Le grand saut – Thomas Bénéteau

PORTRAIT N°7


Après plusieurs semaines d’absence, ce mercredi marque le retour de la série Le Grand Saut sur Regardsleblog.fr ! Pendant les prochaines semaines, chaque mercredi vous allez ainsi pouvoir découvrir des parcours et des projets de jeunes étudiant.e.s-entrepreneur.se.s inspirant.e.s et inspiré.e.s.

Nous commençons aujourd’hui avec Thomas Bénéteau, co-fondateur de SpotiD, votre nouvelle APP préférée de bons plans pour vos soirées dans les bars parisiens. Thomas revient avec moi sur son parcours, de comédien à entrepreneur, au gré des opportunités et du courant. Thomas a su faire des choix au bon moment, avec les bonnes personnes, quitte à devoir reprendre ses études pour avoir les clés et réussir son projet. Des choix qui nous poussent à réfléchir à l’importance de la théorie dans le monde très pratico-pratique de l’entrepreneuriat.

Thomas

Regardsleblog.fr continue son bout de chemin au gré des rencontres et des lignes rédigées. Restez connecté.e.s car les prochaines semaines, les prochains mois vont être riches, en sujets passionnants et en parcours inspirants … 

Qui es-tu ?

Thomas, est un passionné de théâtre, cinéphile, il est également féru d’histoire. Sinon, Thomas sort beaucoup, ce qui explique sans doute son projet … Mais au-delà des sorties nocturnes, Thomas aime également les activités culturelles, des musées aux expositions mais également les activités sportives.

Quel est ton parcours ?

Thomas a été comédien pendant 10 ans, la culture, il l’a donc dans la peau.

Côté scolaire, Thomas a un bac S, qu’il a enchainé  avec une école d’ingénieurs. La voie semblait donc toute tracée, mais comme c’est souvent le cas avec les (futur.e.s) entrepreneur.se.s, Thomas a finalement décidé un virage à 360° vers … une licence de Psychologie.

Après celle-ci, souhaitant toujours poursuivre ses études, Thomas se tourne vers un Master d’ergonomie et ingénierie facteurs humains. C’est à la suite de celui-ci qu’il découvre le D2E qui lui met un premier pas dans l’entrepreneuriat. Un choix loin d’être anodin, vous allez le voir, puisque guidé par une rencontre et une opportunité, qui va faire toute la différence …

Après avoir terminé son D2E, Thomas ressent un manque de connaissances théoriques, nécessaire d’après lui à son épanouissement entant qu’entrepreneur, il fait alors le choix de reprendre le chemin de la fac à travers un second Master, spécialisé en entrepreneuriat cette fois [voir partie Ton accompagnement]. 

Ton Regard sur l’entreprenariat

Thomas a toujours pensé à l’entrepreneuriat. Il voyait ainsi cette voie comme le bon moyen pour réussir « de ses propres mains », de lui-même. L’entrepreneuriat semblait correspondre à son côté touche-à-tout.

C’était donc une vision assez fantasmée qui l’a poussé à entreprendre et s’est finalement en rencontrant Faed, le co-fondateur de SpotiD, qu’une opportunité s’est présentée à lui.

L’entrepreneuriat lui semblait simple et fluide et c’est finalement le temps nécessaire et laborieux en termes d’administration qui lui a fait prendre conscience de l’ampleur de la tâche.  Néanmoins, rien ne vaut, pour Thomas, le côté stimulant et passionnant qui lui ont plu dans ce milieu et qui font qu’il s’y épanouit aujourd’hui. 

Ton Grand Saut

En se lançant avec Faed dans le projet SpotiD, celui-ci lui présente le D2E lui permettant d’avoir accès à des formations spécifiques sur l’entrepreneuriat. SpotiD à l’époque était une simple carte étudiante universelle, loin du projet d’envergure que représente l’APP aujourd’hui.

C’est en effet en rentrant dans le projet, que Thomas pense à faire évoluer SpotiD vers une APP pour répondre à une des préoccupations majeure des étudiant.e.s : trouver des lieux de sorties (bars) et gagner des bonus, pour pouvoir s’amuser à moindre coût ! [Est-ce utile de le préciser ? Nous sommes, à ce moment là, dans un monde maintenant ancien, où la COVID ne ramenait pas les étudiant.e.s à de simples machines asociales devant leurs ordinateurs H24…].

Evolution de ton projet

Aujourd’hui, SpotiD est donc une application sous forme d’un outil marketing pour les bars parisiens. Chaque consommation permet à l’utilisateur.trice de gagner des points pour accéder en fin de mois à des soirées privées (anniversaires, apéros animés …) , organisées par l’équipe de SpotiD.

Quatre personnes sont aujourd’hui sur le projet : Faed, pour les aspects commerciaux et financiers Thomas, en marketing et communication, ainsi que deux développeurs. L’équipe a beaucoup évolué depuis le début du projet. En effet, l’aventure a commencé avec Faed, un développeur ainsi qu’une autre personne, deux personnes sont parties entre temps et deux nouvelles sont arrivées (dont Thomas). Ces changements sont la preuve qu’un projet peut se maintenir malgré les changements et les accidents de vies …

Pour Thomas, rassembler des compétences multiples est le point très positif d’un projet plusieurs. A l’inverse, la prise de décision est vraiment le point le plus difficile, au même titre que la dépendance des uns envers les autres. Se mettre d’accord sur un logo, un programme d’événement, ce n’est pas la même chose à deux ou à quatre … L’organisation, surtout lorsque certains ont des jobs en plus ou encore des études, est un point difficile également, une difficulté d’autant plus ressentie au moment de programmer des réunions d’équipe ! Maintenant, Thomas relève la créativité, quatre fois plus importante dans l’équipe, ce qui apporte donc beaucoup d’idées et de dynamisme.

Le respect des Deadlines a été une difficulté centrale pour l’équipe tout au long du projet et jusqu’à aujourd’hui, notamment à cause des compétences différenciées ; ainsi, une tâche à effectuer semble simple pour quelqu’un qui n’a pas les compétences associées. Une problématique que je connais bien en tant qu’auto-entrepreneuse dans la communication, parce qu’après tout, designer un logo et créer une charte graphique c’est hyper simple et rapide, non ?  [Non !].

Lorsqu’il échange avec des personnes de sa tranche d’âge, le projet et son parcours sont très bien accueillis, que ce soit dans son parcours ou en dehors. En revanche, lorsqu’il échange avec des personnes plus âgées, Thomas ressent un certain scepticisme, qui a un impact énorme sur son démarchage. Il y a un manque de reconnaissance du temps et de l’envie investie, au profit d’une mise en avant de son manque d’expérience et de son « immaturité professionnelle ». Au niveau des potentiels partenaires de bar, c’est surtout lorsqu’il y a les questions financières qui rentrent en compte que certains doutes apparaissent : Le projet est-il viable ? L’équipe est-elle suffisamment stable ? Le projet a-t-il été réfléchi sur le long terme ? Des doutes une fois de plus exacerbés lorsque les patron.ne.s sont plus âgé.e.s

Ton accompagnement

Le statut a apporté à Thomas l’accès à des formations, à des webinars, un apport nécessaire, pour lui qui n’avait aucune connaissance dans le domaine. Un premier pied à l’étrier qui a fait la différence, tout en lui permettant de conserver son statut étudiant.

Le networking, les rencontres donc avec d’autres entrepreneur.se.s, lui ont permis de débuter son réseautage, des formidables moments rythmés par des partages d’expériences et de connaissances passionnants et nécessaires.

Thomas ajouterait malgré tout à l’accompagnement EE, des cours intensifs de 4 jours / 1 semaine pour, par exemple, monter un business plan, élaborer une stratégie marketing ou créer une charte graphique / logo. En petit groupe, cela permettrait à l’animateur.trice.s de faire du cas par cas et aux étudiant.e.s d’avancer concrètement sur leurs projets. 

Avec le statut, Thomas apprenait des choses mais il avait l’impression que ça restait dans les généralités sans rentrer directement dans son projet, dans sa cible. C’est pourquoi il a décidé de finalement reprendre ses études après sa première année de D2E, avec le Master Innovations et Créations d’entreprises (M2I) de l’UPEC. 

Celui-ci lui permet d’avancer jour après jour sur son projet concrètement à travers les cours, pratiques et théoriques, qui lui sont apportés. De plus, des tips lui sont transmis, concrets, au plus près de sa réalité professionnelle, par des personnes du milieu, vivant eux.elles-mêmes cette réalité tous les jours. Ainsi, le Master lui offre un effet calque, apport/mise en pratique dans son projet, au-delà des « cas pratiques » présentés dans les webinars Pépite.

Ta perspective d’évolution

Les étapes à venir pour Thomas et ses collaborateur concernent la phase de test de l’APP grâce à leurs Bétas testeur.trice.s [Sujet du STEP 18 «PHASES TEST»] dès la réouverture des bars. En parallèle, ils souhaiteraient lancer des campagnes marketings pour toucher leur cible au plus près. Plusieurs idées de nouvelles fonctionnalités sont en projets et seront sans doute ajoutées si l’APP fonctionne, dans les mois suivants le lancement du projet. Au niveau du système d’affiliation des bars, pour l’instant SpotiD passe par un code d’accès individuel, pour rentrer les nouvelles consommations, permettant d’accumuler des points, mais le but dans l’avenir est d’affilier les bars partenaires à des codes QR.

Et toi, qu’attends-tu pour te lancer ?

Organise ton emploi du temps, schématise tout ça, même tes moments de pauses et parles-en le plus possible pour tâter la réaction des autres sur ton ou tes projets. Pause-toi pour observer ce que tu aimes, comme tâche à effectuer, dans un premier temps pour ensuite chercher d’autres personnes pour effectuer les tâches que tu aimes le moins.
 
Si tu aimes réussir par toi-même et être indépendant dans ton travail, l’entrepreneuriat est fait pour toi !
Vous pouvez Thomas sur Instagram @asotrope & SpotiD sur Facebook et Instagram également @spotid.app 

Nous voilà à la fin d’un nouveau portrait au cœur d’un secteur passionnant et vivant à travers le projet SpotiD, malgré le standby global dont il souffre depuis plusieurs mois. Je trouve le parcours de Thomas et son projet très intéressant car inscrit dans une démarche continue de recherche de savoirs et de nouvelles compétences pour les mettre en pratique. Je remercie chaleureusement Thomas pour m’avoir consacré un peu de son temps !

Comme toujours, n’oubliez pas d’aimer, commenter et partager cet article et les posts associés sur LinkedIn et Instagram.

Je vous dis à la semaine prochaine pour un nouveau portrait, toujours dans le secteur des sorties et de la fête, en attendant de pouvoir enfin y retourner, en vrai … Belle semaine !

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 18 «Phases test»

Il est temps de confronter votre projet à votre secteur d’activité

Une fois votre projet, mis en forme, adapté, présenté, après des mois, des années de doutes et de remises en question, la seule façon de lui donner vie, est de le tester. En gardant en tête qu’un projet parfait est un projet déjà oublié, il ne faut pas avoir peur de se lancer même en ayant l’impression de n’être qu’à l’état de travaux, bien au contraire. C’est sur votre terrain de prédilection, auprès de votre public cible que votre projet va se réveler dans sa forme la plus aboutit. Mais comment tester son projet ? A distance ou sur le terrain, plusieurs outils existent; tour d’horizon …

Afin de vous proposer une palette d’outils pouvant s’adapter autant à des projets de services qu’à des projets de vente de produits et pouvant être mis à place aussi à bien distance [En cas de crise sanitaire mondiale par exemple…], que sur le terrain directement, j’ai divisé cet article en deux temps:

  • Tests à distance: Pouvant être réalisés via les réseaux sociaux ou par mails, pour les questionnaires, ou encore, grâce aux plateformes de réunions en ligne pour les entretiens individuels et groupes focalisés.
  • Tests sur le terrain: Pour les bétats-testeur.se.s je me tourne particulièrement vers les entreprises développant des produits, au contraire, les partenaires tests concernent principalement les entreprises de services, afin de leur permettre de trouver des institutions au sein desquelles tester leur offre de services. Il en va de même pour les déroulés en temps réel, permettant aux entreprises de service d’améliorer leur organisation et leurs limites d’offres et forfaits en fonction des besoins réels sur le terrain.

Mais dans ces Phase tests c’est également la question des coûts qui préoccupent les jeunes entrepreneur.se.s. Jusqu’ou les bétas-testeur.se.s le restent-iels ? Quelle est la limite d’une offre teste gratuite ? Jusqu’à quand une période de test est-elle rentable ? Nous répondrons à ces questions dans un dernier encart dédié à la fin de l’article …

Tests à distance

Avec la crise sanitaire, nous avons du réapprendre à travailler à distance et surtout, adapter les étapes clées de la création d’entreprise afin de pouvoir poursuivre nos projets, coûte que coûte. Il en va de même pour ces Phases test, nécessaires à la réussite de nos projets, c’est pourquoi je vous propose aujourd’hui trois outils, inspirés des techniques marketings et de recherches universitaires [SWOT, Echantillonage, Etudes qualitatives et quantitatives …].

Questionnaires

Dans l’entrepreneuriat nous avons tendance à projeter les questionnaires avant tout comme un outil à utiliser à la fin d’un projet afin de relever la satisfation client. Pourtant, en amont de notre projet, les questionnaires peuvent-être un très bon moyen de tester votre idée, votre démarche, vos valeurs auprès de votre public cible.

