SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 16 « Entrepreneuriat en temps de COVID »

C’est dans les crises que naissent les plus beaux projets

C’est avec cette certitude que j’ai créé mon projet, qui est ensuite devenu une entreprise. Une vision optimiste qui cache pourtant une triste réalité; l’économie est au rouge et l’entrepreneuriat reste une porte de sortie comme les autres, incertaine et aux multiples obstacles. Alors que la crise sanitaire n’a pas encore atteinte sa finalité, que le bout du tunnel semble encore s’éloigner, je vais tenter dans cet article de tirer un premier bilan de l’entrepreneuriat en temps de COVID. Un bilan nuancé, parce que j’aime le verre à moitié plein et enthousiaste parce que quoi qu’il arrive, nous sauront tirer le positif de cette crise.

Après tout, ne sommes nous pas la génération [Attentats ? Gilets jaunes ? COVID ? NON.] INVINCIBLE !

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C’est en lisant, le 1er février dernier, le billet d’humeur de Nicolas Vadovato, président d’Entrepreneurs.fr sur LesEchos.fr, que j’ai commencé à sortir la tête de mon ordinateur pour tenter de voir l’impact de cette crise sur ma propre expérience entrepreneurial. Un exercice loin d’être simple parce que c’est connu, lorsque l’on est dans un projet il est difficile de prendre de la distance sur celui-ci. Au contraire, nous avons plutôt tendance à avancer sans reprendre son souffle au grès des imprévus et des remises en questions.

Pourtant, cette crise sanitaire est presque devenu le fil conducteur de mon projet. C’est en effet elle qui a déclanché le système d’Ecole à la maison qui a bouleversé mon secteur d’activité. C’est également elle qui m’a obligé à anticiper ma fin d’étude, ce grand saut dans le vide qui semblait rimer, plus que jamais, avec chômage et déclassement social. C’est encore elle qui m’a offert un billet retour, sans arrêt, vers ma maison familial en cette dernière année d’étude universitaire, loin de mes projections passées. Bref, la COVID est le ciment de ce projet qui guide mon présent et me permet encore d’imaginer un avenir, tout en étant celle qui a rempli ce même présent et ce même futur d’une incertitude, gluante, épaisse et souvent étouffante.

Alors comme le dit si bien Nicolas Vedovato, les entrepreneur.se.s sont-iels les oublié.e.s de la crise sanitaire ou s’agit-il simplement d’un secteur en pleine évolution, comme tant d’autres ? Parce qu’il faut-être conscient.e.s d’une chose, la COVID a poussé autant de gens vers l’entrepreneuriat qu’elle n’en a fait couler. Des profils, par ailleurs, qui sont généralement plus diversifiés que ceux avant la crise: les étudiant.e.s en quête de sens, les jeunes actifs avides de renouveau, les cinquantenaires que la crise a mené vers le chômage …

Alors, COVID: effondrement ou renaissance du monde entrepreneurial ?

La numérisation comme solution ?

Dès le début du premier confinement, le numérique s’est positionné comme solution ultime face à la COVID. Dernier rempart contre l’isolement, premier outil pour la continuité pédagogique et le télétravail, nouvelle grande surface 2.0, ou l’art d’Amazone. Bref, c’est dernière nos écrans que nous avons basculé dans la dimension parallèle COVID.

De ce côté là, les entrepreneur.se.s, comme le reste de la population, ce sont retrouvé.e.s divisé.e.s en deux groupes: Ceux.lles pouvent poursuivre leur activité à distance [Parce que ayant une activité pouvant se gérer en ligne ET étant équipé.e.s pour assurer cette continuité] et ceux.lles ne pouvant poursuivre leur activité à distance [Parce que n’ayant pas une activité pouvant se gérer en ligne ET/OU n’étant pas équipé.e.s pour assurer cette continuité]. Des conditions loin d’être égalitaires donc, alors pourquoi pendant plusieurs mois avons nous fait circuler le mythe du « Tous.tes dans le même bateau, tous.tes égaux face au COVID » ?!

Parce que la réalité au fil des mois de confinement, de déconfinement et de reconfinement partiel a été tout autre. Les innégalités ce sont accentuées pendant cette crise sanitaire: Dans son article datant du 12 octobre 2020, l’Humanité publié ainsi que « Près de 11 % des personnes de 18 à 64 ans occupant un emploi n’ont pas travaillé pendant le confinement. Un taux qui atteint 18 % chez les 18/24 ans. Cette situation est aussi plus fréquente en milieu populaire : elle a touché 14 % des employés non qualifiés, 16 % des ouvriers qualifiés, 17 % des ouvriers non qualifiés, contre seulement 5 % des cadres et professions intellectuelles supérieures. 50 % des cadres ont pratiqué exclusivement le télétravail, contre 1 % seulement du monde ouvrier« . 

Des chiffres parlant nous démontrant à quelle point la crise et sa gestion, à majorité grâce aux outils numériques, ne sait, une fois de plus, pas positionnée sur un axe social, mais bien plus sur un axe économique. Dans ce même sens, nous pouvons relever que les trois métiers ayant poursuivit leur activité même au plus fort de l’épidémie, sont portés à majorité par des femmes, précaires et à la reconnaissance sociale moindre: les caissières, les infirmières et les aides-soignantes.

