques, ne sait, une fois de plus, pas positionnée sur un axe social, mais bien plus sur un axe économique. Dans ce même sens, nous pouvons relever que les trois métiers ayant poursuivit leur activité même au plus fort de l’épidémie, sont portés à majorité par des femmes, précaires et à la reconnaissance sociale moindre: les caissières, les infirmières et les aides-soignantes.

Parce que ces trois métiers peuvent-être aussi pratiqués en libéral et donc sous un statut d’indépendant [entrepreneuriat], nous sommes en mesure de nous demander si cette crise sanitaire et économique due au COVID-19 se met pas en exergue une fracture sociale, bien plus importante et présente que nous avons bien voulu le voir jusqu’alors …

Shamika Sirimanne, Directrice de la technologie et de la logistique de la CNUCEDLes inégalités dans la préparation au numérique entravent la capacité d’une grande partie du monde à tirer parti des technologies qui nous aident à faire face à la pandémie de coronavirus en restant chez nous.

En quête de sens …

Se retrouver enfermé.e, face à soi-même ou à ces proches a été, pour beaucoup, l’occasion d’une remise en question, aussi douloureuse que nécessaire: Suis-je vraiment heureu.se.x ? Suis-je épanouie dans mon couple, dans mon travail, dans ma ville ? Et si tout s’arrête demain, quels regrets aurais-je ?

Tant de grandes questions qui nous ont obligé à revoir nos priorités, pour favoriser nos envies et nos rêves, parfois, souvent au détriment, de nos raison, qui jusque là était au coeur de nos décisions. Ainsi, d ‘après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, la crise sanitaire a renforcé des aspirations déjà fortes: les français.e.s veulent déveloper une activité respectueuse de l’environnement et tournée vers l’intérêt collectif. L’entrepreneuriat se pose alors pour 43% des personnes intérrogées comme la possibilité de créer leur propre emploi et de s’en sortir par eux/elles-mêmes.

Ainsi, la quête de sens que nous dédions jusqu’alors principalement aux 25/30 ans est entrain de se généraliser. Chacun, pendant cet arrêt forcé du premier confinement a pu prendre le temps de revenir au sens de sa vie, pour le meilleur et pour le pire. Que nous soyons étudiant.e.sn jeune diplômé.e.s, actif.ve.s, en fin de carrière ou retraités, la crise nous a rappelé que tout peut s’arrêter à chaque instant et qu’à force de trop penser à demain, nous en oublions aujourd’hui, là ou pourtant tout se joue. Mais bien plus qu’une simple philosophie du Carpe Diem, il est surtout question d’accepter la fatalité de notre existence pour tenter de s’incrire dans un tout – bien plus grand que nous – avec gratitude et résilience.

Réapprendre l’impuissance.

En débarquant dans nos vies privilégiées [Je considère comme vies privilégiées, celles ayant accès à l’eau potable, à l’électricité, à un toit et à de la nourriture], la COVID nous a rappelé que la puissance des Hommes est limitée par leur propres erreurs. Je ne vais pas ici tenter d’expliquer les origines de la COVID, alors que les scientifiques eux/elles mêmes ne sont pas d’accord sur la question, mais une chose est certaine; COVID, réchauffement climatique et conséquences environnementales sont liés.

Parce que comme le dit si bien Cyriel Zimmermann dans sa chronique sur le Journaldunet.com datant du 24 avril 2020: « Nostra maxima culpa, on ne négocie pas de contrat avec la nature, avec la vie et avec la condition humaine.  C’est sur la base de cette évidence simple que mon esprit d’entrepreneur réfléchit maintenant à mon action dans le monde d’après. Il m’a fallut presque 5 décennies et 5 semaines pour en arriver là. Pour ceux qui restent en bonne santé, cette crise n’est pas du temps perdu. C’est le temps d’avant que nous avons gâché« .  

Ainsi, une fois la vague de panique passée, nous pouvons tenter d’apprendre ce que cette crise dit de nous. Parce que les mois passent, le bout du tunnel semble encore s’éloigner et pourtant, le monde ne s’est pas arrêté de tourner. Bien au contraire, nous continuons à faire des projets, et parmis ces projets l’entrepreneuriat est bien placé. Ainsi, d’après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, 45 % des Français sont tentés par l’entrepreneuriat. De leur côté, près de la moitié des porteurs de projet voient leur motivation renforcée et veulent redoubler d’efforts face à la crise. Aninsi, malgré la chute significative du nombre de création d’entreprises en avril 2020 [-33.5%], en juillet 2020 76% des sondé.e.s considéraient l’entrepreneuriat comme un levier de réalisation personnelle.

Autrement dit, une fois la panique passée, nous sommes capables de nous réadapter pour avancer, malgré l’incertitude et l’impuissance face à cette situation. Comme quoi, c’est dans les crises que nous prennons le plus conscience de nos capacités …

Une prise de risque valorisée ?