Ainsi, en passant par les outils de communication numériques spécialisés, vous avez accès à votre public cible, voici quelques idées de relais à ne pas négliger:

  • Les groupes Facebook spécialisés: école inclusive, peaux fragiles mode d’emploi, les paumé.e.s …
  • Les relais Discord: en passant notamment par les associations et syndicats de votre secteur
  • Les groupes d’anciens étudiant.e.s universitaires: souvent aux secteurs professionnels très larges, ces groupes peuvent-être un bon moyen de reprendre contact avec des personnes croisées pendant vos études et ayant toute leur place dans votre réseau !
  • Votre réseau LinkedIn: un réseau LinkedIn se travaille avec cohérence, entre les sujets qui vous passionnent, votre secteur d’activité et les compétences que vous recherchez chez d’autres, un bon moyen de relier votre questionnaire par la suite
  • Les blog et forums spécialisés: souvent considérés comme has-been ceux-ci continuent pourtant d’être très actifs dans certains domaines et sont un bon moyen de cibler votre public cible directement, comme pour les groupes spécialisés.

Une fois votre relais sélectionné, vous devez créer un questionnaire cohérent, vous permettant de trier les réponses reçues en fonction des publics pertinents, tout en réussisant à poser les bonnes questions pour aller à l’essentiel et faire avancer votre projet.

Il faut s'avoir que LA longueur optimale d’un questionnaire est entre 5 et 10 minutes, 
soit 15 à 20 questions environ

Entretiens individuels

Dans un type d’outil plus spécifique, les entretiens individuels vous permettent de creuser les attentes, besoins et envies de votre persona à travers un échange personnel encadré. En recherche universitaire nous parlons d’entretiens semi-directifs, dans l’idée de garder la main sur l’entretien grâce à un fil de questions, tout en restant flexible sur l’évolution de l’entretien en fonction des informations données par la personne interviewée et des digressions pouvant-être intéressantes.

Ces entretiens sont l’occasion de démultiplier les points de vue pour croiser vos personas:

  • Parties prenantes: Celles-ci sont votre interlocuteur.trice.s privililégié.e.s en terme de contrats administratifs, de lien, direct ou indirect, avec vos utilisateur.trice.s. Réaliser des entretiens avec ce type d’acteur.trice.s peut vous permettre de mieux comprendre le fonctionnement global de votre secteur d’activité, tout en confrontant vos projections organisationnelles avec la réalité du terrain.
  • Utilisateur.trice.s: Vos utilisateur.trice.s sont au coeur de votre Persona et donc de vos Phases tests. Lors de leurs entretiens vous allez devoir favoriser le côté pratique, entre réponse à leurs besoins, à leurs envies et à leurs budgets. Si vous ressentez un problème de compréhension au niveau de ce type d’acteur.trice.s, il est nécessaire pour vous de reformuler et réadapter votre solution avant d’en poursuivre le développement …
  • Utilisateur.trice.s extrêmes: Ces interlocuteur.trice.s doivent-être votre priorité n°1. Ceux sont eux.elles que vous allez favoriser en entretien car iels vont vous permettre d’avoir une vision spécifique de votre Persona type.

Contrairement aux questionnaires, les entretiens vous positionnent dans une démarche d’enquête qualitative, ceux-ci doivent donc être adaptés à chaque personne. Les thématiques globales abordées restent les mêmes, mais les questions s’adaptent au profil de la personne interviewée, de son type de persona, de vos besoins.

Chaques entretiens doivent ainsi se compléter pour répondre à ces 7 questions centrales à l’avancement de votre projet:

1- Quels besoins ?

2- Quelles envies ?

3- Quelles habitudes ?

4- Quels budgets ?

5- Quelles limites ?

6- Quelles appréhensions ?

7- Quelles plus-values [Attendue] ?

Chaque entretien, vous permet de connaître votre public cible un peu mieux et de tester votre solution par rapports aux attentes de vos client.e.s potentiel.le.s.

Groupes focalisés

Les groupes focalisés sont parmis les outils les moins utilisés chez les entrepreneur.se.s car peu connus. Issus de la recherche collaborative [Une fois de plus, il ne faut jamais négliger les apports universitaires dans ce type de Phases tests…], ceux-ci permettrent une flexibilité en vous permettant d’observer plusieurs types de personas et de réalités sociales en parrallèle.

Il s’agit ainsi de vous inviter au sein d’une réunion, d’une classe, d’une conférence de votre secteur d’activité pour observer, écouter, relever les éléments qui peuvent vous service dans l’amélioration de votre solution. Avec ce type d’outil, tout l’enjeux consiste à être présent discètement, pour ne pas gêner le bon déroulé de la rencontre, tout en sachant intervenir pour diriger la session dans notre sens.

Concrètement, la méthode du groupe focalisé, est à considérer à travers trois caractéristiquent fondamentales:

1) La facilitation d’échanges spontanés, mais focalisés: par des interventions minimes mais dirigées

2) La mise en place d’un contexte d’intersubjectivité: par une présence discrète, presque absente

3) L’activation de processus de groupe favorisant l’émancipation individuelle ou collective: par la focalisation sur deux, trois personnes représentant vos personas centraux

Cet outil peut vous semblait être complexe et difficile à préparer et à réaliser, néanmoins, il reste un outil formidable pour entrer au coeur de votre secteur d’activité et apprendre à connaitre précisemment vos publics cibles à travers leurs échanges interpersonnels. Une pépite d’or donc à ne pas négliger, qui peut se réaliser autant à distance, qu’en présentiel et qui peut vous permettre dans un même temps d’agrandir votre réseau professionnel !

Grâce aux plateformes de réunions en ligne - proposant généralement une version gratuite et une version payante - vous pouvez réaliser sans problème ces entretiens et groupes focalisés à distance. Le tout est de bien choisir sa plateforme en fonction de sa politique de confidentialité [RGPD] et de votre utilisation: TEAM, ZOOM, Googlemeet ...

Tests sur le terrain

Malgré la crise sanitaire qui limite nos déplacements et empêche la majorité des interactions « physiques », il est nécessaire d’essayer de maintenir le lien avec votre secteur d’activité « In real life ». Pour cela, je vous propose dans cette seconde partie, trois outils spécifiques pouvant faire la différence dans vos Phases de test.

Bétas-testeur.se.s

Le système des bétas-testeur.se.s est de plus en plus valorisé dans un objectif de co-construction des marques, notamment auprès des marques de produits cosmétiques et de Prêt-à-porter.

Nous pouvons notamment prendre l'exemple de la marque française, éco-responsable et féministe MEUF Paris qui a démultiplié, depuis sa création, ce système auprès de sa communauté [Très active sur Instagram notamment]. 

Concrètement, votre objectif est de faire tester votre produits à un groupe de Personas en avant première, afin de recueillir leur expérience client; utilisation, packaging, odeurs, matières, couleurs, plus-values …

Aujourd’hui, avec la crise sanitaire, beaucoup de marques passent notamment via des groupes Facebook, WhatsApp, ou encore par Discord pour être en contact permanance avec leurs Bétas-testeur.se.s …

Maintenant, il est important de comprendre que ce système de client.e.s ayant accès en avant première ne peut fonctionner que si les limites compensatoires sont clairement annoncées. En effet, comme nous allons le voir dans l’encart à la fin de cette article, vos Phases de tests, ne doivent pas avoir pour conséquence une perte financière pour votre projet. Pour cela, vous devez être transparent.e.s auprès de votre communauté testeuse quant aux conditions d’accès à ce statut spécial de béta-testeur.se:

  • Comment est symbolisée leur compensation ? | Produits gratuits ? Carte cadeau ? Avant première ?
  • Combien de temps dure la période de test ? | 3 mois ? 5 mois ? 8 mois ?
  • Cette période de test est-elle régulière dans le développement de l’entreprise | A chaque nouvelle collection ? Chaque année ?

Vous devez vous même être clair au niveau de ces conditions, avant de vous lancer dans une telle démarche !

Partenaires tests

Le système des Partenaires test est exactement le même que celui des Bétas-testeur.se.s mais pour les entreprises de services. L’objectif est de trouver des institutions dans vos Parties prenantes acceptant de servir de laboratoires pour le test de votre offre de service.

Que ce soit des boutiques spécialisés, des écoles, des associations, des entreprises, en fonction de votre secteur d’activité, ces organisations acceptent de mettre à votre services leurs locaux, leurs acteur.trice.s sur un temps défini afin de vous laisser mettre en place votre offre.

Ce lieu devient alors concrètement votre laboratoire pour observer, comprendrer, tester et vous améliorer …

Déroulés en temps réel

Enfin, le dernier outil que je souhaitais vous présenter aujourd’hui est tout simplement ce que l’on pourrait appeler un Lancement 0.

Un quoi ? Concrètement il s’agit de lancer votre entreprise, vos services, vos produits « Comme si »: Comme si vous étiez prêt.e, Comme si vous aviez tout anticipé, Comme si votre produit/ vos services étaient parfait, Comme si vous étiez sur de vous …

Si cela peut vous rassurer, vous pouvez lancer ce Lancement 0, loin de chez vous ou de la ville/région ou vous pensez lancer réellement votre produit ou offre de service [C’est le choix fait par Lucas Orry et ses collaborateurs pour leur projet Explique-moi Pythagore comme vous pouvez le lire dans l’article Le Grand Saut n°5 : Le grand saut – Lucas Orry – Regards le blog].

Le but est de finir de tester votre produit ou offre de service notamment en terme de temps, temps de réalisation, temps de fabrication … Vous anticiper ainsi des détails qui peuvent-être fatales au lancement d’une entreprise !

Maintenant, comme je l’ai longuement répété tout au long de cette série Serial entrepreneuse, n’attendez pas d’être parfaitement prêt.e pour vous lancer, car vous ne le serez jamais ! Ces Phases test ne doivent donc pas être infinies mais plutôt bien limitées et vous permettant un gain de temps et d’argent, au lieu de vous en faire perdre …

Comment rendre les Phases tests rentables pour votre projet ? 

Justement, je voulais prendre le temps de revenir sur cette question de la rentabilité des Phases test. Car le temps c'est de l'argent - on nous l'a assez répété - et il est important d'anticiper ces Phases afin de les limiter, de les encadrer. Ainsi, de la même manière que les contre-parties de Bétas-testeur.se.s se doivent d'être transparentes, vos offres gratuites, auprès de vos partenaires tests doivent également être définies. Par exemple, si vous proposez un forfait d'accompagnement global en trois temps [Analyse des besoins, mise en place des outils, gestion des outils], vous pouvez proposer de rendre gratuite la première Phase [Analyse des besoins], pour l'organisation qui a accepté de vous servir de partenaire test, pour ensuite leur proposer un devis si iels sont convaincu.e.s de votre travail. 

Ainsi, le système des Partenaires tests est donnant/donnant et intéréssant pour toutes les parties ! 

Nous arrivons à la fin de ce Serial entrepreneuse STEP18, qui m’a demandé beaucoup de travail, de schématisation, de simplification pour rendre accessible tout ces outils, souvent peu utilisés par les entrepreneur.se.s. Quoi qu’il en soit, j’espère vous avoir appris quelque chose et vous avoir offert de nouvelles clées pour mettre en place, avec sérénité, vos Phases test !

Je vous souhaite une très belle semaine, prenez soin de vous, de vos idées et de vos rêves,

Ella.

SERIAL ENTREPRENEUSE – TRIBUNE «Mansplaining : ou l’art de remettre en question notre légitimité»

La quête de légitimité sera infinie tant qu’elle ne sera pas reconnue


Il y a quelques semaines, alors que je commençais à rentrer en contact avec de futur.e.s client.e.s, je me suis retrouvée pour la première fois face à un homme qui visiblement savait, ou du moins savait plus que moi. La scène m’a paru sortir tout droit d’un très mauvais film d’auteur, tant les propos étaient misogynes, paternalistes et irrespectueux. Pour me remettre de cette interaction, j’ai écrit ce texte que je vous partage aujourd’hui. C’est une expérience qui s’intègre complètement dans mon expérience entrepreneuriale, c’est pourquoi il est si important pour moi de la partager, d’autant plus que je ne suis pas la seule à avoir vécu une telle scène, à en vivre tous les jours ; et  si j’ai créé ce blog et mon podcast, c’est pour partager mon Regard, mais également pour porter vos voix …

« C’est sur un ton paternaliste qu’il débute son grand et beau discours, souhaitant avant tout « me donner des conseils « .  Lui aussi est passé par là, il a créé une entreprise et souhaite avant tout m’aider. Pourtant, je sais que j’ai raison, droite dans mes bottes et dans ma légitimité, en tout cas j’essaye. Lui qui me parle de professionnalisme n’a toujours pas signé mon devis, tout en me mettant la pression sur les premiers rendus d’une partie de celui-ci, sans l’avoir signé. Lui qui ne souhaite pas me descendre mais seulement m’aider, va pourtant prendre 10 min à me critiquer sans aucune considération. Lui qui me parle de respect, va pourtant faire la sourde oreille face à mes contre-arguments parce qu’il sait, mieux que moi qui plus est.

Je suis jeune, j’ai 22 ans, mais surtout, je suis une femme. Je suis pourtant diplômée, riche de plusieurs expériences dans le secteur, puisque j’ai même donné tes ateliers sur ce sujet. Je suis également intelligente, polie, efficace et présentable, pourtant, face à lui, je me trouve bien ridicule.

Suis-je légitime ? Légitime d’entreprendre. Légitime de créer mon entreprise. Légitime de donner des conseils.  Légitime de demander de l’argent pour mes services. Légitime de diriger une équipe. Cette question de la légitimité, je me la suis posée toute ma vie. Mais elle ne m’a pas empêchée d’être élue dans mes établissements scolaires, de créer le journal de mon lycée, de passer des concours, de les réussir, de créer un blog et de publier des articles, de créer un podcast et d’animer des interviews. Alors, cette question de légitimité ne m’empêchera pas d’entreprendre, de créer mon entreprise, de donner des conseils [éclairés qui plus est], de demander de l’argent pour mes services, ni de diriger une équipe.