Parce que ces trois métiers peuvent-être aussi pratiqués en libéral et donc sous un statut d’indépendant [entrepreneuriat], nous sommes en mesure de nous demander si cette crise sanitaire et économique due au COVID-19 se met pas en exergue une fracture sociale, bien plus importante et présente que nous avons bien voulu le voir jusqu’alors …

Shamika Sirimanne, Directrice de la technologie et de la logistique de la CNUCEDLes inégalités dans la préparation au numérique entravent la capacité d’une grande partie du monde à tirer parti des technologies qui nous aident à faire face à la pandémie de coronavirus en restant chez nous.

En quête de sens …

Se retrouver enfermé.e, face à soi-même ou à ces proches a été, pour beaucoup, l’occasion d’une remise en question, aussi douloureuse que nécessaire: Suis-je vraiment heureu.se.x ? Suis-je épanouie dans mon couple, dans mon travail, dans ma ville ? Et si tout s’arrête demain, quels regrets aurais-je ?

Tant de grandes questions qui nous ont obligé à revoir nos priorités, pour favoriser nos envies et nos rêves, parfois, souvent au détriment, de nos raison, qui jusque là était au coeur de nos décisions. Ainsi, d ‘après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, la crise sanitaire a renforcé des aspirations déjà fortes: les français.e.s veulent déveloper une activité respectueuse de l’environnement et tournée vers l’intérêt collectif. L’entrepreneuriat se pose alors pour 43% des personnes intérrogées comme la possibilité de créer leur propre emploi et de s’en sortir par eux/elles-mêmes.

Ainsi, la quête de sens que nous dédions jusqu’alors principalement aux 25/30 ans est entrain de se généraliser. Chacun, pendant cet arrêt forcé du premier confinement a pu prendre le temps de revenir au sens de sa vie, pour le meilleur et pour le pire. Que nous soyons étudiant.e.sn jeune diplômé.e.s, actif.ve.s, en fin de carrière ou retraités, la crise nous a rappelé que tout peut s’arrêter à chaque instant et qu’à force de trop penser à demain, nous en oublions aujourd’hui, là ou pourtant tout se joue. Mais bien plus qu’une simple philosophie du Carpe Diem, il est surtout question d’accepter la fatalité de notre existence pour tenter de s’incrire dans un tout – bien plus grand que nous – avec gratitude et résilience.

Réapprendre l’impuissance.

En débarquant dans nos vies privilégiées [Je considère comme vies privilégiées, celles ayant accès à l’eau potable, à l’électricité, à un toit et à de la nourriture], la COVID nous a rappelé que la puissance des Hommes est limitée par leur propres erreurs. Je ne vais pas ici tenter d’expliquer les origines de la COVID, alors que les scientifiques eux/elles mêmes ne sont pas d’accord sur la question, mais une chose est certaine; COVID, réchauffement climatique et conséquences environnementales sont liés.

Parce que comme le dit si bien Cyriel Zimmermann dans sa chronique sur le Journaldunet.com datant du 24 avril 2020: « Nostra maxima culpa, on ne négocie pas de contrat avec la nature, avec la vie et avec la condition humaine.  C’est sur la base de cette évidence simple que mon esprit d’entrepreneur réfléchit maintenant à mon action dans le monde d’après. Il m’a fallut presque 5 décennies et 5 semaines pour en arriver là. Pour ceux qui restent en bonne santé, cette crise n’est pas du temps perdu. C’est le temps d’avant que nous avons gâché« .  

Ainsi, une fois la vague de panique passée, nous pouvons tenter d’apprendre ce que cette crise dit de nous. Parce que les mois passent, le bout du tunnel semble encore s’éloigner et pourtant, le monde ne s’est pas arrêté de tourner. Bien au contraire, nous continuons à faire des projets, et parmis ces projets l’entrepreneuriat est bien placé. Ainsi, d’après une étude Harris Interactive pour la Fondation Entreprendre, 45 % des Français sont tentés par l’entrepreneuriat. De leur côté, près de la moitié des porteurs de projet voient leur motivation renforcée et veulent redoubler d’efforts face à la crise. Aninsi, malgré la chute significative du nombre de création d’entreprises en avril 2020 [-33.5%], en juillet 2020 76% des sondé.e.s considéraient l’entrepreneuriat comme un levier de réalisation personnelle.

Autrement dit, une fois la panique passée, nous sommes capables de nous réadapter pour avancer, malgré l’incertitude et l’impuissance face à cette situation. Comme quoi, c’est dans les crises que nous prennons le plus conscience de nos capacités …

Une prise de risque valorisée ?

Nous le savons sur ce blog, se lancer dans l’entrepreneuriat c’est faire Le Grand Saut. C’est risqué, grisant, fou et gratifiant, mais jusqu’alors, la France était loin d’une culture de la prise de risque. Au contraire, nous étions plus dans une culture des études, des diplômes, du CDI et de la protection sociale, autrement dit, d’une culture de la sécurité. Mais les choses changent. Le Prêt garanti par l’État (PGE), le Le statut national étudiant-entrepreneur, la Prime d’activité, tant de nouveaux dispositifs d’Etat, qui démontrent une évolution des mentalités favorisant l’entrepreneuriat et une certaine libéralisation de l’économie (protégée malgré tout).

