Le grand saut – Indira Sebas

Portrait n°3


De retour pour un troisième portrait de la série Le grand saut, je suis très heureuse de vous présenter aujourd’hui Indira. Serial entrepreneuse, citoyenne du monde, Indira fait partie e ces entrepreneur.se.s qui inspirent par leur dynamisme et leur organisation sans failles. Indira nous embarque aujourd’hui dans un nouveau secteur d’activité en pleine essort, celui des cosmétiques bios et naturelles, pour prendre soin de soi en prenant soin de la planète. Un programme enthousiasmant à souhait ! Bonne lecture et bonne inspiration …

Indira

Comme vous le savez, ce blog c’est un peu mon journal de bord. Il me suit dans mes péripéties, dans mes évolutions et mes remises en question. Ici, pas question d’égo mais de passion, pas question de colère, même face à la critique. Ainsi aujourd’hui, le blog évolue une fois de plus avec moi avec un changement et pas des moindres: l’équipe de Regardsleblog.fr s’agrandit ! Michaël, oui oui mon portrait de la semaine dernière, sera ainsi le premier Regard sur ma plume à partir d’aujourd’hui en tant que relecteur et correcteur. Une mission au sommet que je suis très heureuse de lui confier, on lui souhaite bon courage …

Qui es-tu ?

Indira a 25 ans, originaire de la Guadeloupe, elle se considère comme citoyenne du monde car a grandi en Guyane jusqu’à ses 11ans, avant de poursuivre sa scolarité à Madagascar au gré des changements de poste de sa maman. En terminale elle poursuit sa scolarité en Belgique avant de faire le choix de la France pour ses études universitaires. En suivant ce chemin aux quatre coins du monde, Indira a ainsi brassé différentes cultures qui l’ont autant inspirée qu’émerveillée. Se considérant comme « multi passionnée », Indira a beaucoup de passions ; du self-care à la nourriture, en passant par les produits naturels, mais également le voyage.

Quel est ton parcours ?

Indira a fait plusieurs lycées français et a poursuivi en rentrant à Paris pour se focaliser sur le secteur du luxe et de la mode. Après plusieurs expériences dans la haute couture, chez JP Gaultier notamment, elle se tourne finalement vers les marques plus terre à terre, proches des consommateurs lambdas, grâce à une belle expérience chez Vente privée (aujourd’hui Veepee). Par la suite, Indira s’est intéressée à l’origine des matières dans la mode, notamment via une expérience en bureau d’agent textile – intermédiaire entre les maisons de mode françaises et les usines en Asie – . Elle prend alors conscience de la pollution énorme du secteur de la mode et de la sur-création de vêtements. C’est cette prise de conscience qui fait germer en elle l’idée de se focaliser sur le RSE dans la mode, mais malgré plusieurs mois de recherche, elle ne trouve pas d’alternance. Finalement, Indira trouve un contrat chez Orange dans la lutte contre la corruption. Assoiffée par sa quête de sens, elle prend alors un autre tournant, la rapprochant du continent africain si cher à son cœur. Aujourd’hui Indira travaille toujours chez Orange, dans cette même branche au sein de laquelle elle a tant appris, depuis un an et demi.

En regardant en arrière, Indira se rend compte que la quête de sens a toujours guidé son parcours. De la mode de luxe dans laquelle elle ne trouvait pas de sens, elle s’est dirigée vers la mode au plus près des gens avant de prendre conscience de la pollution très importante, pour arriver finalement sur la RSE et la lutte contre la corruption. Grâce à son fort intérêt sur ces thématiques, elle a validé son master avec son mémoire : « Comment lutter efficacement contre la corruption en Afrique ? », un sujet complexe, à la hauteur de ses ambitions.

Indira est actuellement à 80% chez Orange pour se dédiéer à son projet le reste du temps, elle tente ainsi de garder un équilibre entre passions et vie professionnelle.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Petite, Indira voyait l’entreprenariat comme une source de grande instabilité. Il faut savoir qu’elle connait les deux côtés du système professionnel, puisque sa mère carriériste a réalisé toute sa vie professionnelle sur un modèle de développement « classique », là où son père, entrepreneur, s’est lancé dans le pari de l’entreprenariat tôt. A Madagascar, Indira avait beaucoup de parents d’ami.e.s qui avaient un projet entrepreneuriale à côté du lycée ; : restaurant, hôtel… En les observant, Indira voit alors avant tout l’entreprenariat comme un moyen de s’accomplir économiquement. En creusant, c’est ensuite grâce à YouTube qu’elle découvre des parcours lui démontrant que l’entreprenariat est également un moyen de s’épanouir personnellement (Marie Forleo, américaine, est notamment une de ses premières inspirations).