Pourtant, cette question de la légitimité continue de me hanter. Elle pointe le bout de son nez, lorsque je sens les regards critiques, moqueurs, condescendants. Elle pointe le bout de son nez, lorsque j’entends les phrases acerbes, de « conseils » me coupant la parole généralement. Elle pointe le bout de son nez lorsque je sens les mains me taper le dos, lorsque je vois une poignée de main m’être refusée.

Je ne comprends pas comment on peut toujours en être là, aujourd’hui, en 2021.

Parce que le pire, c’est qu’à chaque fois que j’ai vécu cette situation, je n’ai fait que la repasser dans ma tête, en me répétant « Je ne comprends pas, pourtant j’ai des diplômes, de l’expérience, j’ai multiplié les projets en France et à l’étranger, je parle plusieurs langues, je sais utiliser des dizaines d’outils, alors pourquoi je ne me sens pas légitime ? »

En réalité je suis légitime, mais cette société, au mansplaining décomplexé me fait sentir illégitime. Parce que nous ne sommes pas des hommes [Blancs, cis et hétéros], nous devons démultiplier les expériences, les projets, les skills, les savoir-faire les politesses pour obtenir une considération équivalente, un respect équivalent, un poste équivalent.

Pourtant, nous gagnerions tous et toutes à faire évoluer ces mentalités, pratiques et habitudes. Nous gagnerions du temps, de l’énergie, de la sérénité, des collaborateur.trice.s et donc des contrats et donc de l’argent. S’il faut en arriver à cette conclusion pour que cette tribune ait un impact, alors voilà, nous y sommes.

Maintenant, à tous les hommes qui me lisent : je n’ai pas besoin de vos conseils, de vos remarques, de votre aide. En revanche, je suis toujours ouverte à des projets riches, intéressants et à des discussions animées, à égalité.

Enfin, à toutes les femmes qui me lisent : vous êtes la seule personne à pouvoir juger votre propre légitimitéparce que vous seule savez, les obstacles, les réussites, les combats, les échecs que vous avez dû traverser. Ceux qui croient le contraire se trompent, aussi bien rodés leur discours, leurs arguments et leurs positionnements soient-ils ».


Dans cet article, l’activiste rencontre la professionnelle. Parce qu’au-delà de l’importance de porter ce message, je me devais de l’écrire pour que dans quelques années, il reste une trace de ces épreuves traversées. En posant la question de la légitimité aux différent.e.s étudiant.e.s-entrepreneur.seu.s que j’ai rencontré, celle-ci était floue, lointaine. Ce n’est pas le cas pour moi, cette question est au cœur de ma vie, de mes projets. Et c’est parce que je dois l’affronter tous les jours, qu’elle a toute son importance : politique, sociale, philosophique.

Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau portait @Legrandsaut, en attendant gardez le cap et ayez confiance, en vous surtout.

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 17 «Autoentreprise: l’entrepreneuriat pour tous.tes»

Il faut débuter petit pour viser grand

C’est le jeu de l’entrepreneuriat, une bonne dose d’organisation et une belle part de hasard, d’adaptation. C’est ainsi que 10 mois après le début de cette aventure folle dans l’entrepreneuriat étudiant, j’ai finalement décidé d’anticiper ma création de société en me lançant comme autoentrepreneuse. Pour des raisons financières d’abord, mais également pour mettre enfin un pied dans ce monde professionnel qui me tendait les bras, le statut d’autoentreprise c’est alors présenté comme la meilleure option. Pratique, rapide, sans comptabilité, accessible à tous.tes, je vous propose aujourd’hui de décortiquer ce statut français, unique.

Le statut d’Auto-entreprise

L’auto-entreprise est une entreprise individuelle qui relève du régime fiscal de la micro-entreprise et du régime micro-social pour le paiement des cotisations et contributions sociales. Ce régime simplifié a été créé pour faciliter les démarches de création et de gestion de votre activité, tout en vous permettant de bénéficier d’une protection sociale dédiée.

Définition du Site URSSAF.FR.

Pour qui ?

Toute personne physique peut devenir auto-entrepreneur si elle respecte ces quelques conditions:

  • Être majeur.e (ou mineur.e émancipé par décision d’un juge des tutelles)
  • Avoir une adresse postale en France 
  • Être de nationalité française ou ressortissant.e européen (ressortissant étranger hors Union Européenne sous conditions)
  • Ne pas être sous tutelle, ni sous curatelle 
  • Ne pas être condamné.e à une interdiction de gérer ou d’exercer

Pouvant être exercée à titre principal ou complémentaire, l’activité en auto-entreprise, peut-être complémentaire en annexe d’un activité de type:

  • Etudes
  • Emploi [Avec accord de l’employeur en cas de clause d’exclusivité]
  • Retraite
  • Fonctionnaire [En fonction du statut accordé]
  • Dirigeant assimilé salarié [Président.e ou dirigeant.e de SAS ou Gérant.e minoritaire ou égalitaire SARL]

Que vous soyez artisans, commerçant.e.s ou en profession libérale [A titre principal comme Complémentaire], vous avez accès au statut d’Auto-entrepreneur. Néanmoins, vous devez avoir conscience que ce statut simplifié est bel et bien encadré, notamment en terme de chiffre d’affaire annuel, ne devant dépasser, pour une année civile les plafonds suivants:

  • 176 200 € pour une activité de vente de marchandises, d’objets, de fournitures, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou pour des prestations d’hébergement, y compris les meublés de tourisme classés, à l’exception de la location de locaux d’habitation meublés dont le seuil est de 70 000 €
  • 72 600 € pour les prestations de services relevant de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) ou des bénéfices non commerciaux (BNC)
  • En cas d’activité mixte (vente et prestations de services), le chiffre d’affaires global ne doit pas dépasser 176 200 € incluant un chiffre d’affaires maximal de 72 600 € pour les prestations de services

Référence: Code général des impôts [Article 50-0]

Quels avantages ?

Avantages fiscaux.

Ainsi, la franchise de base de TVA dispence l’auto-entrepreneur.se de la déclaration et du paiement de cette taxe. Attention, dans l’autre sens, vous ne pouvez ni facturer la TVA à votre client, si na récupérer sur vos achats de biens et de services. Cette franchise de la TVA est soumise à des seuils de chiffre d’affaires au-delà desquels votre auto-entreprise devient assujettie à celle-ci:

  • Pour la vente de marchandises :Sur une année civile (du 1er janvier au 31 décembre) : 94 300 € Sur deux années civiles consécutives si le chiffre d’affaires est compris entre 85 800 € et 94 300 €
  • Pour la prestation de services :Sur une année civile (du 1er janvier au 31 décembre) : 36 500 € Sur deux années fiscales consécutives si le chiffre d’affaires est compris entre 34 400 € et 36 500 €

De plus, vous avez la possibilité, avec le statut d’Auto-entreprise d’opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Cette demande s’effectue au moment de votre adhésion [Voir Paragraphe suivant: Comment ?], ou dans les 3 mois suivant votre début d’activité en adressant un courrier à votre URSSAF. En choisissant cette option votre impôt sur le revenu est payé en même temps que vos cotisations [Au mois ou au trimestre au choix], avec application d’un taux spécifique, en fonction de votre activité:

  • 1 % si l’activité est l’achat/revente, la vente à consommer sur place et la prestation d’hébergement (BIC), à l’exception de la location de locaux d’habitation meublés dont le taux est de 1,7 %
  • 1,7 % si l’activité est une activité de services relevant des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) 
  • 2,2 % pour les autres prestations de services relevants des bénéfices non commerciaux (BNC)

Avantages sociaux.

En tant qu’auto-entrepreneur.se, vous bénéficiez d’une couverture socialeau même titre que les autres travailleur.se.s indépendant.e.s. Celle-ci couvre :

  • La santé : maladie, maternité, indemnités journalières (sauf pour les professions libérales relevant de la Cipav qui ne bénéficient pas des indemnités journalières)
  • Les allocations familiales 
  • La retraite (régime de base et complémentaire obligatoire)
  • La prévoyance (invalidité, décès)

L’ensemble des auto-entrepreneur.se.s est rattaché à la CPAM pour l’assurance maladie et à l’Urssaf pour le recouvrement de leurs cotisations sociales (CGSS pour les DOM).

Pour plus d’informations sur l’Assurance maladie sous le Statut Auto-entrepreneur: Section 3 : Règlement simplifié des cotisations et contributions des travailleurs indépendants ― Régime micro-social (Articles L613-7 à L613-10) – Légifrance (legifrance.gouv.fr)

Concernant la retraite, vous êtes en mesure de valider des trimestres de retraites sous condition de chiffre d’affaires:

Ainsi, si vous êtes salarié.e et que vous validez 4 trimestres de retraite par an, le chiffre d’affaires de votre activité d’auto-entrepreneur vous permettra d’acquérir des droits supplémentaires mais pas de trimestre supplémentaire (le maximum étant de 4 trimestres validés par année civile).

Comment ?

Pour obtenir le statut d’Auto-entrepreneur, c’est simple et rapide (oui oui en France).

Il vous suffit de:

  • Vous créer un compte sur Auto-entrepreneur de l’Urssaf ou sur www.guichet-entreprises.fr, ou encore auprès d’un Centre de formalités des entreprises (CFE)
  • Faire la déclaration en ligne
  • Une fois la validation de votre demande reçue par mail, vous recevrez dans les 3 à 5 jours votre « Certificat d’inscription au Répertoire des Entreprises des établissement » [SIRENE] avec votre numéro SIRET [Essentiel à création de vos DEVIS, FACTURES et à l’ouverture d’un compte bancaire (professionnel ou non) [Voir dernier paragraphe: Attention à la séparation des biens].
L'immatriculation d'un micro-entrepreneur est gratuite. Toutefois, des frais annexes peuvent être engagés:
- stage de préparation à l'installation (SPI)
- ouverture d'un compte bancaire
- assurance professionnelle 

Mon expérience personnelle

C’est en souhaitant anticiper la création de ma société, projet entrepreneurial au coeur de ma démarche, que j’ai finalement réalisé ma demande de statut Auto-entreprise. Pourtant, au début je répétais inlassablement que je ne passerai pas par là, que c’était une perte de temps, d’argent et d’énergie. Alors pourquoi j’ai changé d’avis ? Pourquoi ai-je finalement décider de commencer par ce premier Petit saut, avant de faire réellement Le Grand Saut ? Je vous livre dans cette seconde partie, les trois points qui me semble essentiels à prendre en compte dans votre choix de vous lancer à votre tour vers l’Auto-entreprise.

Une administration quelques clics

Avec le statut Auto-entreprise*, il est facile de se lancer, d’autant plus que la prise de risque est moindre. Vous ne devez payer vos charges que sur l’argent amassé et avec l’ACRE, entant que jeune de 18 à 25 ans encore que chômeur.se, vous êtes exonéré.e de charges pendant la première année.

Autremant dit, tout est fait pour rendre l’entrepreneuriat accessible à tous et toutes avec ce statut:

  • Vous souhaitez gagner de l’argent à côté de vos études ? Statut A.E.*
  • Vous souhaitez anticiper votre création d’entreprise et compléter vos Apports personnels ? Statut A.E.*
  • Vous souhaitez travailler en indépendant en attendant de (re)trouver du travail ? Statut A.E.*
  • Vous souhaitez tester une activité dans un secteur qui vous passionne ? Statut A.E.*
  • Vous souhaitez gagner en expérience professionnelle grâce à vos savoirs-faires? Statut A.E.*

C’est d’abord grâce à cette accessibilité que je me suis lancée, un choix que je ne regrette pas du tout aujourd’hui. La vitesse d’exécution de ce projet improvisé va dans mon sens:

. 20 février: demande de statut en ligne en 30 min

. 22 février: validation de ma demande de statut

. 2 mars: « Certificat d’inscription au Répertoire des Entreprises des établissement » reçu par la Courrier

. 7 mars: ouverture de mon compte bancaire Auto-entreprise

. 10 mars: signatures de mes premiers Devis

Ce sont les expériences qui parlent le mieux au moment de prendre ce genre de décision, comme vous pouvez le constater la mienne va dans ce sens …

Une comptabilité simplifiée pour commencer en douceur

De nature stressée, j’ai souhaité réaliser un entretien à distance avec une Experte comptable, afin de voir avec elle les dessous administratif d’un tel statut.

Cet entretien* a donc été réalisé le 13 février dernier, avant ma demande de statut Auto-entreprise. Florence Gauillard-Luziau, Experte comptable dans le Val-de-Marne m’a bien confirmé que le statut d’Auto-entreprise demandait une compatbilité simplifiée, c’est d’ailleurs l’un de ses premiers avantages. Il suffit de tenir un Cahier de recettes et de dépenses, en papier ou/et en ligne et de le conserver sur 3 ans minimum pour être prêt.e à répondre à un éventuel contrôle. Cette comptabilité simplifié est complétée par une déclaration de revenus, mensuelle ou trimestrielle réalisée directement sur l’Application Auto-entreprise de l’URSSAF.

Rien de plus simple donc, nous sommes loin des démarches complètes nécessaire à la gestion d’une Société… Mais cette démarche simplifiée est également l’occasion de « se faire la main » entant que jeune entrepreneur.se débutant dans le monde professionnelle !

Attention à la séparation des biens

Lors de ce même entretien* Florence Gauillard-Luziau m’a également conseillé d’ouvrir un compte bancaire dédié à mes activités entant qu’Auto-entreprise. Même si cette démarche n’est pas obligatoire [Vous pouvez tout à fait avoir vos Recettes et Dépenses d’Auto-entreprise sur votre compte personnelle], il est malgré tout conseiller de la suivre pour des questions d’organisation financière et de visibilité fiscale. Ainsi, il sera plus simple pour vous de gérer vos Entrées et Sorties Autoentreprise en les séparant de vos Entrées et Sorties personnelles.