Nous le savons sur ce blog, se lancer dans l’entrepreneuriat c’est faire Le Grand Saut. C’est risqué, grisant, fou et gratifiant, mais jusqu’alors, la France était loin d’une culture de la prise de risque. Au contraire, nous étions plus dans une culture des études, des diplômes, du CDI et de la protection sociale, autrement dit, d’une culture de la sécurité. Mais les choses changent. Le Prêt garanti par l’État (PGE), le Le statut national étudiant-entrepreneur, la Prime d’activité, tant de nouveaux dispositifs d’Etat, qui démontrent une évolution des mentalités favorisant l’entrepreneuriat et une certaine libéralisation de l’économie (protégée malgré tout).

Ainsi, aujourd’hui en France, la prise de risque entrepreneurial se démocratise et une expérience de ce type dans un CV, réussite ou échec, commence à être valoriée. Doucement mais surement, les recruteur.se.s reconnaissent les savoirs et savoirs-faires déployés dans une telle entreprise (c’est le cas de le dire), tout en valorisant la prise de risque, quelque soit l’âge. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si les deux populations les plus aidées et accompagnées vers un parcours entrepreneurial sont les étudiant.e.s et les chômeur.se.s. Parce que créer son entreprise c’est favoriser l’économie et éviter le chômage de longue duré, bref, tout le monde est gagnant.e !

Bien sur, comme toujours, cette enthousiasme est à nuancer [Nous ne sommes pas français.e.s pour rien voyez-vous…]. Une fois de plus, nous ne sont pas tous.tes égaux face à l’expérience entrepreneuriale. Parce que pour lancer une entreprise il faut de l’argent, pour avoir de l’argent il faut avoir des garants et une banque / une association qui nous soutient et que ce n’est pas le cas de tout le monde. Parce que créer une entreprise c’est justifier de sa rentabilité, de sa durabilité, de sa légitimité et que tout cela n’est pas inné (ça part en rimes).

C’est alors que l’Union fait la force. Au sein des Pépites pour les étudiant.e.s-entrepreneu.se.s, des incubateurs, des pépinières, des syndicats pour tous les autres nous ne sommes pas seul.e dans les grandes victoires et les petites galères. Un accompagnement nécessaire, surtout lorsque l’on connait les démarches administratives, financières, techniques nécessaires à la création d’une entreprise, loin, très loin, d’une promenade de santé …

Entre mythe et réalité …

Pour conclure, je dirais que cette crise par son caractère généralisé et violent a fragilisé nos certitudes et remis en question notre modèle, économique, social, humain. Mais cette crise nous a également obligé à nous arrêter, un luxe oublié dans nos société de la vitesse et de la réussite, tout en nous rappelant nos place dans un monde et dans une nature bien plus grande et forte que nous.

A force de vivre chacun.e nos vies à deux cent à l’heure, nous avions oublié que rien n’était acquis et nous n’étions pas seul.e.s. Ainsi, en un an de crise saniatire il nous a paru évident que les écrans ne remplaceront pas les contacts humains, que travailler sans sens c’est perdre son temps, que la familles et les ami.e.s sont les ciments de nos vies.

Du mythe à la réalité c’est également le cas pour l’entrepreneuriat. Je me suis lancée dans cette folle aventure depuis 9 mois maintenant, en parallèle de mes études, et malgré toute la motivation du monde et une organisation programmée, tout ne sait pas passé comme prévu. L’entrepreneuriat c’est créer, développement, adapter un projet qui vous tient à coeur, mais c’est également apprendre à accepter les critiques, accepter les contre-temps et ne rien lâcher, quoi qu’il en coûte.

Le prix de sa liberté professionnelle est bien plus élevé qu’on ne le pense …

Alors COVID ou pas, crise économique ou pas, entreprendre c’est apprendre. Sur soi, sur les autres, sur soi par rapport aux autres, et sur les autres par rapport à soi. Nous sommes capables de tout, mais pour cela il faut accepter que nous ne sommes pas grand chose. Juste une pièce dans la machine, une pièce qui ne peut fonctionner seule. Ainsi, si vous attendez d’être parfait.e pour vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous ne vous lancerez jamais. Parce que l’on ne peut pas être comptable, communicant.e, informaticien.ne, développeur.se et plus encore ne même temps, pourtant il faut toutes ses capacités pour créer une entreprise. Alors entourez-vous, demandez de l’aide et aidez les autres, parce que si la crise du COVID nous a bien appris quelque chose, c’est que tout seul on se retrouve rapidement limité.e …


Il fallait cet article pour me permettre de prendre de la distance sur ma propre expérience, mais également pour vous inviter à faire de même. J’en suis très fière. Parce que ce genre d’article demande du temps, des recherches, de la mise en forme et un ton adapté. Parce qu’il a donc fallu que je prenne mon temps, quitte à publier avec un jour de retard, mais après tout, donner des conseils c’est bien, les appliquer c’est mieux … Plus que jamais, je compte sur vous pour commenter, partager et aimer cet article, pour croiser le plus de Regards possibles avec le mien sur ce sujet qui nous concerne tous.tes.

Prenez soin de vous, comme toujours, n’ayez pas peur de la prise de risque, pour toujours …

Ella