Ton Grand Saut

L’entreprenariat est dans l’ADN d’Indira ; à 19 ans seulement elle créée un compte fitness, suivi dans sa finalité par des milliers de personnes, qu’elle va finalement abandonner par manque de temps. Ensuite, elle commence un business de bijoux, en rachetant des stocks asiatiques qu’elle revend : ce projet dure 3 mois.

C’est finalement le confinement qui a déclenché son grand saut ; Indira prend plus de temps que d’habitude pour prendre soin d’elle et notamment de ses cheveux. Plusieurs années auparavant elle avait pris connaissance de l’existence du statut SNEE (Statut National Etudiant-Entrepreneur) de Pépite France, qui lui revient en tête. L’idée de se lancer mûrit alors en quelques semaines, celle de produits pour cheveux, bios, naturelles et accessibles, il ne reste plus qu’à franchir le cap, ce qu’Indira fait quelques semaines plus tard. Une expérience qui nous rappelle que suivre son instinct est la clé à la plupart des grands sauts, le cœur plutôt que la raison ?

Evolution de ton projet

Au moment de déposer sa demande de statut auprès de Pépite France, l’idée d’Indira est plutôt large : développer une marque de produits capillaires à destination des femmes, bios et naturels mais uniquement sous forme de produits solides.

En se renseignant et en réalisant son benchmark (questionnaire, interviews…), Indira prend ensuite conscience que la France – et l’Europe en général – n’est pas prête à accueillir une marque cosmétique tout solide, notamment par rapport à leurs habitudes de consommation. Elle décide alors d’élargir sa marque avec des produits liquides. Urbène prend alors doucement forme. En continuant son analyse du secteur, Indira prend conscience d’un besoin tourné vers les femmes vivant dans les grandes villes ; obligées de faire face aux problématiques liées à la pollution urbaine [Présence élevée de calcaire, pollution de l’air, températures changeantes…]. En renforçant les actifs de ses produits, Indira se spécialise alors doucement vers ce terrain spécifique pour répondre à ces besoins.

La partie financière, notamment au niveau des prévisionnels a été le premier obstacle d’Indira. Comme la plupart des étudiant.e.s-entrepreneur.se.s, elle n’avait en effet jamais été confrontée à ce type de problématiques et d’exercices lors de son parcours universitaire, c’est donc un nouveau monde qu’elle a dû découvrir et de nouveaux outils à manier. La sélection du laboratoire a aussi été au cœur de ses problématiques, l’équilibre du qualité-prix de ses produits en dépendait et Indira savait que ce choix était essentiel pour la bonne continuité de sa démarche. En effet, il faut compter un an pour la concrétisation des produits. Indira n’a pas senti un manque de légitimité, notamment grâce à son premier Master en achat et logistique, qui lui a permis d’anticiper la démarche de contact fournisseurs. De plus, son expérience chez Vente-Privée en entreprenariat, multitâches (achat, négociation des prix, créatif…) lui a donné de nombreuses clés pour mener à bien son projet.

Ton accompagnement

Indira est très reconnaissante du SNEE Statut National d’Etudiant Entrepreneur – qui lui a donné le courage de se lancer, il lui apporte également un suivi et des conseils très précieux tout au long des différents jalons clés de son projet. Nicole pour le côté global et Anne Moreau pour le côté RSE, mais également une professeur de chimie, dont elle a eu le contact grâce au SNEE, et avec laquelle elle a mis en place un projet en partenariat avec des étudiant.e.s Bac+2 pour la création de sa première gamme de shampoing.

Ce sont les rencontres et les ateliers physiques qui manquent énormément à Indira aujourd’hui. Elle prône également un développement des liens avec des ancien.ne.s étudiant.e.s-entrepreneur.se.s étant passé.e.s par les Pépites pour un retour d’expériences et des conseils pratiques en toute fraternité.

Indira est dans le programme Good Beauty avec la Fabrique 621, en parallèle de l’accompagnement du SNEE. Celui-ci accompagne les porteurs de projet dans la cosmétique, du choix des matériaux au développement du produit et jusqu’à sa commercialisation. L’objectif final du programme est un concours ouvert aux participant.e.s leur offrant le coût de formulation d’un produit. C’est un laboratoire spécialisé qui gère et organise ce programme.