Nous arrivons à la fin de ce STEP17 dédié au statut Auto-entreprise. C’est un sujet important qui montre à quel point nous sommes chanceux.ses en France en terme d’entrepreneuriat et à quel point « Il ne faut jamais dire jamais! » [Note personnelle…]. Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouveau portrait Le Grand Saut, entre ambitions personnelles et projections familiales …

Belle semaine, n’oubliez pas d’improviser [C’est bon pour le moral…] !

Ella

Le grand saut – Chahrazad Merimi

Portrait n°6

Retour des portraits Le Grand Saut aujourd’hui ! Avec cette série, je souhaite vous proposer à découvrir des parcours inspirants de jeunes étudiant.e.s-entrepreneur.se.s ayant osé l’entreprenariat, malgré les doutes, les risques. Chahrazad est de ceux-là. Femme engagée dans la vie de son quartier, élève passionnée au parcours personnel aussi unique qu’atypique, Chahrazad a osé effectuer non pas un mais deux Grands sauts, en créant une première association à 20 ans et en montant un second projet, entrepreneurial cette fois, 6 ans après. Deux projets qui répondent à des problématiques sociales, actuelles et nous concernant tous.tes, bonne découverte

Chahrazad

Comme vous avez pu le constater, le rythme des articles s’effectue finalement en alternant entre mes deux séries : Serial entrepreneuse et Le grand saut. Mis en place pour des raisons techniques et d’organisation, ce rythme me permet surtout aujourd’hui de vous offrir un article par semaine, sans me mettre la pression pour trouver quelqu’un à interviewer chaque semaine. J’espère que ce tempo vous va, comme toujours votre Regard compte pour moi !

Qui es-tu ?

Chahrazad Merini, a 26 ans, femme engagée, elle a toujours porté un fort intérêt à l’épanouissement des jeunes en banlieue, environnement dans lequel elle a grandi. Il y a 6ans, souhaitant réaliser son rêve d’ancienne enfant malade, elle créé avec sa maman ANIM’HOPY, association qui intervient auprès des enfants hospitalisés. Le monde associatif, Chahrazad le connait bien, puisque, en tant que militante à Villenave Saint George et en dehors, elle a toujours été impliquée pour porter et accompagner les rêves de ceux et celles qui, comme elles, ont longtemps cru que réussir c’était pour les autres.

Quel est ton parcours ?

Le parcours de Chahrazad s’inscrit dans une démarche en cohérence avec ses engagements

En débutant avec un Bac STSS, elle a d’abord voulu devenir infirmière, un métier pour prendre soin des autres. Mais c’est finalement en observant les éducateur.trice.s qui l’ont accompagnée tout en long de son enfance et de son adolescence, qu’elle décide de s’orienter vers un DUT Carrière sociale en 2 ans, option animation socioculturelle et coordination de projet. A côté de ses études, Chahrazad est stagiaire, puis bénévole, au sein de l’Association S.O.W Smiles for the Orphans in the World, pour accompagner des jeunes, de tous les âges dans un premier temps, puis pour préparer leur brevet, avec pour objectif la réussite de leur diplôme et l’amélioration de leur confiance en eux.elles.

A la fin de ces 2 ans universitaires, Chahrazad lance son association ANIM’HOPY en impliquant les jeunes et les habitants de son quartier. La plupart travaille d’ailleurs encore avec elle aujourd’hui ; sa maman, son petit frère mais également un groupe d’adolescent.e.s et d’animateur.trice.s de son quartier.

A la suite de son DUT Chahrazad décide de poursuivre avec une Licence en ESS [Economie Sociale et Solidaire]. Pour valider celle-ci, elle réalise un stage au sein de l’asso Yes we can Production, qui forme les jeunes à l’Empowerment. Elle a ainsi été chargée de monter la première formation regroupant des avocats, des politiques et des jeunes pour les former au droit et aux recours dans la réalisation de leurs projets. C’est cette expérience qui lui a démontré qu’il existait des associations qui contribuaient, sur le terrain, à des causes telles que l’amélioration de la confiance en soi chez les jeunes ou encore la valorisation de projets des jeunes de quartiers. C’est à la suite de cette expérience qu’elle fonde, Winners Programme’s, aujourd’hui IWIN’Z, qui propose des Ateliers et des programmes d’accompagnement et de motivation inspirés d’outils d’excellence comme la neuro-éducation, le développement personnel, les pédagogies positives. Aujourd’hui, en auto-entreprise, Chahrazad souhaite par la suite développer son projet sous le statut de SCOP ou d’association, pour une approche ESS [Economie Sociale et Solidaire] en adéquation avec ses valeurs.

Finalement, Chahrazad a terminé son parcours universitaire en 2019 avec un Master en Sciences de l’éducation, parcours Animation et Education populaire à l’UPEC. En parallèle de celui-ci elle substitue son stage obligatoire pour mettre en place ses programmes : accompagnement de deux groupes de jeunes passant leur brevet et leur bac. Une expérience qui lui a permis de mettre en pratique ses connaissances et ses savoirs tout en testant son projet.


En effet, le Statut d’état Etudiant Entrepreneur, vous permet de remplacer votre stage obligatoire de L3 ou de M2 en temps dédié à votre projet entrepreneurial. Une opportunité unique qui vous donne le temps pour développer votre projet tout en validant votre semestre. Vous pouvez trouver plus d’informations sur le Statut sur Le statut national étudiant-entrepreneur | Gouvernement.f

Ton Regard sur l’entreprenariat

Ayant un papa entrepreneur, Chahrazad s’est occupée très jeune de l’aspect administratif et communicationnel d’une entreprise. Sa vision principale de ce secteur concernait l’importance de la détermination tout en ayant conscience que c’était possible, pour tous.tes. Pour elle, avec beaucoup d‘énergie et de motivation, l’entreprenariat pouvait permettre de réaliser des rêves, comme elle l’a fait avec son association. Etant de nature persévérante, elle a rapidement pris conscience que ce statut était exactement ce qu’il lui fallait.

Ton Grand Saut

Autonome depuis longtemps grâce à son projet associatif, c’est en tombant sur une annonce du Pépite que Chahrazad fait le choix du statut EE. En effet, celui-ci allait lui permettre de réaliser son projet tout en étant protégée par le statut étudiant, lui donnant notamment le droit aux bourses et à des tarifications intéressantes. Rentrée au sein du Pépite en dernière année de Master, Chahrazad a par la suite renouvelé deux fois son statut afin d’en garder les avantages.

Evolution de ton projet

Au moment de se lancer, Chahrazad est en phase de test : programme, besoins, public … Elle analyse sur le terrain en réalisant des premiers ateliers test. En septembre de cette même année, elle demande son statut d’auto-entrepreneuse afin de pouvoir s’organiser financièrement. Ayant un public spécifique n’ayant pas de moyens financiers très importants afin de suivre ses ateliers, elle propose des ateliers gratuits pour les jeunes directement. C’est ensuite en travaillant auprès d’autres associations et municipalités qu’elle fait facturer ses services afin de rentrer dans son plan financier. A chaque fois, Chahrazad essaye donc d’adapter ses devis en fonction des budgets de ses clients, qu’ils soient particuliers, associatifs ou institutionnels. C’est en diversifiant ses ressources que Chahrazad a réussi à créer son Plan financier : le programme Emergence de France Active qu’elle a suivi en seconde année de Statut EE l’a beaucoup aidée à s’organiser de ce côté-là.

Chahrazad s’est lancée toute seule car elle avait sa propre vision de son projet. A ses côtés, elle a beaucoup été encouragée par plusieurs professionnel.le.s croisé.e.s pendant son parcours : Sa tutrice de Yes we can Production notamment, ou encore une éducatrice l’ayant  suivi plus jeune.

Aujourd’hui créée, l’entreprise de Chahrazad travaille avec deux municipalités ainsi que des associations (Maisons de quartier) et particuliers. Toute seule pour cette première année, Chahrazad propose de l’accompagnement scolaire et des Master Class pour transmettre aux jeunes des outils et de la méthodologie pour leur redonner confiance en eux.lles et en leurs capacités à apprendre.

Dans les quartiers, il y a de nombreuses barrières mentales qui font croire aux jeunes qu’ils ne peuvent pas réussir. Venant en complémentarité des associations, Chahrazad est en collaboration directe avec les organismes institutionnels, pour apprendre aux jeunes à réagir face à la difficulté – aspect psychologique. Son intitulé de poste : Facilitatrice de parcours. 

La COVID a été la première grande difficulté dans le projet de Chahrazad. La crise sanitaire a ainsi tout bloqué dans son projet au moment exactoù son entreprise prenait forme (obtention de son statut juridique). Les contrats qui venaient d’être signés ont ainsi été repoussés. Encore aujourd’hui, remobiliser les partenaires est quelque chose de très difficile, l’envie est toujours là mais les organismes derrière ont du mal à suivre, notamment à cause de l’instabilité de la situation globale.

Ton accompagnement

En bénéficiant de certains droits étudiants, en termes de bourse, de carte Navigo, le Statut EE fait, pour Chahrazad, déjà la différence. De plus, ayant des problèmes de santé, le statut a permis à Chahrazad d’être à 100% dans son projet sans avoir à travailler à côté. Le Pépite lui a également permis de créer des liens avec d’autres entrepreneur.se.s, malgré les projets différents, et à la démarche de chacun.e, plutôt individuelle. En temps de COVID c’est un lien qui fait grandement la différence. La situation actuelle a beaucoup bloqué les échanges entre les étudiants-entrepreneurs et c’est vraiment le côté réseau qui manque aujourd’hui.

A côté de son Statut EE, Chahrazad a suivi le programme Emergence de France Active, sur 6 mois. Rejoint grâce à son tuteur, c’est un programme qui lui a permis de réaliser un Business Plan adapté au secteur de l’associatif. Notamment au niveau de l’accompagnement des jeunes, elle savait que son tarif serait amené à évoluer et elle ressentait le besoin d’un accompagnement spécifique en ESS pour placer son Business Plan en cohérence avec ses valeurs. Grâce à des professionnels de l’ESS et des ateliers liés, Chahrazad a pu échanger également avec d’autres porteurs de projets engagé.e.s, lui donnant le moyen de faire des passerelles entre les projets. Il faut savoir que le Programme Emergence permet également, d’avoir des aides financières pour les projets spécifiques à l’ESS.

A chaque fois qu’elle propose son projet, Chahrazad sent que ça touche les gens et que ça leur parle, elle n’a donc jamais ressenti un quelconque manque de légitimité. Néanmoins, elle note tout de même, que n’ayant pas eu besoin de récolter des fonds, elle n’a pas eu besoin de prospecter auprès d’éventuels partenaires financiers, souvent plus friands des jeunes entrepreneur.se.s sans expérience.

Ta perspective d’évolution

Continuer à intervenir auprès de nouvelles associations et municipalités est le premier objectif de Chahrazad dans les mois à venir. Elle aimerait également former d’autres personnes pour intervenir dans d’autres départements que le Val-de-Marne, par une approche Neurodéveloppementale et des outils de confiance en soi. Se connaitre est une clé dans la réussite des jeunes. Pour Chahrazad, c’est évident et c’est pourquoi passer par la Neuro-éducation est central pour enseigner aux jeunes le fonctionnement de leur cerveau et leur faire comprendre que rien ne leur empêche de réussir à part leurs doutes, aprioris et peurs. Plus que jamais, Chahrazad veut enseigner cette idée qu’elle applique sur elle-même : Y croire et persévérer sont les clés, quoi qu’il arrive.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?


Ose, crois en toi et brille ! Tant que l’on n’est pas lancé on ne peut pas savoir. Pendant une année, j’ai fait des budgets prévisionnels mais en réalité la tarification est subjective, une personne qui croit en ton projet peut te donner beaucoup, là ou une personne qui ne croit pas en ton projet, remettra en cause ton tarif. En croyant toi-même en ton projet, tu convaincras mais pour cela, il faut aller sur le terrain et trouver la validation auprès des différent.e.s acteur.trice.s de ton terrain d’actio
n.

Nous voilà à la fin d’un nouveau portrait. J’ai beaucoup aimé échanger avec Chahrazad sur son parcours inspirant et ses valeurs d’inclusion, de partage et de persévérance que nous avons en commun. Je te remercie Chahrazad, une nouvelle fois chaleureusement ! J’espère que ma retranscription est à la hauteur de notre échange.

Comme toujours, n’oubliez pas d’aimer, commenter et partager cet article et les posts associés sur LinkedIn et Instagram.

A très vite pour un nouvel article, portrait ou revue, d’un monde entrepreneurial en plein bouleversement !

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 16 « Entrepreneuriat en temps de COVID »

C’est dans les crises que naissent les plus beaux projets

C’est avec cette certitude que j’ai créé mon projet, qui est ensuite devenu une entreprise. Une vision optimiste qui cache pourtant une triste réalité; l’économie est au rouge et l’entrepreneuriat reste une porte de sortie comme les autres, incertaine et aux multiples obstacles. Alors que la crise sanitaire n’a pas encore atteinte sa finalité, que le bout du tunnel semble encore s’éloigner, je vais tenter dans cet article de tirer un premier bilan de l’entrepreneuriat en temps de COVID. Un bilan nuancé, parce que j’aime le verre à moitié plein et enthousiaste parce que quoi qu’il arrive, nous sauront tirer le positif de cette crise.

Après tout, ne sommes nous pas la génération [Attentats ? Gilets jaunes ? COVID ? NON.] INVINCIBLE !

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C’est en lisant, le 1er février dernier, le billet d’humeur de Nicolas Vadovato, président d’Entrepreneurs.fr sur LesEchos.fr, que j’ai commencé à sortir la tête de mon ordinateur pour tenter de voir l’impact de cette crise sur ma propre expérience entrepreneurial. Un exercice loin d’être simple parce que c’est connu, lorsque l’on est dans un projet il est difficile de prendre de la distance sur celui-ci. Au contraire, nous avons plutôt tendance à avancer sans reprendre son souffle au grès des imprévus et des remises en questions.