Ainsi, aujourd’hui en France, la prise de risque entrepreneurial se démocratise et une expérience de ce type dans un CV, réussite ou échec, commence à être valoriée. Doucement mais surement, les recruteur.se.s reconnaissent les savoirs et savoirs-faires déployés dans une telle entreprise (c’est le cas de le dire), tout en valorisant la prise de risque, quelque soit l’âge. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si les deux populations les plus aidées et accompagnées vers un parcours entrepreneurial sont les étudiant.e.s et les chômeur.se.s. Parce que créer son entreprise c’est favoriser l’économie et éviter le chômage de longue duré, bref, tout le monde est gagnant.e !

Bien sur, comme toujours, cette enthousiasme est à nuancer [Nous ne sommes pas français.e.s pour rien voyez-vous…]. Une fois de plus, nous ne sont pas tous.tes égaux face à l’expérience entrepreneuriale. Parce que pour lancer une entreprise il faut de l’argent, pour avoir de l’argent il faut avoir des garants et une banque / une association qui nous soutient et que ce n’est pas le cas de tout le monde. Parce que créer une entreprise c’est justifier de sa rentabilité, de sa durabilité, de sa légitimité et que tout cela n’est pas inné (ça part en rimes).

C’est alors que l’Union fait la force. Au sein des Pépites pour les étudiant.e.s-entrepreneu.se.s, des incubateurs, des pépinières, des syndicats pour tous les autres nous ne sommes pas seul.e dans les grandes victoires et les petites galères. Un accompagnement nécessaire, surtout lorsque l’on connait les démarches administratives, financières, techniques nécessaires à la création d’une entreprise, loin, très loin, d’une promenade de santé …

Entre mythe et réalité …

Pour conclure, je dirais que cette crise par son caractère généralisé et violent a fragilisé nos certitudes et remis en question notre modèle, économique, social, humain. Mais cette crise nous a également obligé à nous arrêter, un luxe oublié dans nos société de la vitesse et de la réussite, tout en nous rappelant nos place dans un monde et dans une nature bien plus grande et forte que nous.

A force de vivre chacun.e nos vies à deux cent à l’heure, nous avions oublié que rien n’était acquis et nous n’étions pas seul.e.s. Ainsi, en un an de crise saniatire il nous a paru évident que les écrans ne remplaceront pas les contacts humains, que travailler sans sens c’est perdre son temps, que la familles et les ami.e.s sont les ciments de nos vies.

Du mythe à la réalité c’est également le cas pour l’entrepreneuriat. Je me suis lancée dans cette folle aventure depuis 9 mois maintenant, en parallèle de mes études, et malgré toute la motivation du monde et une organisation programmée, tout ne sait pas passé comme prévu. L’entrepreneuriat c’est créer, développement, adapter un projet qui vous tient à coeur, mais c’est également apprendre à accepter les critiques, accepter les contre-temps et ne rien lâcher, quoi qu’il en coûte.

Le prix de sa liberté professionnelle est bien plus élevé qu’on ne le pense …

Alors COVID ou pas, crise économique ou pas, entreprendre c’est apprendre. Sur soi, sur les autres, sur soi par rapport aux autres, et sur les autres par rapport à soi. Nous sommes capables de tout, mais pour cela il faut accepter que nous ne sommes pas grand chose. Juste une pièce dans la machine, une pièce qui ne peut fonctionner seule. Ainsi, si vous attendez d’être parfait.e pour vous lancer dans l’entrepreneuriat, vous ne vous lancerez jamais. Parce que l’on ne peut pas être comptable, communicant.e, informaticien.ne, développeur.se et plus encore ne même temps, pourtant il faut toutes ses capacités pour créer une entreprise. Alors entourez-vous, demandez de l’aide et aidez les autres, parce que si la crise du COVID nous a bien appris quelque chose, c’est que tout seul on se retrouve rapidement limité.e …


Il fallait cet article pour me permettre de prendre de la distance sur ma propre expérience, mais également pour vous inviter à faire de même. J’en suis très fière. Parce que ce genre d’article demande du temps, des recherches, de la mise en forme et un ton adapté. Parce qu’il a donc fallu que je prenne mon temps, quitte à publier avec un jour de retard, mais après tout, donner des conseils c’est bien, les appliquer c’est mieux … Plus que jamais, je compte sur vous pour commenter, partager et aimer cet article, pour croiser le plus de Regards possibles avec le mien sur ce sujet qui nous concerne tous.tes.

Prenez soin de vous, comme toujours, n’ayez pas peur de la prise de risque, pour toujours …

Ella

Le grand saut – Lucas Orry

Portrait n°5


Une nouvelle semaine et un nouveau portrait Le Grand Saut ! Cette fois c’est un entrepreneur au sommet que nous rencontrons. Gagnants du prix Pépite des Pépite 2020 pour leur solution Explique-moi Pythagore, Lucas, son frère et deux amis, aujourd’hui incubés au sein du programme Emergence Ile de France de Station F, sont de ceux qui tracent, en cohérence avec leurs idées et leurs valeurs. Dans ce cinquième portrait, je reçois ainsi un des quatre fantastiques, entre idée de folie, passion pour l’astronomie et art de saisir les opportunités !