Ta perspective d’évolution

A la fin de l’année 2021, Indira souhaite sortir sa première gamme, composée de trois premiers produits. En 2022, elle souhaite poursuivre son développement avec la sortie de nouveaux produits, notamment des produits pour la peau, tout en ouvrant les ventes à l’international ; Indira a déjà anticipé ce développement à venir en échangeant avec son laboratoire afin que celui-ci gère les mises à jour produits en termes de normes américaines et chinoises, en plus de celles européennes. En fonction de l’évolution du groupe, Indira souhaite embaucher, sur le long terme.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

Tu n’as rien à perdre à te lancer. Il vaut mieux se dire que l’on a essayé plutôt que d’être dans le regret toute la vie. Une collègue lui a dit, « Jeune, je voulais créer une marque de mode mais j’ai voulu attendre d’avoir une carrière et des économies et finalement je regrette aujourd’hui de ne jamais m’être lancé » ; Autrement dit, demain se construit maintenant.

Nous arrivons à la fin de ce Portrait n°3 de la série Le Grand Saut. Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Indira pour avoir pris le temps de partager son parcours et son projet avec nous. Je suis fière de la tournure super dynamique que prend ce projet et de vos retours enthousiasmés et enthousiasmants !

On se retrouve la semaine pour un nouveau portrait, toujours aussi inspirant et riche en péripéties … Bonne semaine à vous et on ne lâche rien – quelles que soient les annonces de samedi !

Ella

Voyage – Chili part7

La région des lacs (Puerto Varas – Osorno)

Je vous reviens aujourd’hui avec 5 jours de retard et pour cause, pour ce long week-end de mai je suis partie à la découverte de la région des lacs au sud du Chili. Entre volcans, lacs et océan une aventure express riche en émotions et en découvertes.

Tout d’abord en matière de géographie, la région des lacs chilienne se situe à 12h de bus de Santiago et est la dernière région avant la Patagonie. Comportant deux grandes villes principale que sont Valdivia et Puerto Montt, la région des lacs est la porte directe vers l’île de Chiloé.

Question pratique, plusieurs compagnies de bus proposent des trajets directes vers Puerto Montt et même vers Puerto Varas. A 15min de Puerto Montt, sa petite sœur Puerto Varas, est située juste en bord du lac Llanquihue (plus grand lac du Chili) et face au Volcan Osorno. Un petit trésor en plein cœur de la nature sauvage ou tout se fait à pied, mon coup de cœur pour ce périple.

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Pour en revenir au trajet en bus, vous pouvez ainsi vous rendre directement à Puerto Varas/ Montt en bus de nuit (comptez entre 12 et 14h) pour seulement 30 000 pesos A/R, une affaire! D’autant plus que les bus chiliens sont réellement incroyables et très confortables, des couvertures et coussins vous sont ainsi distribués ainsi que des encas en fonction des compagnies.

Sur place (à Puerto Varas pour mon cas), plusieurs auberges de jeunesse (appelées HOSTEL au Chili) proposent des prix très attractifs (10 000 pesos la nuit/personne) pour un service de qualité. C’est aussi pour vous l’occasion de faire la rencontre de voyageurs du monde entier et de chiliens toujours plus accueillants et serviables. Coup de cœur pour l’auberge Ruca, tenue par Jorge, le premier chilien à avoir voyagé dans l’espace (et oui!), très chaleureuse et conviviale, parfaite pour découvrir la région.

 

Dans les alentours les activités ne manquent pas, à commencer par l’ascension du volcan Osorno situé en plein cœur du parc Vicente Perez Rosales (plus vieux parc du Chili) face au lac Todos los Santos. Différents trekkings plus ou moins long vous sont aussi proposés dans le parc. Rendez-vous directement dans la petite cabane du garde forestier située juste à l’entrée du parc (sous les arbres), il saura vous renseigner. Il faut dans tout les cas savoir que l’entrée dans le parc est gratuite mais qu’il faut obligatoirement passer par le garde forestier pour donner vos noms, n° de RUT ou passeport, ainsi que votre numéro de téléphone, il en profitera pour vous présenter les règles de sécurité et de protection des espaces. Quand je vous dis qu’au Chili on ne rigole pas avec les espaces protégés (à mon grand bonheur d’ailleurs).

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Sur le retour vers Puerto Varas (un bus directe vous emmène du centre ville au parc, comptez 2 000 pesos par personne et 40min de trajet, demandez la destination Petrohué), n’oubliez pas de vous arrêter aux très fameuses Saltos de Petrohué. Ces cascades, considérées comme un des lieux incontournables du pays, sont à couper le souffle. Situées en contrebas du parc, elles ont une vue directe sur le volcan Osorno, sans parler de la couleur de l’eau aux multiples reflets… Comptez 2 000 pesos l’entrée pour les étudiants (n’hésitez pas à demande le tarif préférentiel qui ne vous est pas donné automatiquement…) et 6 000 pesos pour les visiteurs étrangers.

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Voilà pour ce que je pouvais vous dire sur cette région incroyable composée de milles paysages & couleurs. Je vous retrouve vendredi pour vous compter la suite de mes mésaventures sur l’île de Chiloé.

Ella