Pourtant, cette crise sanitaire est presque devenu le fil conducteur de mon projet. C’est en effet elle qui a déclanché le système d’Ecole à la maison qui a bouleversé mon secteur d’activité. C’est également elle qui m’a obligé à anticiper ma fin d’étude, ce grand saut dans le vide qui semblait rimer, plus que jamais, avec chômage et déclassement social. C’est encore elle qui m’a offert un billet retour, sans arrêt, vers ma maison familial en cette dernière année d’étude universitaire, loin de mes projections passées. Bref, la COVID est le ciment de ce projet qui guide mon présent et me permet encore d’imaginer un avenir, tout en étant celle qui a rempli ce même présent et ce même futur d’une incertitude, gluante, épaisse et souvent étouffante.

Alors comme le dit si bien Nicolas Vedovato, les entrepreneur.se.s sont-iels les oublié.e.s de la crise sanitaire ou s’agit-il simplement d’un secteur en pleine évolution, comme tant d’autres ? Parce qu’il faut-être conscient.e.s d’une chose, la COVID a poussé autant de gens vers l’entrepreneuriat qu’elle n’en a fait couler. Des profils, par ailleurs, qui sont généralement plus diversifiés que ceux avant la crise: les étudiant.e.s en quête de sens, les jeunes actifs avides de renouveau, les cinquantenaires que la crise a mené vers le chômage …

Alors, COVID: effondrement ou renaissance du monde entrepreneurial ?

La numérisation comme solution ?

Dès le début du premier confinement, le numérique s’est positionné comme solution ultime face à la COVID. Dernier rempart contre l’isolement, premier outil pour la continuité pédagogique et le télétravail, nouvelle grande surface 2.0, ou l’art d’Amazone. Bref, c’est dernière nos écrans que nous avons basculé dans la dimension parallèle COVID.

De ce côté là, les entrepreneur.se.s, comme le reste de la population, ce sont retrouvé.e.s divisé.e.s en deux groupes: Ceux.lles pouvent poursuivre leur activité à distance [Parce que ayant une activité pouvant se gérer en ligne ET étant équipé.e.s pour assurer cette continuité] et ceux.lles ne pouvant poursuivre leur activité à distance [Parce que n’ayant pas une activité pouvant se gérer en ligne ET/OU n’étant pas équipé.e.s pour assurer cette continuité]. Des conditions loin d’être égalitaires donc, alors pourquoi pendant plusieurs mois avons nous fait circuler le mythe du « Tous.tes dans le même bateau, tous.tes égaux face au COVID » ?!

Parce que la réalité au fil des mois de confinement, de déconfinement et de reconfinement partiel a été tout autre. Les innégalités ce sont accentuées pendant cette crise sanitaire: Dans son article datant du 12 octobre 2020, l’Humanité publié ainsi que « Près de 11 % des personnes de 18 à 64 ans occupant un emploi n’ont pas travaillé pendant le confinement. Un taux qui atteint 18 % chez les 18/24 ans. Cette situation est aussi plus fréquente en milieu populaire : elle a touché 14 % des employés non qualifiés, 16 % des ouvriers qualifiés, 17 % des ouvriers non qualifiés, contre seulement 5 % des cadres et professions intellectuelles supérieures. 50 % des cadres ont pratiqué exclusivement le télétravail, contre 1 % seulement du monde ouvrier« . 

Des chiffres parlant nous démontrant à quelle point la crise et sa gestion, à majorité grâce aux outils numériques, ne sait, une fois de plus, pas positionnée sur un axe social, mais bien plus sur un axe économique. Dans ce même sens, nous pouvons relever que les trois métiers ayant poursuivit leur activité même au plus fort de l’épidémie, sont portés à majorité par des femmes, précaires et à la reconnaissance sociale moindre: les caissières, les infirmières et les aides-soignantes.

Parce que ces trois métiers peuvent-être aussi pratiqués en libéral et donc sous un statut d’indépendant [entrepreneuriat], nous sommes en mesure de nous demander si cette crise sanitaire et économique due au COVID-19 se met pas en exergue une fracture sociale, bien plus importante et présente que nous avons bien voulu le voir jusqu’alors …

Shamika Sirimanne, Directrice de la technologie et de la logistique de la CNUCEDLes inégalités dans la préparation au numérique entravent la capacité d’une grande partie du monde à tirer parti des technologies qui nous aident à faire face à la pandémie de coronavirus en restant chez nous.

En quête de sens …

Se retrouver enfermé.e, face à soi-même ou à ces proches a été, pour beaucoup, l’occasion d’une remise en question, aussi douloureuse que nécessaire: Suis-je vraiment heureu.se.x ? Suis-je épanouie dans mon couple, dans mon travail, dans ma ville ? Et si tout s’arrête demain, quels regrets aurais-je ?

Tant de grandes questions qui nous ont obligé à revoir nos priorités, pour favoriser nos envies et nos rêves, parfois, souvent au détriment, de nos raison, qui jusque là était au coeur de nos décisions. Ainsi, d ‘après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, la crise sanitaire a renforcé des aspirations déjà fortes: les français.e.s veulent déveloper une activité respectueuse de l’environnement et tournée vers l’intérêt collectif. L’entrepreneuriat se pose alors pour 43% des personnes intérrogées comme la possibilité de créer leur propre emploi et de s’en sortir par eux/elles-mêmes.

Ainsi, la quête de sens que nous dédions jusqu’alors principalement aux 25/30 ans est entrain de se généraliser. Chacun, pendant cet arrêt forcé du premier confinement a pu prendre le temps de revenir au sens de sa vie, pour le meilleur et pour le pire. Que nous soyons étudiant.e.sn jeune diplômé.e.s, actif.ve.s, en fin de carrière ou retraités, la crise nous a rappelé que tout peut s’arrêter à chaque instant et qu’à force de trop penser à demain, nous en oublions aujourd’hui, là ou pourtant tout se joue. Mais bien plus qu’une simple philosophie du Carpe Diem, il est surtout question d’accepter la fatalité de notre existence pour tenter de s’incrire dans un tout – bien plus grand que nous – avec gratitude et résilience.

Réapprendre l’impuissance.

En débarquant dans nos vies privilégiées [Je considère comme vies privilégiées, celles ayant accès à l’eau potable, à l’électricité, à un toit et à de la nourriture], la COVID nous a rappelé que la puissance des Hommes est limitée par leur propres erreurs. Je ne vais pas ici tenter d’expliquer les origines de la COVID, alors que les scientifiques eux/elles mêmes ne sont pas d’accord sur la question, mais une chose est certaine; COVID, réchauffement climatique et conséquences environnementales sont liés.

Parce que comme le dit si bien Cyriel Zimmermann dans sa chronique sur le Journaldunet.com datant du 24 avril 2020: « Nostra maxima culpa, on ne négocie pas de contrat avec la nature, avec la vie et avec la condition humaine.  C’est sur la base de cette évidence simple que mon esprit d’entrepreneur réfléchit maintenant à mon action dans le monde d’après. Il m’a fallut presque 5 décennies et 5 semaines pour en arriver là. Pour ceux qui restent en bonne santé, cette crise n’est pas du temps perdu. C’est le temps d’avant que nous avons gâché« .  

Ainsi, une fois la vague de panique passée, nous pouvons tenter d’apprendre ce que cette crise dit de nous. Parce que les mois passent, le bout du tunnel semble encore s’éloigner et pourtant, le monde ne s’est pas arrêté de tourner. Bien au contraire, nous continuons à faire des projets, et parmis ces projets l’entrepreneuriat est bien placé. Ainsi, d’après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, 45 % des Français sont tentés par l’entrepreneuriat. De leur côté, près de la moitié des porteurs de projet voient leur motivation renforcée et veulent redoubler d’efforts face à la crise. Aninsi, malgré la chute significative du nombre de création d’entreprises en avril 2020 [-33.5%], en juillet 2020 76% des sondé.e.s considéraient l’entrepreneuriat comme un levier de réalisation personnelle.

Autrement dit, une fois la panique passée, nous sommes capables de nous réadapter pour avancer, malgré l’incertitude et l’impuissance face à cette situation. Comme quoi, c’est dans les crises que nous prennons le plus conscience de nos capacités …

Une prise de risque valorisée ?

Nous le savons sur ce blog, se lancer dans l’entrepreneuriat c’est faire Le Grand Saut. C’est risqué, grisant, fou et gratifiant, mais jusqu’alors, la France était loin d’une culture de la prise de risque. Au contraire, nous étions plus dans une culture des études, des diplômes, du CDI et de la protection sociale, autrement dit, d’une culture de la sécurité. Mais les choses changent. Le Prêt garanti par l’État (PGE), le Le statut national étudiant-entrepreneur, la Prime d’activité, tant de nouveaux dispositifs d’Etat, qui démontrent une évolution des mentalités favorisant l’entrepreneuriat et une certaine libéralisation de l’économie (protégée malgré tout).

Ainsi, aujourd’hui en France, la prise de risque entrepreneurial se démocratise et une expérience de ce type dans un CV, réussite ou échec, commence à être valoriée. Doucement mais surement, les recruteur.se.s reconnaissent les savoirs et savoirs-faires déployés dans une telle entreprise (c’est le cas de le dire), tout en valorisant la prise de risque, quelque soit l’âge. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si les deux populations les plus aidées et accompagnées vers un parcours entrepreneurial sont les étudiant.e.s et les chômeur.se.s. Parce que créer son entreprise c’est favoriser l’économie et éviter le chômage de longue duré, bref, tout le monde est gagnant.e !

Bien sur, comme toujours, cette enthousiasme est à nuancer [Nous ne sommes pas français.e.s pour rien voyez-vous…]. Une fois de plus, nous ne sont pas tous.tes égaux face à l’expérience entrepreneuriale. Parce que pour lancer une entreprise il faut de l’argent, pour avoir de l’argent il faut avoir des garants et une banque / une association qui nous soutient et que ce n’est pas le cas de tout le monde. Parce que créer une entreprise c’est justifier de sa rentabilité, de sa durabilité, de sa légitimité et que tout cela n’est pas inné (ça part en rimes).

C’est alors que l’Union fait la force. Au sein des Pépites pour les étudiant.e.s-entrepreneu.se.s, des incubateurs, des pépinières, des syndicats pour tous les autres nous ne sommes pas seul.e dans les grandes victoires et les petites galères. Un accompagnement nécessaire, surtout lorsque l’on connait les démarches administratives, financières, techniques nécessaires à la création d’une entreprise, loin, très loin, d’une promenade de santé …

Entre mythe et réalité …

Pour conclure, je dirais que cette crise par son caractère généralisé et violent a fragilisé nos certitudes et remis en question notre modèle, économique, social, humain. Mais cette crise nous a également obligé à nous arrêter, un luxe oublié dans nos société de la vitesse et de la réussite, tout en nous rappelant nos place dans un monde et dans une nature bien plus grande et forte que nous.

A force de vivre chacun.e nos vies à deux cent à l’heure, nous avions oublié que rien n’était acquis et nous n’étions pas seul.e.s. Ainsi, en un an de crise saniatire il nous a paru évident que les écrans ne remplaceront pas les contacts humains, que travailler sans sens c’est perdre son temps, que la familles et les ami.e.s sont les ciments de nos vies.

Du mythe à la réalité c’est également le cas pour l’entrepreneuriat. Je me suis lancée dans cette folle aventure depuis 9 mois maintenant, en parallèle de mes études, et malgré toute la motivation du monde et une organisation programmée, tout ne sait pas passé comme prévu. L’entrepreneuriat c’est créer, développement, adapter un projet qui vous tient à coeur, mais c’est également apprendre à accepter les critiques, accepter les contre-temps et ne rien lâcher, quoi qu’il en coûte.

Le prix de sa liberté professionnelle est bien plus élevé qu’on ne le pense …

Alors COVID ou pas, crise économique ou pas, entreprendre c’est apprendre. Sur soi, sur les autres, sur soi par rapport aux autres, et sur les autres par rapport à soi. Nous sommes capables de tout, mais pour cela il faut accepter que nous ne sommes pas grand chose. Juste une pièce dans la machine, une pièce qui ne peut fonctionner seule. Ainsi, si vous attendez d’être parfait.e pour vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous ne vous lancerez jamais. Parce que l’on ne peut pas être comptable, communicant.e, informaticien.ne, développeur.se et plus encore ne même temps, pourtant il faut toutes ses capacités pour créer une entreprise. Alors entourez-vous, demandez de l’aide et aidez les autres, parce que si la crise du COVID nous a bien appris quelque chose, c’est que tout seul on se retrouve rapidement limité.e …


Il fallait cet article pour me permettre de prendre de la distance sur ma propre expérience, mais également pour vous inviter à faire de même. J’en suis très fière. Parce que ce genre d’article demande du temps, des recherches, de la mise en forme et un ton adapté. Parce qu’il a donc fallu que je prenne mon temps, quitte à publier avec un jour de retard, mais après tout, donner des conseils c’est bien, les appliquer c’est mieux … Plus que jamais, je compte sur vous pour commenter, partager et aimer cet article, pour croiser le plus de Regards possibles avec le mien sur ce sujet qui nous concerne tous.tes.

Prenez soin de vous, comme toujours, n’ayez pas peur de la prise de risque, pour toujours …

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 15 « Plan financier, il faut bien y passer »

Se projeter pour anticiper

S’il y a bien une partie dans la création d’une entreprise qui me faisait peur, c’est bien la partie financière. Rien que l’idée de penser que j’allais devoir manipuler de l’argent pour lancer mon entreprise me donnait envie de me mettre en PLS pour une durée illimité et visiblement je ne suis pas la seule … Ainsi, selon une étude BCG* « Managing the Next Decade of Women’s Wealth », datant d’avril 2020, malgré une grande évolution dans leur façon de percevoir et de gérer leur argent, les femmes continuent d’être plus sceptiques que les hommes lorsqu’il s’agit d’investir. Pourtant, les femmes enregistrent en moyenne une rentabilité de leurs placements supérieure de près de 2 % à celle des hommes*, alors qu’attendons nous pour faire évoluer notre mentalité ?