Lucas

Les semaines passent et vos retours sont de plus en plus nombreux, comme quoi un projet en éveil ne l’est jamais vraiment. Et oui, parce que ce blog existe depuis 2016, l’année de mon bac, rien que ça … Il m’a suivi dans mes découvertes culturelles bordelaises, tout au long de mon Backpack en Amérique latine, pendant mes lectures engagées de confinement et jusqu’à mon pari fou de l’entreprenariat étudiant. Pendant longtemps, mes lecteur.trice.s se comptaient sur les doigts d’une main et pourtant ma persévérance et ma passion des mots m’ont amenée jusqu’ici. Aujourd’hui, grâce à vos Regards, mon Regard change de perspective, de dimension, remplissant mes yeux de reconnaissance et de motivation. Merci, bonne lecture, merci.

Qui es-tu ?

Lucas ORRY a 26 ans, très curieux, il est passionné de sport, autant aussi bien comme pratiquant que comme spectateur. Mais Lucas partage également avec son frère et associé, la passion de la physique, et spécifiquement de l’astronomie. Des documentaires, aux ouvrages, en passant par les films : un entrepreneur la tête dans les étoiles, qui garde malgré tout, les pieds sur terre. 

Quel est ton parcours ?

Diplômé d’un DUT génie électrique, Lucas avait une voie toute tracée qui l’attendait. Finalement, à la dernière minute, il abandonne son avenir d’ingénieur aux portes de l’école pour se réorienter en Licence de Droit/Eco en AEI. Initialement, il vise alors le Droit mais les places étant limitées et malgré son acharnement, cette décision sur un coup de tête va finalement l’amener vers sa voie d’épanouissement : l’E-commerce. Pourtant, à sa sortie de Licence, son choix de Master était loin d’être évident pour Lucas, mais devant l’excellence de la formation proposée à l’AEI, il tente ce coup de poker qui va se retrouver gagnant. Le parcours universitaire de Lucas est la preuve que suivre ses impressions et opportunités ne peut que nous amener sur la bonne voie. Car une fois de plus, Lucas ne connaissait pas du tout ce milieu et pourtant, ce fut justement celui-ci qui le mit sur la piste de l’entreprenariat.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Sa première vision de l’entreprenariat, Lucas l’a eue à 12 ans dans un reportage M6 qui parlait de Google. Cette histoire de deux frères qui ont entrepris et créé ensemble un empire, a beaucoup touché Lucas qui s’est immédiatement comparé au vu de son modèle familial équivalent. C’est donc un regard positif qu’il a rapidement posé sur ce milieu, dynamisant et où toute innovation semblait possible. Lucas me précise par ailleurs qu’à cette époque, Google restait pour beaucoup un milieu obscur, rendant d’autant plus passionnant le sujet à ses yeux.

Ton Grand Saut

C’est le frère de Lucas qui a d’abord fait le Grand Saut vers l’entreprenariat. Alors qu’il donnait déjà à l’époque des cours particuliers de Mathématiques, celui a rapidement pris conscience du potentiel de ce secteur, en pleine explosion et avec une belle perspective d’évolution. C’est ainsi en étant sur le terrain qu’il prend conscience d’un manque cuisant d’outils sécurisés et accessibles pour que les étudiant.e.s professeur.e.s puissent trouver plus de client.e.s. En faisant des recherches sur internet, ils se rendent alors compte que 80% des cours particuliers ne sont pas déclarés. Un secteur mal encadré qui ne demande alors qu’à être amélioré … 

Evolution de ton projet

C’est en tombant sur le concours BNP Paribas / UPEC* que Lucas commence à penser à rejoindre son frère. A l’époque les liens entre l’AEI et les Pépites n’étaient pas forcément très bons ce qui a, dans un premier temps, freiné son Grand Saut. C’est lors de la remise des prix du concours*que Lucas prend spécifiquement connaissance de l’existence du SNEE. Néanmoins, la nécessité d’un accord de sa faculté pour l’obtenir continue de le freiner. C’est finalement en rentrant en M1 et lors d’une réunion d’informations qu’on lui reparle du statut, les relations entre les deux entités s’étant entre temps améliorées, Lucas obtient son statut, soutenu par l’AEI 

Au moment de sa demande de statut, en septembre 2018, EMP était déjà une application et une première campagne de communication est en marche. Ses associés avaient par ailleurs déjà débuté une première campagne de recrutement de professeurs. Leur but à ce moment-là était surtout de confronter leur projet au marché. Pour cela, Lucas et ses associés ont fait le pari de partir tester leur solution dans le sud de la France, loin de Paris et de leur public cible final.

Officiellement, c’est en janvier 2020 que l’application Explique-moi Pythagore est lancée, juste avant le 1er confinement. A ce moment-là, Lucas et ses associés ont eu la chance d’être conseillés par un de leurs professeurs, notamment dans le développement de leurs cours en version numérique. Une anticipation qui leur a permis d’être complètement opérationnels, malgré le confinement général et l’impossibilité de continuer leurs cours particuliers en présentiel.

Concernant les difficultés rencontrées, la première concernait le financement. Ainsi, en passant devant un collège de financeurs du Val de Marne Actif Pour l’Initiative au début de leur projet, Lucas et ses associés se sont notamment faits fusiller à cause de leur volonté de prendre un statut de micro-entrepreneurs, par sécurité. Leurs premiers RGPD devaient être financés à ce moment-là, un moment charnière freiné par ce premier obstacle mais qui ne les a pas empêchés de lancer leur V1.

En effet, finalement, ce n’est pas VMAPI qui les a financés mais la BRED, avec un Prêt sur l’honneur à 100%. Une offre plus intéressante que le Prêt sur l’honneur, initialement proposé par VMAPI, à 80% seulement. Comme quoi, certains évènements sont en réalité des signes du destin, pour nous pousser vers de meilleures possibilités … 

Comme tous les étudiant.e.s-entrepreneur.se.s, Lucas me fait également remarquer qu’à ce moment-là, ils géraient tous les quatre leurs cours à l’université en parallèle. Une organisation complexe que l’on connait tous, et qui peut nous obliger à faire des choix drastiques pas toujours évidents …

Ton accompagnement

Lucas note qu’il n’avait pas besoin d’aide technique ou financière dans son accompagnement, contrairement à beaucoup d’autres EE. En effet, en ayant rejoint un projet en cours de route, la plupart des démarches administratives et financières initiales avaient déjà été réalisées par ses associés.

C’est donc plutôt un accompagnement symbolique que Lucas est venu chercher au sein des pépites en demandant le SNEE. En effet, celui-ci leur a surtout permis d’avoir accès à de nombreux concours spécialement créés pour les EE, tout en leur permettant de développer leur réseau. C’est notamment grâce au SNEE, que Lucas a pu réaliser un de ses rêves en rentrant à Station F, grâce au programme Emergence Ile de France. Une opportunité qui a fait toute la différence dans leur projet, mais également dans l’expérience entrepreneuriale personnelle de Lucas. En effet, c’est justement au cœur de l’incubateur parisien, que Lucas a eu la possibilité de se confronter concrètement aux réalités du monde Startup, en échangeant avec des entrepreneur.se.s plus expérimenté.e.s ou encore lors de moments d’échanges avec d’autres entrepreneur.se.s novices, comme lui.

Pour revenir au SNEE, Lucas note un manque un budget consacré aux étudiant.e.s – entrepreneur.e.s, notamment dans l’accompagnement des projets innovants en dehors des catégories numériques et environnement, au cœur des actualités. De plus, Lucas souligne un besoin de professionnel.le.s affilié.e.s pour aider, au moindre coût, les EE, dans la comptabilité, le choix de leur statut ou encore leurs choix stratégiques individuels.

En parallèle de l’accompagnement Pépite et du programme à Station F, Lucas et ses associés ont suivi un début d’accompagnement avec la CCI, grâce au programme Entrepreneur#Leader. Une expérience qu’ils ne recommandent pas car trop théorique et organisée surtout autour de déjeuners professionnels et de séminaires mal organisés.

Ta perspective d’évolution

Dans les prochains mois, Lucas et ses associés ont surtout des objectifs pratiques et terre à terre. Traiter toutes les candidatures de professeur.e.s est ainsi leur premier objectif, afin de pouvoir préparer au mieux la suite, avec des équipes en cohérence avec leurs valeurs et projets. En termes de développement, l’entreprise, aujourd’hui principalement implantée dans l’Est parisien, vise un étirement vers Paris Ouest et la Région Ile de France au sens large. En somme, Lucas et ses associés favorisent la qualité à la quantité, avec pour ambition première de répondre aux attentes de leurs client.e.s avant de se projeter à la conquête du monde.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?


Aujourd’hui, souvent il y a deux freins ; le financement et la technique. Le financement peut être rapidement réglé grâce à des associés au cœur du métier et un bon accompagnement. La technique, elle, peut être rapidement écartée grâce au système No code, pour commencer. Au début vous n’avez pas besoin d’App ou de site pour lancer le projet, lorsque l’on parle d’un service, le plus important à l’origine est de sonder le marché, de tester l’idée et l’offre pour s’adapter à son public. Se confronter au marché, c’est la clé avant même de se développer. Pensez en V1 c’est se permettre de se lancer pour avoir rapidement des retours et donc une première base de développement.

J’espère de tout cœur que vous avez apprécié cet article autant que j’ai adoré avoir cette discussion avec Lucas et la retranscrire dans cet article ! Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Lucas pour avoir pris le temps de partager sur Regardsleblog.fr son parcours et la genèse de Explique-moi Pythagore. Comme toujours, n’oubliez pas d’aimer, commenter et partager cet article et les postes associés sur LinkedIn et Instagram.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel article, au grè du vent et des Grands Sauts !

Ella

SERIAL ENTREPRENEUSE – STEP 15 « Plan financier, il faut bien y passer »

Se projeter pour anticiper

S’il y a bien une partie dans la création d’une entreprise qui me faisait peur, c’est bien la partie financière. Rien que l’idée de penser que j’allais devoir manipuler de l’argent pour lancer mon entreprise me donnait envie de me mettre en PLS pour une durée illimité et visiblement je ne suis pas la seule … Ainsi, selon une étude BCG* « Managing the Next Decade of Women’s Wealth », datant d’avril 2020, malgré une grande évolution dans leur façon de percevoir et de gérer leur argent, les femmes continuent d’être plus sceptiques que les hommes lorsqu’il s’agit d’investir. Pourtant, les femmes enregistrent en moyenne une rentabilité de leurs placements supérieure de près de 2 % à celle des hommes*, alors qu’attendons nous pour faire évoluer notre mentalité ?