Vous le savez, mon objectif avec cette série Serial entrepreneuse est de vous partager l’évolution de mon projet entrepreneurial, les différentes étapes à franchir, les obstacles rencontrés, les astuces que je peux vous partager … Dans ce nouvel article nous allons parler de projection financière, pour cela, je m’appuis des différents tableaux Excels que j’ai pu réaliser avec l’aide de mon conseiller BGE ADIL [Programme Entrepreneur #LEADER] et des recherches annexes que j’ai réalisé. Nous sommes donc dans du concret, du réel.

Pour ceux et celles qui débarquent, lors du STEP13, nous avons déjà abordé cette dimension financière en s’axant sur les Ressources au démarrage, des bourses universitaires aux aides d’état et jusqu’aux emprunts bancaires, tout y est, chiffres et réglementations à l’appui !

Plan d’investissement

Le Plan d’investissement c’est le premier tableau Excel que vous allez devoir réaliser sur le Plan Financier. Celui-ci vous permettre de faire une évaluation de votre situation financière et des prises de risques que vous êtes en mesure de réaliser. Ainsi, plus on est jeune, moins le risque est élevé quant à de potentiels investissements financiers, les banques le savent et vous prêterons donc plus facilement – en théorie bien sûr …

Le Plan d’investissement est en trois parties distinctes:

  • Immobilisations incorporelles
  • Immobilisations corporelles
  • Immobilisations financières

Celle-ci vons regrouper les premiers frais à venir dans votre projet d’entreprise. Entre les frais de dépôt de statut, les premiers outils nécessaires à la mise en route de votre projet et les dépôts de garanties, tant de frais que vous devez mettre à plat afin de pouvoir ensuite vous projeter sur les fonds nécessaires.

Ce Plan d’investissements est un premier tableau qui va vous suivre. En effet, vous pouvez voir que celui-ci est organisé en plusieurs colonnes vers la droites qui se complèteront dans les années suivant la création de votre entreprise. Sur le long terme, il va ainsi s’agir d’un document global d’évolution.

Bilan de démarrage

Le Bilan de démarrage est la prochaine étape de votre Plan Financier. En plus de reprendre, sur la colonne de gauche, votre « Actif », à savoir vos « Sorties », celui-ci est également composé d’une seconde partie, sur la colonne de droite, reprenant votre « Passif », à savoir vos « Entrées ».

Vos « Entrées » ce sont les fonds, propres, quasi-propres et emprunts que vous allez mobiliser dans votre projet entrepreneurial. C’est à ce moment précis que le STEP13 de la série Seriel entrepreneuse car, comme je l’explique dans l’article, entant qu’étudiant.e.s entrepreneur.se.s nous sommes souvent pauvres de Fonds propres et c’est alors que les bourses, aides européennes, d’états, régionales peuvent nous donner un coup de pouce qui fait la différence !

Une fois ce tableau réalisé, vous donnant ainsi une vue globale nécessaire sur votre situation financière, je vous conseille fortement de réaliser un Tableau croisé de vos Entrées et Sorties. Une fois de plus, Excel est votre meilleur ami ... L'objectif alors est simplement de projeter vos Entrées et Sorties par mois dans la première année d'existance de votre entreprise afin de vous projeter au maximum. Vous allez ainsi pouvoir observer, les mois ou les frais seront plus importants que les revenus ou inversement et donc équilibrer votre déploiement finacier !

Charges d’exploitation

Pour que cette question de Plan Financier soit le plus clair possible pour vous, je vous propose ci-dessous, un récapitulatif des frais et charges à prendre en compte au moment de la création de votre entreprise.

Les frais de démarage de l’entreprise

Les coûts d’immatriculation de la structure 

Le coût de l’immatriculation n’est pas le même selon qu’il s’agit d’une entreprise individuelle ou d’une société.

Entreprise individuelle

En cas d’immatriculation d’une entreprise individuelle commerciale, le montant des frais s’élève à 25,34 euros. En cas d’entreprise artisanale, l’immatriculation doit se faire au répertoire des métiers (RM). Cette formalité coûte 60 euros.

SARL et autres sociétés

En cas de création d’une société commerciale (SARL, SAS, société anonyme…) avec création d’établissement, le tarif est légèrement plus élevé : vous devrez compter 39,42 euros de frais d’immatriculation au RCS. En cas d’activité artisanale, la société doit être immatriculée au répertoire des métiers, moyennant le versement de 60 euros.

Les frais de dossier d’un emprunt 

Ils peuvent représenter jusqu’à plusieurs centaines d’euros dans la plupart des établissements bancaires, et jusqu’à plus de 1 000 € chez certains courtiers. Généralement compris entre 1 % et 1,5 % du capital emprunté, ils sont proportionnels au montant du crédit. Il s’agit donc d’un investissement conséquent à ne pas négliger.

Frais de conception d’un site internet

Selon le type de site internet envisagé, le budget à prévoir peut varier de 1 à 100 Euros. La charge de travail, et donc le prix, pour un site vitrine d’une petite dizaine de page n’est évidemment pas comparable avec celle d’un portail web composée de plus de 500 pages, avec un espace membre, un back office et des dizaines de modules.

Voici un petit tableau récapitulatif des différentes possibilités et des prix associés:

L’achat d’outils de travail

De l’achat d’un camion à simplement celui d’un ordinateur puissant, l’achat de vos outils de travail dépend de votre secteur d’activité, de votre public cible mais également de votre budget, tout simplement.

Les charges fixes

Les charges fixes concernent les frais réguliers et prédictibles à échéance, engendrés par l’activité de l’entreprise.

  • Les salaires versés et la rémunération du/ de la dirigeant.e 

Il est bien entendu conseiller de faire évoluer votre salaire de dirigeant.e en fonction de l’évolution de votre chiffre d’affaire. Ainsi, certains dirigeant.e.s vont jusqu’à ne pas de verser de salaire pendant la première année de création de la entreprise afin de valoriser leurs premières Entrées.

  • L’assurance

Pour une entreprise individuelle, le chiffre d’affaires moyen, le secteur d’activité et le nombre de garanties souscrites auront un impact sur le prix de l’assurance professionnelle. Ainsi les tarifs peuvent aller de 100 à 1000 euros par an.

  • Les honoraires d’expertise-comptable 

À titre indicatif, un expert-comptable facture entre 80 et 300 € HT par heure. Il s’appuie généralement lui-même sur un comptable pouvant effectuer les tâches de comptabilité plus sommaire à un coût largement inférieur (entre 30 et 100 € HT par heure).

  • Les frais internet et de télécommunication 

*Voir les différentes entreprises de télécommunication.

  • Les cotisations patronales et sociales 

Pour récapituler les cotisations patronales et sociales j’ai préféré vous partager ce tableau récapitulatif et très bien fait. Il date de 2020 mais peu d’éléments ont évolué.


Nous arrivons à la fin de ce STEP15 de la série Serial entrepreneuse. Le temps passe et mon projet prend forme, en même temps que le votre, j’espère. En attendant, nous nous retrouvons la semaine prochaine pour un nouveau portrait de la série Le Grand Saut, dans un domaine que je connais bien …

Prenez soin de vous et de vos finances !

Ella

Le grand saut – Indira Sebas

Portrait n°3


De retour pour un troisième portrait de la série Le grand saut, je suis très heureuse de vous présenter aujourd’hui Indira. Serial entrepreneuse, citoyenne du monde, Indira fait partie e ces entrepreneur.se.s qui inspirent par leur dynamisme et leur organisation sans failles. Indira nous embarque aujourd’hui dans un nouveau secteur d’activité en pleine essort, celui des cosmétiques bios et naturelles, pour prendre soin de soi en prenant soin de la planète. Un programme enthousiasmant à souhait ! Bonne lecture et bonne inspiration …

Indira

Comme vous le savez, ce blog c’est un peu mon journal de bord. Il me suit dans mes péripéties, dans mes évolutions et mes remises en question. Ici, pas question d’égo mais de passion, pas question de colère, même face à la critique. Ainsi aujourd’hui, le blog évolue une fois de plus avec moi avec un changement et pas des moindres: l’équipe de Regardsleblog.fr s’agrandit ! Michaël, oui oui mon portrait de la semaine dernière, sera ainsi le premier Regard sur ma plume à partir d’aujourd’hui en tant que relecteur et correcteur. Une mission au sommet que je suis très heureuse de lui confier, on lui souhaite bon courage …

Qui es-tu ?

Indira a 25 ans, originaire de la Guadeloupe, elle se considère comme citoyenne du monde car a grandi en Guyane jusqu’à ses 11ans, avant de poursuivre sa scolarité à Madagascar au gré des changements de poste de sa maman. En terminale elle poursuit sa scolarité en Belgique avant de faire le choix de la France pour ses études universitaires. En suivant ce chemin aux quatre coins du monde, Indira a ainsi brassé différentes cultures qui l’ont autant inspirée qu’émerveillée. Se considérant comme « multi passionnée », Indira a beaucoup de passions ; du self-care à la nourriture, en passant par les produits naturels, mais également le voyage.

Quel est ton parcours ?

Indira a fait plusieurs lycées français et a poursuivi en rentrant à Paris pour se focaliser sur le secteur du luxe et de la mode. Après plusieurs expériences dans la haute couture, chez JP Gaultier notamment, elle se tourne finalement vers les marques plus terre à terre, proches des consommateurs lambdas, grâce à une belle expérience chez Vente privée (aujourd’hui Veepee). Par la suite, Indira s’est intéressée à l’origine des matières dans la mode, notamment via une expérience en bureau d’agent textile – intermédiaire entre les maisons de mode françaises et les usines en Asie – . Elle prend alors conscience de la pollution énorme du secteur de la mode et de la sur-création de vêtements. C’est cette prise de conscience qui fait germer en elle l’idée de se focaliser sur le RSE dans la mode, mais malgré plusieurs mois de recherche, elle ne trouve pas d’alternance. Finalement, Indira trouve un contrat chez Orange dans la lutte contre la corruption. Assoiffée par sa quête de sens, elle prend alors un autre tournant, la rapprochant du continent africain si cher à son cœur. Aujourd’hui Indira travaille toujours chez Orange, dans cette même branche au sein de laquelle elle a tant appris, depuis un an et demi.

En regardant en arrière, Indira se rend compte que la quête de sens a toujours guidé son parcours. De la mode de luxe dans laquelle elle ne trouvait pas de sens, elle s’est dirigée vers la mode au plus près des gens avant de prendre conscience de la pollution très importante, pour arriver finalement sur la RSE et la lutte contre la corruption. Grâce à son fort intérêt sur ces thématiques, elle a validé son master avec son mémoire : « Comment lutter efficacement contre la corruption en Afrique ? », un sujet complexe, à la hauteur de ses ambitions.

Indira est actuellement à 80% chez Orange pour se dédiéer à son projet le reste du temps, elle tente ainsi de garder un équilibre entre passions et vie professionnelle.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Petite, Indira voyait l’entreprenariat comme une source de grande instabilité. Il faut savoir qu’elle connait les deux côtés du système professionnel, puisque sa mère carriériste a réalisé toute sa vie professionnelle sur un modèle de développement « classique », là où son père, entrepreneur, s’est lancé dans le pari de l’entreprenariat tôt. A Madagascar, Indira avait beaucoup de parents d’ami.e.s qui avaient un projet entrepreneuriale à côté du lycée ; : restaurant, hôtel… En les observant, Indira voit alors avant tout l’entreprenariat comme un moyen de s’accomplir économiquement. En creusant, c’est ensuite grâce à YouTube qu’elle découvre des parcours lui démontrant que l’entreprenariat est également un moyen de s’épanouir personnellement (Marie Forleo, américaine, est notamment une de ses premières inspirations).

Ton Grand Saut

L’entreprenariat est dans l’ADN d’Indira ; à 19 ans seulement elle créée un compte fitness, suivi dans sa finalité par des milliers de personnes, qu’elle va finalement abandonner par manque de temps. Ensuite, elle commence un business de bijoux, en rachetant des stocks asiatiques qu’elle revend : ce projet dure 3 mois.

C’est finalement le confinement qui a déclenché son grand saut ; Indira prend plus de temps que d’habitude pour prendre soin d’elle et notamment de ses cheveux. Plusieurs années auparavant elle avait pris connaissance de l’existence du statut SNEE (Statut National Etudiant-Entrepreneur) de Pépite France, qui lui revient en tête. L’idée de se lancer mûrit alors en quelques semaines, celle de produits pour cheveux, bios, naturelles et accessibles, il ne reste plus qu’à franchir le cap, ce qu’Indira fait quelques semaines plus tard. Une expérience qui nous rappelle que suivre son instinct est la clé à la plupart des grands sauts, le cœur plutôt que la raison ?

Evolution de ton projet

Au moment de déposer sa demande de statut auprès de Pépite France, l’idée d’Indira est plutôt large : développer une marque de produits capillaires à destination des femmes, bios et naturels mais uniquement sous forme de produits solides.

En se renseignant et en réalisant son benchmark (questionnaire, interviews…), Indira prend ensuite conscience que la France – et l’Europe en général – n’est pas prête à accueillir une marque cosmétique tout solide, notamment par rapport à leurs habitudes de consommation. Elle décide alors d’élargir sa marque avec des produits liquides. Urbène prend alors doucement forme. En continuant son analyse du secteur, Indira prend conscience d’un besoin tourné vers les femmes vivant dans les grandes villes ; obligées de faire face aux problématiques liées à la pollution urbaine [Présence élevée de calcaire, pollution de l’air, températures changeantes…]. En renforçant les actifs de ses produits, Indira se spécialise alors doucement vers ce terrain spécifique pour répondre à ces besoins.

La partie financière, notamment au niveau des prévisionnels a été le premier obstacle d’Indira. Comme la plupart des étudiant.e.s-entrepreneur.se.s, elle n’avait en effet jamais été confrontée à ce type de problématiques et d’exercices lors de son parcours universitaire, c’est donc un nouveau monde qu’elle a dû découvrir et de nouveaux outils à manier. La sélection du laboratoire a aussi été au cœur de ses problématiques, l’équilibre du qualité-prix de ses produits en dépendait et Indira savait que ce choix était essentiel pour la bonne continuité de sa démarche. En effet, il faut compter un an pour la concrétisation des produits. Indira n’a pas senti un manque de légitimité, notamment grâce à son premier Master en achat et logistique, qui lui a permis d’anticiper la démarche de contact fournisseurs. De plus, son expérience chez Vente-Privée en entreprenariat, multitâches (achat, négociation des prix, créatif…) lui a donné de nombreuses clés pour mener à bien son projet.

Ton accompagnement

Indira est très reconnaissante du SNEE Statut National d’Etudiant Entrepreneur – qui lui a donné le courage de se lancer, il lui apporte également un suivi et des conseils très précieux tout au long des différents jalons clés de son projet. Nicole pour le côté global et Anne Moreau pour le côté RSE, mais également une professeur de chimie, dont elle a eu le contact grâce au SNEE, et avec laquelle elle a mis en place un projet en partenariat avec des étudiant.e.s Bac+2 pour la création de sa première gamme de shampoing.

Ce sont les rencontres et les ateliers physiques qui manquent énormément à Indira aujourd’hui. Elle prône également un développement des liens avec des ancien.ne.s étudiant.e.s-entrepreneur.se.s étant passé.e.s par les Pépites pour un retour d’expériences et des conseils pratiques en toute fraternité.

Indira est dans le programme Good Beauty avec la Fabrique 621, en parallèle de l’accompagnement du SNEE. Celui-ci accompagne les porteurs de projet dans la cosmétique, du choix des matériaux au développement du produit et jusqu’à sa commercialisation. L’objectif final du programme est un concours ouvert aux participant.e.s leur offrant le coût de formulation d’un produit. C’est un laboratoire spécialisé qui gère et organise ce programme.

Ta perspective d’évolution

A la fin de l’année 2021, Indira souhaite sortir sa première gamme, composée de trois premiers produits. En 2022, elle souhaite poursuivre son développement avec la sortie de nouveaux produits, notamment des produits pour la peau, tout en ouvrant les ventes à l’international ; Indira a déjà anticipé ce développement à venir en échangeant avec son laboratoire afin que celui-ci gère les mises à jour produits en termes de normes américaines et chinoises, en plus de celles européennes. En fonction de l’évolution du groupe, Indira souhaite embaucher, sur le long terme.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

Tu n’as rien à perdre à te lancer. Il vaut mieux se dire que l’on a essayé plutôt que d’être dans le regret toute la vie. Une collègue lui a dit, « Jeune, je voulais créer une marque de mode mais j’ai voulu attendre d’avoir une carrière et des économies et finalement je regrette aujourd’hui de ne jamais m’être lancé » ; Autrement dit, demain se construit maintenant.

Nous arrivons à la fin de ce Portrait n°3 de la série Le Grand Saut. Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Indira pour avoir pris le temps de partager son parcours et son projet avec nous. Je suis fière de la tournure super dynamique que prend ce projet et de vos retours enthousiasmés et enthousiasmants !

On se retrouve la semaine pour un nouveau portrait, toujours aussi inspirant et riche en péripéties … Bonne semaine à vous et on ne lâche rien – quelles que soient les annonces de samedi !

Ella

Le grand saut – Michaël Randrianifahanana

Portrait n°2

Je suis très heureuse et fière de vous retrouver aujourd’hui pour ce second épisode de ma nouvelle série, Le grand saut, qui met en lumière des parcours et projets d’étudiant.e.s-entrepreneur.se.s, sous forme de portraits. Pour ce second portrait, je reçois Michaël. Ensemble nous avons parlé de son parcours d’étudiant étranger en France, de son Grand saut vers l’entreprenariat et de ce beau projet de Parc à thème linguistique qu’il porte, en cohérence avec sa passions du jeu et son parcours de linguiste invétéré. Un très bel échange qui nous entraine dans un nouveau secteur d’activité, qui vit de plein fouet la crise et est amené à se renouveller, continuellement.

Michaël

Come vous avez pu le comprendre, vous avez devant vous le second article de cette série mais, bel et bien, le premier réalisé avec une autre personne que … moi-même. Après mûre réflexion j’ai donc décidé de l’écrire à la troisième personne du singulier, n’hésitez pas à me faire vos retours [Comme vous l’avez formidablement fait pour le premier], en commentaires ou sur LinkedIn ! N’oubliez pas mon regard, croise leurs regards qui croisent vos regards ce qui donnne: ce blog.

Qui es-tu ?

Michaël Randrianifahanana, vient de Madagascar et est venu en France pour les études, sa première passion ? Le jeu. Les jeux vidéos notamment et particulièrement le jeu Super Smash Bros. Son Mémoire de M2 s’intitulait d’ailleurs; *Comment intégrer l’amusement dans les entreprises au service de l’apprentissage des compétences, ça fait sens ! Aujourd’hui professeur de mathématiquess à côté de ses études via la plateforme Explique moi Pythagore – autre entreprise issue du statut étudiant-entrepreneur – il apprécie justement beaucoup ce côté ludique des mathématiques, « résoudre des problèmes ».

Quel est ton parcours ?

A son arrivée en France, Michaël a suivi une Prépa Biologie à Janson de Sailly, un an intense qui lui a appri la discipline et l’organisation. Il s’est finalement réorienté après sa P1 vers une Licence d’administration et échange internationaux [¨Pluridisciplinaire: éco, politiques, socio…] Parcours Shangaï à l’UPEC. Finalement, c’est en toute logique qu’il a complété ce parcours par un Master Management et Commerce International Spécialité Chine [Avec cours de Mandarin]. En parralèle de ses études, Michaël est également engagé sur le Campus entant notamment qu’Ambassadeur de sa Faculté et qu’employé étudiant au sein du bureau des relations internationales.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Michaël a toujours été admiratif de ceux et celles qui ont l’audace de se lancer dans l’entreprenariat; de ceux et celles qui ont les idées pour créer un projet. Il n’avait pas de modèle particulier, même s’il a toujours été très inspiré par ceux qui sont parti.e.s de rien (Zuckerberg…).

Ton Grand Saut

En 2019, Michaël est accepté pour un semestre d’échange universitaire au Japon et fait le choix de sélectionner plusieurs matières en Management. A chacune de ses matières on va lui demander d’imaginer un projet entrepreunarial différent. Pour un premier cours, pour lequel il devait présenter un projet innovant, il présente une App pour permettre aux gens ne parlant pas la même langue de communiquer grâce à des images ; en partant d’une grande base de données de symboles commun à mettre en forme pour créer un message. Dans un second cours, pendant lequel il devait partir d’un type de projet déjà existant, il imagine un Café des langues. Enfin, c’est au sein d’une échange informelle qu’une amie lui demande « Si tu avais beaucoup d’argents que ferait-tu? », il laisse alors son imagination naviguer vers l’idée d’un Parc à thème, menant ainsi ces deux passions: le jeu et les langues, son projet entrepreneurial est finalement né.

Il rentre par la suite en France et doit chercher un stage, il se tourne alors sans réflechir vers des parcs à thème, l’environnement de travail l’enthousiasement. Avec l’arrivée de la crise COVID, il doit remplacer son stage par son Mémoire* lui permettant de poursuivre dans cette dynamique du ludique au service des compétences. Prenant peu à peu conscience de l’opportunité du statut EE, qu’il avait découvert quelques mois auparavant, Michaël fait finalement sa demande en septembre 2020, lors du dernier jury Pépite de l’année ! Tout s’est donc jouer en 10 jours pour Michaël, entre son rendu de Mémoire et le dernier jury pour obtenir le statut EE. Pendant ces dix jours son projet de parc à thème s’est mis en place ; entre amusement, langues et pédagogie.   

Evolution de ton projet

En postulant, le projet de Michaël avait des bases par idées clés, mais il se doutait déjà qu’un an ne suffirait pas et qu’il projetait un projet avant tout sur le long terme. A ce moment, il ne savait pas notamment si son parc resterait en France ou à l’étranger.  Dans les derniers mois, entre septembre et janvier, il a beaucoup participé à des Webinars pour développer son savoir théorique sur son secteur d’activité, la démarche de création d’entreprise, ou encore la gestion de celle-ci. Amenait à gérer un projet de grande envergure, Michaël préfère prendre le temps de se former avant de rendre son projet effectif.

D’autant plus que la situation sanitaire a beaucoup freiné sa dynamique; de l’analyse de la concurrence aux rencontres avec différent.e.s acteur.trice.s de son secteur d’activité, pour l’instant la majorité de ces tâches sont en StandBy, c’est la problématique de beaucoup d’ailleurs qui entreprennent dans la restauration, les parcs ludiques, sportifs mais aussi la culture … Michaël est néanmoins en contact avec MindoLingua, Musée situé près du Jardin du Luxembourg, et dédié à l’histoire des langues, ce qui lui permet de beaucoup échanger avec d’autres professionnel.le.s engagé.e.s dans ce sujet au coeur de son projet.

Michaël s’est également donné un sacré objectif principal depuis quelques mois, celui de développer son réseau professionnel notamment via LinkedIn. Il souhaite ainsi atteindre les 500 relations d’ici fin janvier et nous ne pouvons que l’encourager dans cette démarche !  

Ton accompagnement

Pour Mickael, le Statut Etudiant-Entrepreneur et l’accompagnement Pépite lui ont donné avant tout un cadre réactif notamment grâce aux différent.e.s intervenant.e.s passionnant.e.s et passionné.e.s qui donnent des clés Webinar par Webinar en allant à l’essentiel. Leur adaptation face à la crise sanitaire est également à relever, puisque tous les ateliers et séminaires ont été passés en ligne avec facilité. Beaucoup de choses nous sont proposés pour faire du lien malgré la distance. Mickael est donc globalement très satisfait du statut.

En plus de cette accompagnement, « classique », Michaël a intégré depuis le 19 janvier 2021, le LABS – Modules en ligne de concepteurs d’idées – lui donnant notamment des échéances claires pour rendre les différentes étapes de son projet au fur et à mesure. Il est notamment accompagné par Nicole Brzustowski du Pépite et sa tutrice du MIEE, elle-même ancienne étudiante-entrepreneuse ayant monté un projet de parc à thème; un soutien sans faille qu’il souligne et lui permet de naviguer à vue dans un secteur d’activité par toujours évidant, on ne le répètera jamais assez, le réseaux, toujours le réseau, d’abord le réseau !

Ta perspective d’évolution

Pour l’instant, le projet de Michaël n’est pas en voie de concrétisation, dans les mois à venir il réfléchit surtout à travailler son indépendance financière via son job chez Explique-moi Pythagore. Pour l’année prochaine, Michaël pense également à reprendre ses études pour compléter son parcours avec une formation dédiée au Big Data. Une logique d’autant plus importante qu’entant qu’étudiant étranger Michaël est soumis à une certaine règle; ainsi, il ne peut reprendre ses études s’il commence à travailler ! C’est donc un choix important à faire qui pousse aujourd’hui Michaël à poursuivre sa formation avant de se dédié à 100% à son magnifique projet.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

« Qui ne tente rien n’a rien ». Mickael vous rappele que l’aventure apprend beaucoup dans la vie, notamment par rapport à votre secteur d’activité, votre public cible … Il ajoute qu’après avoir hésité il est temps de se lancer car on ne perd jamais rien, au contraire l’échec apporte autant voir plus que les réussites. Mickael par exemple nous raconte qu’il a beaucoup appri de son expérience « loupé » en Prépa, pourtant, il s’agit d’un échec, socialement parlant. Littéralement, en faisant Le Grand Saut, impossible de savoir ou tu va retomber, mais il faut avoir confiance en soi, garder espoir et surtout persévérer, en saisissant les opportunités. L’entreprenariat c’est un peu la grande aventure de la vie, tu gagnes, tu perds mais quoi qu’il en soit il faut oser, prendre des risques et savoir tirer le positif, parce que, à chque fois, tu apprend !

Nous arrivons à la fin de ce Portrait n°2 de la série Le Grand Saut. Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Michaël pour avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’était un temps d’échange passionnant et passionné qui nous rappelle que derrière les écrans en Webinars et Ateliers il y a des personnes, aux parcours inspirants. J’espère de tout coeur avoir réussi à vous transmettre un peu de l’énergie entrepreneuriale à travers le Portrait de Michaël, vous avoir inspiré et pourquoi pas provoqué votre Grand Saut.

On se retrouve la semaine semaine pour un nouveau portrait, féminin cette fois et dans un secteur d’activité bien différent. Prenez soin de vous et osez, toujours.

Ella

Le grand saut – Ella Duval

Portrait n°1

Etre une plume c’est une chose, devenir le sujet de son propre article en est une autre. Après tant de temps à vous parler sans vraiment que vous sachiez qui je suis, et pour débuter une série qui parlera avant tout d’autres, il est temps pour moi de me prêter au jeu et de vous parler, de moi. Car c’est le challenge que je me suis donnée dans cette nouvelle série Le grand saut, dépeindre le portrait d’un.e étudiante.e-entrepreneur.se chaque semaine, pour que nous puissions nous inspirer les un.s les autres et aider ceux qui doutent à faire enfin, Le grand saut, vers l’entreprenariat …

Pour cette série de portraits, j’ai décidé de partir d’une série de 14 questions pour pouvoir cerner l’entrepreneur.se dans sa globalité avant de s’atteler spécifiquement à son projet et son développement. Générallement, les personnes interviewé.e.s sont toutes issu.e.s de l’accompagnement Pépite France grâce au statut d’étudiant.e-entrepreneur.se, je souhaite ainsi également vous montrer les avantages (et inconvénients) de ce programme, tout en vous en présentant d’autres, grâce à l’expérience des invité.e.s.