Vous le savez, mon objectif avec cette série Serial entrepreneuse est de vous partager l’évolution de mon projet entrepreneurial, les différentes étapes à franchir, les obstacles rencontrés, les astuces que je peux vous partager … Dans ce nouvel article nous allons parler de projection financière, pour cela, je m’appuis des différents tableaux Excels que j’ai pu réaliser avec l’aide de mon conseiller BGE ADIL [Programme Entrepreneur #LEADER] et des recherches annexes que j’ai réalisé. Nous sommes donc dans du concret, du réel.

Pour ceux et celles qui débarquent, lors du STEP13, nous avons déjà abordé cette dimension financière en s’axant sur les Ressources au démarrage, des bourses universitaires aux aides d’état et jusqu’aux emprunts bancaires, tout y est, chiffres et réglementations à l’appui !

Plan d’investissement

Le Plan d’investissement c’est le premier tableau Excel que vous allez devoir réaliser sur le Plan Financier. Celui-ci vous permettre de faire une évaluation de votre situation financière et des prises de risques que vous êtes en mesure de réaliser. Ainsi, plus on est jeune, moins le risque est élevé quant à de potentiels investissements financiers, les banques le savent et vous prêterons donc plus facilement – en théorie bien sûr …

Le Plan d’investissement est en trois parties distinctes:

  • Immobilisations incorporelles
  • Immobilisations corporelles
  • Immobilisations financières

Celle-ci vons regrouper les premiers frais à venir dans votre projet d’entreprise. Entre les frais de dépôt de statut, les premiers outils nécessaires à la mise en route de votre projet et les dépôts de garanties, tant de frais que vous devez mettre à plat afin de pouvoir ensuite vous projeter sur les fonds nécessaires.

Ce Plan d’investissements est un premier tableau qui va vous suivre. En effet, vous pouvez voir que celui-ci est organisé en plusieurs colonnes vers la droites qui se complèteront dans les années suivant la création de votre entreprise. Sur le long terme, il va ainsi s’agir d’un document global d’évolution.

Bilan de démarrage

Le Bilan de démarrage est la prochaine étape de votre Plan Financier. En plus de reprendre, sur la colonne de gauche, votre « Actif », à savoir vos « Sorties », celui-ci est également composé d’une seconde partie, sur la colonne de droite, reprenant votre « Passif », à savoir vos « Entrées ».

Vos « Entrées » ce sont les fonds, propres, quasi-propres et emprunts que vous allez mobiliser dans votre projet entrepreneurial. C’est à ce moment précis que le STEP13 de la série Seriel entrepreneuse car, comme je l’explique dans l’article, entant qu’étudiant.e.s entrepreneur.se.s nous sommes souvent pauvres de Fonds propres et c’est alors que les bourses, aides européennes, d’états, régionales peuvent nous donner un coup de pouce qui fait la différence !

Une fois ce tableau réalisé, vous donnant ainsi une vue globale nécessaire sur votre situation financière, je vous conseille fortement de réaliser un Tableau croisé de vos Entrées et Sorties. Une fois de plus, Excel est votre meilleur ami ... L'objectif alors est simplement de projeter vos Entrées et Sorties par mois dans la première année d'existance de votre entreprise afin de vous projeter au maximum. Vous allez ainsi pouvoir observer, les mois ou les frais seront plus importants que les revenus ou inversement et donc équilibrer votre déploiement finacier !

Charges d’exploitation

Pour que cette question de Plan Financier soit le plus clair possible pour vous, je vous propose ci-dessous, un récapitulatif des frais et charges à prendre en compte au moment de la création de votre entreprise.

Les frais de démarage de l’entreprise

Les coûts d’immatriculation de la structure 

Le coût de l’immatriculation n’est pas le même selon qu’il s’agit d’une entreprise individuelle ou d’une société.

Entreprise individuelle

En cas d’immatriculation d’une entreprise individuelle commerciale, le montant des frais s’élève à 25,34 euros. En cas d’entreprise artisanale, l’immatriculation doit se faire au répertoire des métiers (RM). Cette formalité coûte 60 euros.

SARL et autres sociétés

En cas de création d’une société commerciale (SARL, SAS, société anonyme…) avec création d’établissement, le tarif est légèrement plus élevé : vous devrez compter 39,42 euros de frais d’immatriculation au RCS. En cas d’activité artisanale, la société doit être immatriculée au répertoire des métiers, moyennant le versement de 60 euros.

Les frais de dossier d’un emprunt 

Ils peuvent représenter jusqu’à plusieurs centaines d’euros dans la plupart des établissements bancaires, et jusqu’à plus de 1 000 € chez certains courtiers. Généralement compris entre 1 % et 1,5 % du capital emprunté, ils sont proportionnels au montant du crédit. Il s’agit donc d’un investissement conséquent à ne pas négliger.

Frais de conception d’un site internet

Selon le type de site internet envisagé, le budget à prévoir peut varier de 1 à 100 Euros. La charge de travail, et donc le prix, pour un site vitrine d’une petite dizaine de page n’est évidemment pas comparable avec celle d’un portail web composée de plus de 500 pages, avec un espace membre, un back office et des dizaines de modules.

Voici un petit tableau récapitulatif des différentes possibilités et des prix associés:

L’achat d’outils de travail

De l’achat d’un camion à simplement celui d’un ordinateur puissant, l’achat de vos outils de travail dépend de votre secteur d’activité, de votre public cible mais également de votre budget, tout simplement.

Les charges fixes

Les charges fixes concernent les frais réguliers et prédictibles à échéance, engendrés par l’activité de l’entreprise.