Pour débuter cette nouvelle série j’ai donc décidé de me prêter au jeu. A chaque portrait le format sera le même; des questions courtes présentés dans l’article sous la forme de grands titres.

Ella

Qui es-tu (suis-je)?

Je m’appelle Ella Duval, je suis Basco-Béarnaise (vive les chocolatines) et j’ai 22 ans. Engagée depuis mes années lycées, pour la représentation lycéenne puis étudiante, contre le harcèlement scolaire, les discriminations [Sexisme, racisme, LGBTQIA+phobies…] entant qu’élue au Conseil Académique de la Vie Lycéenne et Ambassadrice Académique contre le harcèlement scolaire, je me considère aujourd’hui comme Activiste. Je poursuis d’ailleurs ces combats entant que bénévole au sein de l’association Marion la main tendue qui lutte contre harcèlement scolaire et le cyber harcèlement et entant que Présidente de l’antenne Amnesty International UPEC. Mon blog, créé en 2016 et mon podcast, créé en 2020 sont également pour moi des outils d’engagement, qui me permettent de porter mes combats autant que de les partager.

Sinon, ma couleur préféré c’est le bleu, mon chiffre préféré le 14, j’adore voyager, lire, marcher et le théâtre a changé ma vie.

Quel est ton (mon) parcours ?

Je suis diplômée d’une Bac Littéraire spécialité Théâtre [C’est là que ça a changé ma vie].

J’ai poursuivi avec un DUT Communication des organisations à l’IUT Bordeaux Montaigne, pendant lequel j’ai pu effectuer un échange universitaire à Santiago au Chili, grâce auquel je suis partie en Backpack d’un mois entre le nord du Chili, le sud du Pérou et le sud de la Bolivie (vous pouvez retrouver le récit de ces aventures sur le blog…).

Pour pouvoir rentrer en Master il me fallait une Licence 3 … j’ai donc poursuivi en Licence pluridisciplinaire Cultures modernes et contemporaine [Majeures Histoire, Anglais appliqué et Littérature] à l’Université Bordeaux Montaigne.

Il était alors temps pour moi de revenir à mes premiers engagements c’est pourquoi j’ai poursuivi avec mon premier voeux, le Master Sciences de l’éducation, Expertise, Ingénerie et Projets Internationaux de l’UPEC. En plus de me faire quitter mon Sud-Ouest chéri, ce Master m’a donné l’opportunité de revenir vers le secteur de l’éducation qui me tient tant à coeur, tout en me donnant une dimension internationale au coeur de mes projets. C’est également grâce à l’UPEC que j’effectue aujourd’hui mon premier semestre de M2 en échange Erasmus au sein de la Universidad de Burgos (Espagne), en Master Sociedad y Educativa Inclusiva.

Tout au long de mon parcours, j’ai réalisé de nombreux stages (un par an pendant mes années lycées); entant que Journaliste (journal Sud-Ouest, radio France Bleu Béarn, magazine Phosphore), que Communicante (Mairie de Bordeaux, UNEP, Zankyou) et que Chargée de projet éducatifs (France Education International); qui m’ont permis d’affronter la réalité professionnelle, en secteur public et privé et d’observer ses points positifs et négatifs …

Ton (mon) Regard sur l’entreprenariat

L’entreprenariat m’a toujours paru très éloigné de moi. Souvent symbolisé dans mon esprit par la Startup parisienne tech, à l’Open Space bruyant et aux collaborateur.trice.s (trop) enthousiastes. Pour être sincère, ma seule expérience dans une entreprise issus de ce modèle, chez Zankyou Wedding à Madrid m’a fortement déplu. L’exemple même de la Startup devenue trop grande, ingérable et surtout mal gérée, les avantages (multiculturalité, 100% On Line, Open Space..). étant devenus des inconvénients …

Finalement, mon père a créé son entreprise à la suite de la fermeture de sa boite et je me suis rendue compte que n’importe qui pouvait devenir entrepreneur.se avec beaucoup de détermination et une organisation sans faille. Après tout mon père et mon grand-père maternel ont bien été entrepreneurs, chacun en cohérence avec leur temps, leur métier et leurs valeurs, alors, pourquoi pas moi ?

Ton (mon) Grand Saut

Mon Grand Saut s’est préparé en mai 2020, en pleine crise sanitaire due à la COVID-19. Je suis alors stagiaire chez France Education International, opérateur du Ministère de l’Education National pour mon stage de M1, mais la situation m’a obligé à un rappatriement d’urgence chez mes parents. C’est donc à distance que je vis cette incroyable expérience. Les projets ne manquent pas malgrè la crise, bien au contraire, le système de l’école à la maison doit-être mis en place de toute urgence, et le Laboratoire Numérique d’Education de FEI, au sein duquel je réalise mes missions est sollicité. Je me retrouve donc à travailler sur une immense plateforme pour proposer aux professionnel.le.s de l’éducation des outils numériques adaptés à la continuité pédagogique, à distance.

Rapidement, nous nous rendons compte que les établissements ne sont pas équipés pour assurer cette continuité pédagogiques et que les professionnel.le.s de l’éducation sont dépassé.e.s par ces nouveaux outils, aux antipodes de leurs pratiques habituelles.

En parallèle, les médias commencent à parler de la crise économique qui allait suivre la crise sanitaire et à la « génération sacrifiée » en fin d’étude ou rentrant tout juste sur le marché de l’emploi (c’est à dire la mienne), qui risquait de se retrouver rapidemment confronter au chômage ou/et aux emplois alimentaires. Vous pouvez donc imaginer mon enthousiasme face à de telles perspectives d’avenir …

En échangeant avec ma maitre de stage au sein de France Education International, la formidable Federica Minichiello, je prend alors conscience de la possibilité de l’entrepreneuriat comme porte de sortie. La problématique de manque de communication entre les différent.e,s acteur.trice.s des écoles se trouve justement entre mes deux secteurs d’activité; la communication social et l’éducation et le statut d’étudiant.e-entrepreneur.se des Pépites (que je viens alors de découvrir), me permet de lancer mon projet entreprenarial tout en terminant mon Master. Mon mot d’ordre de 2020 étant improvisation, je m’inscris alors pour passer les entretiens nécessaires à l’obtention du statut, les candidatures étant justement repoussées pour cause de crise sanitaire (si ce n’était pas un signe …).

A peine 2 mois après en avoir eu l’idée, mon Grand Saut a ainsi eu lieu en juillet 2020, par mon obtention du statut d’étudiante-entrepreneuse, en pleine crise sanitaire, en plein milieu de mon Master et 3 mois avant mon départ en Erasmus; un challenge à la hauteur de mes ambitions !

Evolution de ton (mon) projet

Au moment de demander mon statut d’étudiante-entrepreneuse j’avais donc déjà une certaine idée de mon projet d’entreprise. Mon secteur d’activité (l’éducation), était défini ainsi que mon objectif central (favoriser la communication entre les différent.e.s acteur.trice.s des écoles). Néanmoins, mon public cible n’était pas clair, tout comme les services spécifiques que j’allais proposer ou encore quels outils j’allais pouvoir utiliser.

C’est au cours de mes différents entretiens, avec les équipes Pépite ou encore grâce à mon accompagnement avec BGE ADIL (dont je vous parle après) que j’ai pu faire évoluer mon projet. En prenant point par point les étapes centrales à la création d’une entreprise (Business plan, Analyse de la concurrence, Création image de marque, Plan financier…), notamment à partir d’un rétroplanning solide, j’ai pu développer mon idée pour que celle-ci devienne un réel projet. Vous pouvez d’ailleurs retrouver toutes ces étapes sur le blog dans la série Serial entrepreneuse, loin d’être terminée !

Concernant les difficultés que j’ai pu rencontrer, celles-ci sont particulièrement d’ordre technique. Ainsi, non seulement la crise sanitaire nous a obligé à un accompagnement (Pépite, BGE ADIL…) 100% virtuel, mais en plus elle nous a complétement placé dans une incertitude qui nous empêche d’avoir une vision clair sur le court terme. Plus le temps avance et moins nous savons ou nous allons, difficile alors de tenir son rétroplanning une fois que tout ce qui a pu être réalisé à distance a été réalisé. Comme tout entrepreneur.se, j’ai également été confronté à des étapes plutôt éloignées de mes savoirs faires habituelles … La comptabilité, les plans financiers, la capacité à mettre un prix sur ses services, tant de hantises qu’il m’a fallut afronter pour avancer, aussi difficile que ce fut …

Ton (mon) accompagnement

Concernant mon accompagnement, c’est principalement le statut de Pépite France et spécifiquement du Pépite 3EF qui m’a permis de développer mon projet, mais pas seulement. En effet, en me renseignant sur les différentes aides qui étaient à ma portée entant qu’étudiante-entrepreneuse d’Ile-de-France, notamment pour un suivi individualisé, je suis tombée sur le programme en partenariat entre BGE ADIL et le Région Ile-de-France; Entrepreneur #LEADER. Celui-ci propose un accompagnement personnalisé par un conseiller, accessible dès la phase de création de votre entreprise et jusqu’à 24 mois après. Proposé en trois temps: Batir mon projet, Financer mon projet et Piloter mon entreprise; celui-ci est GRATUIT pour les -26 ans, bénéficiaires des minimas sociaux (RSA, ASS…) et travailleur.se reconnu.e.s en situation de handicap.

En complément de mon accompagnement avec le Pépite 3EF qui m’a permis de suivre une multitude d’ateliers et séminaires, tout en me créant un réseau d’étudiant.e.s-entrepreneur.se.s et professionnel.le.s du secteur, le programme Entrepreneur #LEADER, m’a offert un suivi individualisé grâce à des entretiens toutes les deux semaines avec un conseiller dédié. Ces entretiens ont notamment rythmé l’avancé de mon projet en me donnant des Dead lines, pour chaque tâche, tout en m’offrant un regard extérieur sur mes choix spécifiques.

Pour revenir au statut d’étudiant.e-entrepreneur.se proposé par les Pépites, je n’ai pour l’instant pas pu en profiter dans son ensemble et il me tarde notamment de pouvoir accéder à l’expace de Co-working de la Maison de l’Innovation et de l’Entreprenariat Etudiant de Créteil, tout en participant à des évènements EN PRESENTIEL. Pour compléter, je pense que des points plus réguliers en groupe ou en individuel serait intéressant et nous permettrait de nous encourager dans nos démarches respectives, tout en se donnant des objectifs communs et individuels sur le court terme. Egalement, j’étais très exitée à l’idée d’avoir un.e professionnel.le à mes côté dans le développement de mon projet et je trouve que finalement cette partie a été baclée et peu mise en avant; mais une fois de plus, la situation particulière doit jouer.

Ta (ma) perspective d’évolution

Au 1er février 2021, je rentre dans ma Phase 2 de développement d’entreprise. Avec mon retour en France, ma démarche va devenir plus concrète notamment avec le dépôt de mes statuts et le début de ma campagne de prospection. Sur le long terme j’ai un certain nombre d’ambition pour cette entreprise qui me semble complétement en cohérence avec les besoins du secteur, que ce soit en France mais également plus largement en Europe (mon expérience en Espagne me le confirme tous les jours). C’est donc un développement au niveau national puis au niveau européen que je vise. Mon plan de service a justement été créé pour être adaptable et flexible aux différents besoins spécifiques des établissement quelque soit leur espace géographique et problématiques.

Un des points central dans cette perspective d’évolution concerne l’embauche de collaborateur.trice.s. J’ai bien consicence que je ne vais pas pouvoir travailler seule longtemps, surtout en vue du programme de service que je développe centré autour de projet globaux de communication par établissement (benchmark, création d’outils, gestion, formation et suivi); c’est pourquoi trouver des collaborateur.trice.s passionné.e.s et motivé.e.s va certainement être au coeur de mon développement au cours de ma première année de développement.

Concernant la question de ma légitimité et mon ressentie par rapport à celle-ci, je pense pouvoir dire que j’y gagne, doucement mais surement. Il est tellement difficile pour moi de me dire que j’ai suffisament de valeur pour fixer un prix sur mes services, après tout entre mes stages, mon blog, mon podcast, mes bénévolat, cela fait des années que je travaille … gratuitement. Pourtant, il m’apparait évident aujourd’hui que gagner en valeur va également me permettre de gagner en confiance en moi et donc en légitimité.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

S’il y a bien une chose que cette expérience entreprenariale m’a apprise c’est que, toute expérience a quelque chose à t’apprendre. Ainsi, même si tu as l’impression de prendre énormément de risque en faisant Le Grand Saut vers l’entreprenariat, tu as surtout énormément de choses à apprendre, des choses qui te serviront, que ton projet aboutisse, ou pas. Nous sommes une génération en quête de sens,plus que jamais, nous avons ainsi conscience que ce qui se joue ici et maintenant, dans notre vie privée mais également dans notre vie professionnelle peut vraiment faire la différence; alors, pourquoi pas toi ?

Nous arrivons à la fin de ce premier portrait/ teaseur de cette la série Le Grand Saut. Dès la semaine prochaine nous poursuivons avec le portait d’un premier étudiant entrepreneur au profil et mon projet bien différent du mien ! En attendant, n’hésitez pas à partager, commenter et donner votre avis sur ce nouveau projet; comme vous le savez, ici, votre Regard compte autant que le mien …

Ella