  • Les salaires versés et la rémunération du/ de la dirigeant.e 

Il est bien entendu conseiller de faire évoluer votre salaire de dirigeant.e en fonction de l’évolution de votre chiffre d’affaire. Ainsi, certains dirigeant.e.s vont jusqu’à ne pas de verser de salaire pendant la première année de création de la entreprise afin de valoriser leurs premières Entrées.

  • L’assurance

Pour une entreprise individuelle, le chiffre d’affaires moyen, le secteur d’activité et le nombre de garanties souscrites auront un impact sur le prix de l’assurance professionnelle. Ainsi les tarifs peuvent aller de 100 à 1000 euros par an.

  • Les honoraires d’expertise-comptable 

À titre indicatif, un expert-comptable facture entre 80 et 300 € HT par heure. Il s’appuie généralement lui-même sur un comptable pouvant effectuer les tâches de comptabilité plus sommaire à un coût largement inférieur (entre 30 et 100 € HT par heure).

  • Les frais internet et de télécommunication 

*Voir les différentes entreprises de télécommunication.

  • Les cotisations patronales et sociales 

Pour récapituler les cotisations patronales et sociales j’ai préféré vous partager ce tableau récapitulatif et très bien fait. Il date de 2020 mais peu d’éléments ont évolué.


Nous arrivons à la fin de ce STEP15 de la série Serial entrepreneuse. Le temps passe et mon projet prend forme, en même temps que le votre, j’espère. En attendant, nous nous retrouvons la semaine prochaine pour un nouveau portrait de la série Le Grand Saut, dans un domaine que je connais bien …

Prenez soin de vous et de vos finances !

Ella

Le grand saut – Stelio Carbunar

Portrait n°4


Dans ce quatrième portrait de la série Le grand saut, je suis très heureuse de vous présenter Stelio, préparateur mental. Passionné de sport depuis tout petit, Stelio est de ceux.lles qui ont fait de leur passion leur métier, en se spécialisant dans la préparation mentale des athlètes au cours de son parcours universitaire. Aujourd’hui en quête d’indépendance et d’épanouissement, Stelio a entamé son Grand Saut vers l’entreprenariat avec le Pépite 3EF. Il est temps pour vous de partir à la rencontre de ce sportif devenu entrepreneur par soif de changement, bonne lecture !

Stelio

À la suite de vos très bons retours du portrait précédent, notamment par rapport à l’agrandissement de l’équipe, je suis très heureuse de vous annoncer que nous poursuivons donc dans cette dynamique. Je profite par ailleurs de cette interlude pour rappeler à tous.tes les étudiant.e.s-entrepreneur.se.s qui souhaitent rejoindre l’aventure Le Grand Saut qu’iels sont les bienvenus ! Cette série vous est dédiée et je serais très heureuse de vous refaire brosser votre portrait. 

Qui es-tu ?

Stelio a 25 ans. Aujourd’hui de retour à Paris, où il a grandi, Stelio est originaire de Corse. Sportif depuis toujours, Stelio a testé la plupart des sports (sans exagération…) : de ses 5 ans jusqu’à ses années d’études universitaires, il a ainsi eu un rythme de 15h de sport par semaine, de la gym au basket en passant par le hand (pendant 9 ans) et même l’équitation (pendant 10 ans). Dans le sport, Stelio retrouve une sensation de liberté qui lui a permis de compenser avec son quotidien scolaire qui l’ennuyait beaucoup. A côté de ses études et de son projet entrepreneurial, Stelio travaille également dans une école en tant qu’animateur périscolaire, tout en étant indépendant en tant que préparateur sportif, un hyperactif du travail donc !

Quel est ton parcours ?

Pour réaliser son rêve de médaillé olympique, Stelio aurait voulu rentrer dans un lycée Sport-Etudes mais cela n’a pas pu se faire. C’est donc vers un Baccalauréat classique, parcours Scientifique que Stelio s’est tourné.  C’est à peu près au même moment que Stelio décide d’arrêter le Tennis de table, sport qui aurait pu l’amener vers la médaille, mais il prend alors conscience que la conjoncture l’empêche de devenir sportif professionnel. Loin d’être découragé et toujours bien motivé à assouvir sa passion pour le sport malgré tout, Stelio décide de débuter ses études universitaires en STAPS à Paris Descartes en Licence Entrainement Sportif (ES). Durant ses 3 années de licences, Stelio hésite entre s’orienter vers la nutrition et la préparation physique. Très intéressé par la psychologie il découvre alors la préparation mentale et décide de se former dans ce domaine. Ayant envie de se former de manière plus axée terrain, il décide alors de faire une formation de un an chez Trans-Faire. A la fin de cette formation, ne se sentant pas encore prêt à rentrer dans la vie professionnelle, Stelio décide de poursuivre avec un Master en 2 ans en Préparation Mentale à Brest (EOPS – Entrainement et Optimisation de la Performance Sportive). C’est notamment pendant sa première année au sein de ce Master que Stelio va effectuer un premier stage au Pôle France de natation. Pendant sa seconde année, Stelio va compléter son parcours avec un second stage à l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance), sous la responsabilité de la préparatrice mentale de l’Unité d’Accompagnement à la Performance (et notamment la préparation aux JO). Il a alors pour objectif de concevoir des outils de préparation mentale pour les athlètes afin de les rendre plus autonomes dans leur pratique.

Ton Regard sur l’entreprenariat

Avant de penser à l’entreprenariat, le premier apriori de Stelio concernait l’instabilité de ce statut. L’existence du risque (permanent) occupait une place centrale dans l’esprit de Stelio, d’un projet cohérent se développant rapidement au projet pouvant tout aussi bien s’arrêter du jour au lendemain. Pour anticiper ce risque, Stelio a souhaité lancer son projet tout en ayant un revenu fixe grâce à ses missions en tant que Préparateur mental indépendant. De plus, son âge lui a donné l’impression qu’il ne s’agissait pas d’une énorme prise de risque, une idée exacerbée par la conjoncture économique actuelle ne favorisant pas l’entrée sur le marché du travail « classique ».

Ton Grand Saut

A la fin de son Master et de son dernier stage, Stelio a commencé à prendre conscience de ses capacités lui permettant de concrétiser la création d’une entreprise. En échangeant avec un ami, il commence alors à prendre en compte la perspective entrepreneuriale, d’autant plus motivé par la perspective de se retrouver seul décideur de ses prises de décisions et de leur évolution. Une fois de plus, c’est finalement la situation actuelle de crise sanitaire qui l’a finalement poussé à se décider et à réaliser son Grand Saut, en l’obligeant à accélérer le développement de son processus d’accompagnement à distance. 

Evolution de ton projet

Stelio a eu le projet de se lancer en entreprenariat avec un collègue en mai 2020. A ce moment-là une grande partie du contenu de son application de Préparation mentale, était déjà rédigée. Courant juin, il se rappelle du dispositif Pépite qu’on lui avait présenté en Master, et après quelques recherches, il fait la demande sans perdre une minute. Il ressent alors un besoin d’accompagnement, malgré son processus de création déjà avancé. C’est principalement concernant la démarche entrepreneuriale en elle-même, son côté administratif mais également juridique que Stelio souhaitait être aidé.

Aujourd’hui, six mois plus tard, les avancées principales de son projet concernent le côté administratif (Business plan, étude de marché approfondie via le soutien d’une classe de l’UPEC…) mais également le côté développement de l’application grâce à de nombreuses lectures et vidéos. Aujourd’hui, Stelio a lui-même créé son prototype via le système no code avec pour objectif de trouver par la suite un.e développeur.se.

La difficulté principale qu’il a pu rencontrer au cours de ses premiers mois de développement concerne la mise en réseau. Ainsi, avec la situation actuelle, Stelio n’a pas pu rencontrer beaucoup de monde, que ce soit d’autres étudiant.e.s-entrepreneur.se.s mais également des professionnel.le.s de son secteur, ce qui lui aurait permis de confronter son projet à des regards extérieurs. Stelio soulève par ailleurs, un manque de reconnaissance des préparateurs mentaux dans le milieu du sport français [Il n’y a que trois diplômes de Master qui préparent à ce métier sur le sol français]. Un obstacle culturel qui l’oblige à faire évoluer son projet tout en assurant une communication pédagogue sur l’intérêt de sa démarche.

Ton accompagnement

Lorsqu’il parle du statut d’étudiant-entrepreneur et du diplôme associé (D2E) auxquels il est rattaché, Stelio met en avant l’importance de sa tutrice universitaire, Nicole Brzustowski, très présente, dynamique et faisant le lien entre les différents projets. Néanmoins, Stelio ressent un manque d’accompagnement professionnel, notamment sous la forme d’un.e tuteur.trice professionnel.le qui lui aurait permis un regard extérieur sur son projet, de la part d’une personne connaissant suffisamment son secteur de développement.

Toutefois, en tant que professionnel dans son domaine depuis plusieurs années (grâce à son activité en tant qu’indépendant), Stelio a conscience d’avoir une expérience qui l’aide à se faire un nom dans son domaine plus facilement. De plus, son expérience à l’INSEP lui permet d’avoir un réel passeport dans le milieu du sport assez fermé.

Ta perspective d’évolution

Dans les mois à venir, l’objectif principal de Stelio est de terminer le prototype de son application et de la lancer. En termes de timing, il s’est donné jusqu’au mois de juin pour lancer le projet. Une organisation qui lui permet notamment une marge de manœuvre pour prolonger, ou non, son D2E pour l’année universitaire prochaine.

Et toi, qu’attend-tu pour te lancer ?

Lance-toi ! Le statut étudiant-entrepreneur te protège donc tu n’as rien à perdre. De plus, l’expérience entrepreneuriale en elle-même est suffisamment bénéfique pour tenter le coup. Créer un business plan, faire une analyse de la concurrence, réaliser une veille du secteur d’activité qui te passionne, tant de réalisations que l’expérience entrepreneuriale te permet, des savoir-faire qui te serviront toute ta vie, quelle que soit la suite de ton parcours …  

Et voilà, un nouveau portrait Le Grand Saut terminé ! Je voudrais remercier une nouvelle fois chaleureusement Stelio pour avoir pris le temps de partager son parcours et son projet avec nous. Vous êtes de plus en plus nombreu.ses.x à me suivre et à réagir à ces articles, me donnant ainsi la motivation pour garder le rythme, je vous en remercie chaleureusement.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau portrait, avec un retour dans un secteur d’activité que l’on connait, mais sous un nouvel angle cette fois. Bonne semaine !

Ella